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Rituel complémentaire à l’usage des Maîtres
Cette cérémonie inventée n’est pas un degré. Elle s’ajoute au parcours symbolique des trois grades bleus, et s’adresse aux Maîtres de toute obédience qui souhaitent approfondir la question de la parole, du sacrifice et de la mémoire. Elle peut être confiée à toute Loge bleue du REAA, masculine, féminine ou mixte.
Le mythe fondateur est la fille de Jephté (Juges 11), dont la tradition ne retient pas le nom, associée à la Sagesse de Proverbes 9,1, qui « s’est bâti une maison, elle en a sculpté les sept colonnes». Le thème développé est la responsabilité de la parole donnée ; le devoir de mémoire ; la sagesse qui se construit sur ce qu’on a failli perdre.
Comme la légende d’Hiram, ce récit qui fonde le rituel est une reconstruction symbolique : il n’a aucune prétention historique.
La figure mythique féminine introduite n’est jamais jouée par le ou la récipiendaire qui occupe la place du veilleur : la personne qui reçoit la mémoire.
Dans ce texte, « Vénérable » désigne le Vénérable Maître. Les formules d’invocation ont trois variantes pour les Loges théistes, spiritualistes ou laïques :
– Variante A, Loges théistes (REAA traditionnel) : « À la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, nous nous souvenons. »
– Variante B, Loges spiritualistes ouvertes : « Devant ce qui nous dépasse et nous rassemble, nous nous souvenons. »
– Variante C, Loges laïques et agnostiques : « Au nom de la conscience et de l’humanité, nous nous souvenons. »
Officiers, décor et tenue de la cérémonie
Officiers :
Le Vénérable, qui conduit la cérémonie ;
Le Gardien de la Mémoire (rôle tenu par le Premier Surveillant), qui dit la légende ;
La Gardienne de la Sagesse (rôle tenu par le Second Surveillant), qui conduit la troisième partie ;
Quatre Veilleurs (ou Veilleuses), pris parmi les Maîtres, qui tiennent les quatre stations ;
Le Maître des Cérémonies, qui conduit le ou la récipiendaire ;
L’Expert, qui prépare les ornements.
Décor. La Loge est ordonnée comme pour une tenue au premier degré. Au centre, un tapis représente une maison à sept colonnes dont la septième est inachevée. Quatre lumières sont posées aux quatre points cardinaux, éteintes au début de la cérémonie. Sur l’autel des serments reposent le Livre de la Loi sacrée (ou tout autre livre), l’équerre et le compas, et une branche d’olivier.
Les interventions des « Compagnes de la fille de Jephté » peuvent être tenues par des Frères (des Sœurs), ou par le collège d’Officiers.
Le récipiendaire a le 3ème degré depuis au moins un an. Il ou elle a accepté la proposition de cette cérémonie après avis du Vénérable de son atelier et du Conseil des Officiers.
Tenue. Tablier de Maître de son rite, gants blancs, un ruban de lin écru porté en sautoir.
Ouverture des travaux
Les travaux sont ouverts au premier degré selon le rituel habituel de la Loge. On y ajoute ce qui suit.
Vénérable (frappant un coup de maillet) : Mes Sœurs et mes Frères, nous sommes réunis pour une cérémonie de mémoire. Gardien de la Mémoire, quel est le sens de cette tenue ?
Gardien de la Mémoire : Vénérable, elle nous rappelle ce que nous risquons d’oublier que toute parole engage, et que celui qui la prononce n’en mesure jamais toutes les suites.
Vénérable : Gardienne de la Sagesse, que devons-nous bâtir ?
Gardienne de la Sagesse : Vénérable, une maison de sept colonnes. Six sont debout. La septième attend.
Vénérable : Que la mémoire nous éclaire, et que la sagesse nous relève. À l’Ordre d’apprenti, (mes Sœurs et) mes Frères.
Tous se mettent à l’Ordre. Le Vénérable prononce la formule d’invocation choisi. Les lumières des quatre points cardinaux restent éteintes.
Préparation et entrée du récipiendaire
Le (ou la) récipiendaire a été préparé(e) sur les parvis : une table porte une feuille blanche et une plume. On lui demande d’écrire, sans signer, « une parole que vous avez prononcée et que vous voudriez reprendre ». Le papier est plié et scellé.
