Grande Loge féminine d'Argentine
Histoire
La Grande Loge féminine d'Argentine (Gran Logia Femenina de Argentina) est une obédience maçonnique exclusivement féminine dont le siège se trouve à Buenos Aires, rue Bartolomé Mitre 779 [1]. Elle a été établie par quatre Grandes Maîtresses fondatrices : Norma Mazur, Rosa Toritto, Julia Resnicoff et Rosa Surijo [1]. L'obédience défend les principes de « Libertad, Igualdad y Fraternidad » et travaille pour la liberté absolue de conscience, la laïcité, l'égalité des chances et la protection des droits humains [1].
Elle regroupe plus de quinze loges, plusieurs Triangles et Comités, et exerce sa juridiction sur l'Argentine ainsi que le Paraguay [1]. Elle est membre du CLIPSAS, la principale fédération maçonnique adogmatique et libérale au monde, et participe activement à la FAMAF (Federación Americana de Masonería Femenina) [1]. María Elena Castillo en assure la direction comme Grande Maîtresse [1].
L'année exacte de fondation et le nombre total de membres ne sont pas précisés dans les sources consultées [information manquante]
Fondation et schismes
Les origines de l'obédience remontent au 26 août 1993, quand six Argentines se rendent au Chili pour être initiées à la Respetable Logia Atenea N°3, rattachée à la Gran Logia Femenina de Chile [2]. De 1993 à 1997, ces pionnières reçoivent l'instruction maçonnique par l'intermédiaire d'une loge itinérante chilienne, jusqu'à ce que sept d'entre elles atteignent le grade de Maîtresse, seuil minimum pour ouvrir une loge régulière [2]. Le 15 août 1997, la Respetable Logia Tres Rosas reçoit sa charte constitutive à Buenos Aires, devenant la première loge féminine régulière du pays [5].
L'obédience elle-même est officiellement fondée le 6 juillet 2002, après l'allumage de deux loges supplémentaires, Aurora del Plata (2000) et Cibeles (juillet 2002) [2]. Norma Elisa Mazur (1938-2003), écrivaine et metteuse en scène, en assure la première Grande Maîtrise [5]. Aucun schisme interne n'apparaît dans les sources consultées [information manquante]
Positions doctrinales
La Déclaration de Principes définit l'obédience comme une institution « essentiellement philosophique, philanthropique et progressive » fondée sur les principes Liberté, Égalité, Fraternité, avec pour devise Science, Justice et Travail [2]. Elle recherche la vérité par la raison humaine appuyée sur la science et reconnaît le Grand Architecte de l'Univers comme symbole des aspirations humaines, sans imposer de croyance définie [2]. Elle exige la « plus large tolérance » envers les convictions politiques et religieuses, et accueille croyantes comme non-croyantes au nom d'un développement spirituel séculier [3].
L'institution est explicitement pacifiste, condamne la guerre comme un crime, et rejette le fanatisme et les régimes violents [2]. La Grande Maîtresse María Elena Castillo défend la liberté de conscience, le caractère laïc de l'État et la participation civique des femmes comme valeurs constitutives [4]. L'obédience est exclusivement féminine et se veut souveraine et indépendante de toute autre puissance maçonnique [2].
Rites pratiqués
L'obédience travaille au Rite Écossais Ancien et Accepté dans ses trois degrés symboliques (Apprentie, Compagnonne, Maîtresse) [2]. Au-delà de la maçonnerie bleue, les hauts grades sont administrés par le Supremo Consejo Femenino Grado 33 de la República Argentina, structure suprême du REAA féminin argentin [2]. Environ un tiers des initiées atteignent le grade de Maîtresse, selon les chiffres rapportés par la presse argentine [3].
Relations internationales
L'obédience est membre du CLIPSAS depuis 2004, fédération qui regroupe les puissances signataires de l'Appel de Strasbourg [2]. Elle a accueilli la 56e Assemblée générale et le Colloque du CLIPSAS à Buenos Aires en 2017, avec la participation de 64 obédiences [6]. Elle est puissance fondatrice de la FAMAF (Federación Americana de Masonería Femenina) aux côtés des Grandes Loges féminines du Chili, de Bolivie, de l'Uruguay et du Venezuela, et en a assuré la présidence pour la période 2019-2022 [2].
Elle a signé des « Traités de Paix et d'Amitié » avec une quarantaine d'obédiences à travers le monde [2]. Sur le plan national, elle entretient des relations fraternelles avec la maçonnerie masculine argentine, illustrées en avril 2026 par l'installation d'un triangle féminin (« Olimpia Righetti ») à Santiago del Estero, hébergé dans un temple de la Gran Logia de la Argentina de Libres y Aceptados Masones [4].
Controverses notables
L'obédience rapporte faire face à une stigmatisation persistante de la maçonnerie féminine en Argentine, particulièrement dans les provinces, certaines membres ne pouvant divulguer publiquement leur appartenance par crainte de répercussions professionnelles [3]. La création de la loge de Mendoza en 2009 a notamment été accueillie avec hostilité localement [3]. La Grande Maîtresse María Elena Castillo a publiquement répondu à de fausses accusations de pratiques sataniques visant la franc-maçonnerie, qu'elle qualifie de préjugés à combattre par le dialogue [4]. Aucun schisme interne ni scandale institutionnel n'apparaît dans les sources consultées [information manquante]
Questions fréquentes
Quand la Grande Loge féminine d'Argentine a-t-elle été fondée ? Elle a été officiellement fondée le 6 juillet 2002, après la constitution de trois premières loges issues d'un travail entamé en 1993 avec l'appui de la Gran Logia Femenina de Chile [2].
Qui en est la Grande Maîtresse actuelle ? María Elena Castillo, élue Très Sérénissime Grande Maîtresse en mars 2021 et réélue pour un second mandat de trois ans [3].
Quel rite y est pratiqué ? Le Rite Écossais Ancien et Accepté dans ses trois degrés symboliques, avec un Suprême Conseil féminin du 33e degré pour les hauts grades [2].
Combien de femmes y ont été initiées ? Plus de quatre mille femmes ont été initiées depuis la fondation, selon La Nación [3].
L'obédience est-elle ouverte aux hommes ? Non, elle est exclusivement féminine et travaille en obédience souveraine et indépendante [2].
Sources
- Gran Logia Femenina de Argentina, site officiel
- La Gran Logia Femenina de Argentina, es una Potencia Masónica regular reconocida a nivel mundial
- Hay masonas en el Poder Ejecutivo, La historia de la masonería femenina en la Argentina
- La Grande Loge Féminine d'Argentine a mis en lumière l'excellent travail des Francs-maçons de Santiago del Estero
- Historia, Gran Logia Femenina de Argentina
- La Gran Logia Femenina de Argentina fue anfitriona de la 56° Asamblea y del Coloquio de CLIPSAS