Maître des Cérémonies : Vénérable, le (ou la) récipiendaire est prêt(e). Il (ou elle) porte une parole scellée.
Vénérable : Qu’il (ou elle) entre, et qu’on lui rappelle sa condition.
Le ou la récipiendaire est introduit(e) par le Maître des Cérémonies, ruban de lin sur les lèvres jusqu’au centre de la Loge. Là, le ruban est descendu autour du cou par le maître des cérémonies.
Vénérable : Vous qui êtes Maître (ou Maîtresse), vous avez prêté serment trois fois dans cette Loge. Savez-vous ce qu’est un serment ?
Récipiendaire : (réponse libre)
Vénérable : Un serment est une parole qui nous survit. Pouvez-vous reprendre une parole une fois prononcée ?
Récipiendaire : Non, Vénérable.
La légende de la fille de Jephté
Vénérable : Alors écoutez ce qui arrive à ceux qui parlent trop vite. Vénérable Gardien de la Mémoire (Premier Surveillant) vous avez la parole
Gardien de la Mémoire (Premier Surveillant) : Il fut un temps où Israël, accablé, cherchait un chef. Jephté, le Galaadite, fut appelé, lui que ses frères avaient chassé. Avant d’affronter l’ennemi, il fit un vœu : « Si tu livres entre mes mains les fils d’Ammon, celui ou celle qui sortira de ma maison à ma rencontre, à mon retour victorieux, sera à toi, et je l’offrirai. »
Il vainquit. Et à son retour, ce fut sa fille, son unique enfant, qui sortit au-devant de lui avec des tambourins et des danses.
Il déchira ses vêtements. Elle, qui n’avait pas fait le vœu, dit : « Mon père, tu as ouvert la bouche devant l’Éternel : fais de moi selon ce qui est sorti de ta bouche. » Elle demanda seulement deux mois pour aller pleurer sur les montagnes avec ses compagnes. Et il la laissa partir.
À la fin des deux mois, elle revint. On ne dit pas ce qui se passa ensuite. Ce que l’on sait, c’est que chaque année, quatre jours durant, les filles d’Israël allaient la commémorer.
Les compagnes gardèrent son nom, que nul texte n’a conservé. Elles gardèrent ses paroles. Elles gardèrent surtout le secret de la veille : que la parole, une fois lâchée, devient une loi qui dévore ceux qu’on aime, et qu’il faut apprendre à ne plus parler à la légère.
Mais la Sagesse, qui était avec Dieu dès le commencement, avait préparé une maison. Elle avait dressé sept colonnes. Elle avait envoyé ses servantes crier du haut de la cité : « Que celui qui est simple vienne ici. » La septième colonne, cependant, resta inachevée, car elle ne pouvait être élevée que par ceux qui avaient veillé.
C’est pourquoi les Maîtres qui se souviennent viennent encore veiller ; et c’est pourquoi la septième colonne attend toujours.
Vénérable : Vous avez entendu un vœu devenir une loi. Cette parole scellée que vous portez, vous la déposez maintenant sur l’autel du serment. Mes frères (et mes sœurs), debout à l’ordre de veille.
Le ou la récipiendaire dépose le papier plié sur l’autel. Le Vénérable le couvre d’un voile de lin sans l’ouvrir. Ce papier ne sera jamais lu : il sera brûlé à la fin de la cérémonie.
Vénérable : Prenez-place. Léger temps de silence
Maître des cérémonies veuillez présenter le récipiendaire aux points cardinaux. Vénérables veilleurs vous vous mettrez à l’ordre de veille à chaque allumage des étoiles à mon coup de maillet. Une fois la lumière donnée vous reprendrez place.
Les quatre stations de la veille
Le (ou la) récipiendaire est conduit aux quatre stations, par le Maître des Cérémonies qui le tient à côté de lui, sa main gauche sur l’épaule droite du récipiendaire. Dans l’ordre : Nord, Ouest, Sud, Est. À chaque station, un Veilleur ou une Veilleuse allume une lumière et pose une question à laquelle le (ou la) récipiendaire répond. Le silence est observé entre les stations.
Veilleur du Nord : Je suis le deuil du septentrion. Je ne demande pas que vous pleuriez. Je demande que vous reconnaissiez ce qui est perdu. Qu’est-ce qui a été sacrifié, sans que celui qui le sacrifiait ne le sache ? Répondez
Récipiendaire : (réponse libre)
Veilleur du Nord : Ce deuil est juste.
Vénérable : coup de maillet. Que la première lumière soit.
Il allume la lumière du Nord et conduit le récipiendaire vers l’occident.
Veilleuse de l’occident : Je suis la parole de l’occident. Je suis ce qui sort de la bouche et ne rentre pas. Comment avez-vous appris à garder le silence, ou à parler plus lentement ? Répondez
Récipiendaire : (réponse libre)
Veilleuse de l’ouest : Cette retenue est une force.
Vénérable : coup de maillet. Que la deuxième lumière soit.
Le Maître des cérémonies allume la lumière de l’occident conduit le récipiendaire vers le sud
Veilleur du Sud : Je suis la compagnie du midi. La fille de Jephté n’a pas pleuré seule. Pour qui avez-vous veillé, et qui a veillé pour vous ? Répondez
Récipiendaire : (réponse libre)
Veilleur du Sud : Cette présence est une grâce.
Vénérable : coup de maillet. Que la troisième lumière soit.
Le Maître des cérémonies allume la lumière du sud et conduit le récipiendaire vers l’orient
Veilleuse de l’Orient : Je suis la mémoire de l’orient. Les compagnes de la fille de Jephté ont porté un nom que nul n’a conservé, mais elles ont porté la veille. Que garderez-vous, que vous ne pouvez écrire ? Répondez
Récipiendaire : (réponse libre)
Veilleuse de l’est : Cette garde est une charge.
Vénérable : coup de maillet. Que la quatrième lumière soit.
Le Maître des cérémonies allume la lumière de l’orient.
Les quatre lumières sont allumées. Le silence est observé pendant quelques minutes.
Vénérable : (coup de maillet) Prenez place.
La maison aux sept colonnes et l’engagement
Vénérable : Récipiendaire, vous avez veillé aux quatre points de l’espace. Vous êtes maintenant devant la maison de la Sagesse. Maître des cérémonies conduisez Le (ou la) récipiendaire devant le tapis de loge.
Gardienne de la Sagesse (second surveillant): Voici une maison de sept colonnes. Nommez-m’en six.
Les six colonnes sont nommées par l’orateur :
Orateur : Vérité, Justice, Miséricorde, Courage, Tempérance, Silence.
Gardienne de la Sagesse (second surveillant) : La septième est inachevée. S’adressant au récipiendaire :Elle ne peut être élevée que par une main qui a veillé. Voulez-vous la placer ? Si vous acceptez, dites je le veux.
Récipiendaire : Je le veux.
Vénérable : Vous allez prêter auparavant l’engagement de la mémoire. Maître des cérémonies conduisez le récipiendaire devant l’autel des serments. Vénérables veilleurs , debout et à l’ordre de veilleur. Coup de maillet
Le (ou la) récipiendaire, la main droite déganté sur le Livre de la Loi et la gauche sur le cœur, le Vénérable descend de sa chaire pour se mettre à côté du récipiendaire.
Vénérable: Répétez après moi : Je m’engage à ne jamais parler à la légère devant ceux qui m’aiment et qui en subiront les suites. Je m’engage à garder la mémoire de ce qui a été sacrifié sans nom. Je m’engage à porter la veille, quand mes Frères et mes Sœurs seront dans le deuil. Et je m’engage à achever la septième colonne par mes actes, car aucun mot ne suffit.
Le Vénérable, maillet en main contre son cœur, pose la main gauche sur l’épaule droite du (ou de la) récipiendaire.
Vénérable : Par le pouvoir qui m’est confié, et en présence de tous ceux qui ont veillé, je vous reçois Veilleur (ou veilleuse dans les ateliers féminins) de la Mémoire et je vous confie le mot de passe.
Le vénérable prononce à l’oreille le mot Hokhmah en deux temps. En silence, Le Vénérable revient à son plateau.
Vénérable : Vénérables veilleurs, prenez place. Maître des cérémonies, conduisez le néophyte devant le tapis de Loge, vous lui communiquerez le mot sacré en la forme requise après qu’il vous ait donné le mot de passe comme il l’a reçu, et lui ferez connaître l’attouchement.
Devant le tapis de Loge, le Maître des Cérémonies, reçoit le mot de passe à l’oreille, remet au (ou à la) néophyte une petite colonne de bois qu’il (ou elle) lui demande de placer sur le tapis, à l’emplacement de la septième colonne. Puis le Maître des Cérémonies lui enlève le ruban de lin autour du cou et le lui met en cordon de l’épaule droite à la hanche gauche. Il lui donne une accolade en tenant sa main droite, le pouce posé sur son poignet à l’endroit du pouls (le pouls de la mémoire) et lui murmure en un seul souffle « Zakhor ».
Gardienne de la Sagesse : La maison est achevée. Qu’elle demeure ouverte.
Vénérable : Debout et à l’ordre de veille.
En silence, Le Vénérable, prend le papier scellé et le brûle dans une coupelle prévue à cet effet sur son plateau; sans le lire.
Vénérable : Ce que vous avez écrit est parti. Ce que vous avez compris reste.
Prenez place vénérables veilleurs.
Frère (ou sœur) Orateur, vous avez la parole
Orateur : Mes Sœurs, mes Frères, Vénérables veilleurs,
Nous venons de veiller. Il nous reste à dire ce qu’il en reste, lorsque les quatre lumières s’éteignent.
La légende que nous avons entendue ne donne pas de nom à la fille de Jephté. Le texte garde le nom du père, celui du pays, celui de l’ennemi vaincu, mais il tait le sien. Cette absence n’est pas un oubli : elle est la matière même du récit. Ce qui est sacrifié reste souvent sans nom, et c’est pourquoi il faut des compagnes pour le porter.
J’en retiens quatre enseignements.
Le premier concerne la parole. Jephté n’est pas un homme mauvais. C’est un homme qui promet dans la peur et dans l’espoir, et qui ne mesure pas ce que sa promesse engage. Nous avons tous prêté serment, trois fois, dans cette Loge. L’Apprenti apprend le silence ; la légende nous en enseigne un plus exigeant, celui de la retenue avant de promettre.
Le deuxième concerne le consentement. La fille accepte ; elle dit : fais de moi selon ce qui est sorti de ta bouche. Mais l’acceptation de la victime, comme celle d’Isaac, ne justifie pas le sacrifice. Nous n’honorons pas sa soumission : nous honorons sa lucidité, et nous refusons d’en faire un modèle. Celui qui détient le pouvoir de promettre doit répondre de ce que d’autres paieront.
Le troisième concerne la mémoire. Les compagnes de la fille de Jephté ne se souviennent pas par sentiment. Elles se souviennent par institution : chaque année. La mémoire est un travail qui se répète. Une Loge qui veille un jour par an n’a pas fini d’apprendre à veiller.
Le quatrième concerne la Sagesse. Elle a bâti sa maison, dressé ses sept colonnes, envoyé ses servantes crier du haut de la cité. Mais la septième colonne n’est pas terminée. Ce n’est ni une faute ni une promesse : c’est une invitation. Elle ne s’élève pas par des mots, mais par des actes.
Je vous laisse deux questions à emporter, sans réponse à rendre ici : Quelle parole, cette semaine, aurais-je dû ne pas prononcer ? Qui, à côté de moi, porte un deuil que personne ne veille ? J’ai dit.
Fermeture des travaux
Vénérable : Mes Sœurs et mes Frères, la veille est terminée. Gardien de la Mémoire, que retient-on de cette tenue ?
Gardien de la Mémoire : Que la parole engage, que le sacrifice sans nom doit être honoré, et que la mémoire est une veille.
Vénérable : Gardienne de la Sagesse, qu’emportons-nous ?
Gardienne de la Sagesse : Une septième colonne à construire, par nos actes.
Vénérable : À l’Ordre de veille, mes Sœurs et mes Frères. Maître des cérémonies remplissez votre office.
Le Maitre des Cérémonies éteint les quatre lumières, l’une après l’autre dans l’ordre inverse de leur allumage.
Vénérable : Vénérables veilleurs, à l’ordre de veille. Coup de maillet. Faisons maintenant le signe de veille.
La veille est suspendue.
Les travaux sont clos selon le rituel habituel de la Loge au premier degré.
Signes, mots et attouchement
Le commandement « À l’Ordre » garde le sens qu’il a dans la Loge : l’assemblée se lève et prend le signe d’ordre du grade d’apprenti, tel que le pratiquent l’obédience et le rituel de la Loge.
La cérémonie y ajoute une posture propre, la posture à l’ordre de veille, utilisée à des moments précis : les deux mains croisées sur la poitrine, doigts joints, la droite sur la gauche. La tête légèrement inclinée. Les mains ne s’ouvrent pas : leur ouverture est réservée au signe lui-même, donné une seule fois, à la fermeture.
Signe de veille. Les deux mains croisées sur la poitrine, doigts joints, puis ouvertes lentement, paumes tournées vers le haut. Il signifie : ce que j’ai reçu, je le rends.
Mot de passe. Hokhmah (« Sagesse »). Il se donne à voix basse, par les deux syllabes alternées.
Mot sacré. Zakhor (« Souviens-toi »). Il ne se prononce qu’à l’oreille et dans la cérémonie.
Attouchement. Les mains droites sont jointes, le pouce de chacun posé sur le poignet de l’autre, à l’endroit du pouls : le pouls de la mémoire.
CATÉCHISME
D. Êtes-vous Veilleur (ou Veilleuse) de la Mémoire ? R. J’ai veillé aux quatre points de l’espace.
D. Qui avez-vous veillé ? R. Celle dont le nom n’a pas été conservé, et celles qui ont gardé le sien.
D. Pourquoi veille-t-on ? R. Parce qu’une parole prononcée à la légère devient une loi qui dévore.
D. Que vous a-t-on demandé ? R. Une parole que je voudrais reprendre.
D. Que devient cette parole ? R. Elle part avec la fumée. Ce que j’ai compris reste.
D. Combien de colonnes compte la maison de la Sagesse ? R. Sept. Six sont debout, la septième est mon œuvre.
D. Comment la construit-on ? R. Par les actes, car aucun mot ne suffit.
D. Quel est le mot de passe pour faire connaître que vous êtes un veilleur ? R.Hokhmah (« Sagesse »).
D. pourquoi ce mot ? R. Hokhmah est un mot hébreu féminin qui signifie « sagesse ». Hokhmah ne désigne pas d’abord un savoir abstrait. C’est surtout une compétence, un art de faire ou de bien conduire sa vie. C’est la Sagesse qui « a bâti sa maison » et « taillé ses sept colonnes ». La Septante traduit hokhmah par sophia, d’où la Sagesse de Salomon et la figure de Sophia ; le latin dit sapientia.
D. Quel est le mot sacré ? R. Zakhor
D. Que signifie-t-il ? Zakhor est l’impératif masculin du verbe hébreu (רזכו) et veut dire « souviens-toi ». Se souvenir n’est pas seulement un acte mental, c’est un acte qui engage. Quand Dieu « se souvient » de Noé (Genèse 8,1), il agit en sa faveur.
Particularités.
- Nord (le deuil) : première station. L’ambiance est la plus sombre : la salle est encore éteinte, hors la lumière de l’autel. Parler le plus bas.
Ouest (la parole) : la voix est claire et posée ; c’est la station qui parle de la parole, donc la plus nette.
Sud (la compagnie) : la voix est chaleureuse. Le Veilleur peut tendre la main ouverte au ou à la récipiendaire, sans le ou la toucher.
Orient (la mémoire) : dernière station. La Veilleuse prononce la phrase de clôture en regardant l’assemblée, puis allume la quatrième lumière : toute la salle est alors éclairée par les quatre points.
Garder la porte pendant toute la cérémonie ; aucune entrée tardive n’est admise pendant les quatre veilles ni pendant le silence de quelques minutes. - Si la Loge le souhaite, le tronc peut être destiné à une œuvre portant secours à des personnes endeuillées ou isolées. Cette collecte donne un prolongement concret à la septième colonne : elle s’élève par des actes.
