Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?
Le samedi 17 octobre 2026, de 14 h 30 à 17 h 30, la Grande Loge Féminine de France (GLFF) ouvrira ses portes au public, à Paris, pour une rencontre consacrée à Octobre rose et à la lutte contre le cancer du sein.

En présence de sa Grande Maîtresse, Liliane Mirville, deux voix particulièrement engagées, celles de la professeure Anne Vincent-Salomon, de l’Institut Curie, et de Caroline Chastaingt, de l’association Jeune & Rose, éclaireront les avancées de la recherche et les réalités vécues par les femmes confrontées à la maladie. Une initiative qui rappelle combien l’engagement maçonnique trouve aussi sa raison d’être dans l’attention portée à la dignité humaine, à la transmission des connaissances et à cette fraternité qui ne saurait demeurer enfermée dans les Temples.
Octobre rose, un engagement qui dépasse le symbole

Chaque automne, le ruban rose devient le signe visible d’une mobilisation internationale contre le cancer du sein, mais derrière cette couleur désormais familière se découvrent des parcours singuliers, des existences profondément bouleversées et des interrogations qui touchent autant à la médecine qu’à notre manière collective d’accompagner celles qui traversent l’épreuve de la maladie. En choisissant de consacrer une conférence publique à cette question, la Grande Loge Féminine de France inscrit une nouvelle fois son engagement dans une démarche où la connaissance scientifique, la prévention et la solidarité constituent les fondements d’une action tournée vers la société.
L’enjeu demeure considérable puisque, selon les données rappelées par l’Institut Curie à l’occasion d’Octobre rose 2026, plus de 61 000 nouveaux cancers du sein sont diagnostiqués chaque année en France, dont environ 5 % concernent des femmes de moins de 40 ans, soit plus de 3 000 jeunes femmes confrontées à une maladie dont elles se croyaient parfois encore éloignées. Derrière ces chiffres apparaissent des réalités médicales particulièrement complexes, car les cancers diagnostiqués chez les femmes jeunes présentent certaines spécificités biologiques et peuvent entraîner des conséquences durables sur la vie professionnelle, les projets familiaux, la fertilité, la sexualité et l’image de soi.

Ces données soulignent l’importance d’une information rigoureuse, d’un diagnostic précoce et d’une prise en charge adaptée à chaque situation, sans oublier que le dépistage organisé, proposé tous les deux ans aux femmes de 50 à 74 ans à risque moyen, ne répond pas à lui seul à toutes les situations individuelles. La vigilance médicale, l’écoute des symptômes et l’évaluation des risques personnels ou familiaux conservent donc toute leur place dans une politique de santé attentive à la diversité des parcours.

Anne Vincent-Salomon : lorsque la recherche ouvre de nouvelles perspectives
La première intervenante, la professeure Anne Vincent-Salomon, médecin anatomopathologiste à l’Institut Curie, dirige depuis 2023 l’Institut des Cancers des Femmes, institut hospitalo-universitaire qui associe recherche, innovation médicale et amélioration des soins. Son intervention, intitulée « Quelles innovations pour la prise en charge des cancers du sein ? », constituera l’un des temps forts de cet après-midi.

Son parcours scientifique témoigne de l’importance croissante de la médecine de précision, qui cherche à mieux comprendre les caractéristiques propres à chaque tumeur afin d’adapter les stratégies thérapeutiques aux besoins des patientes. L’analyse anatomopathologique, l’étude des biomarqueurs, les progrès de la génétique et les nouvelles possibilités offertes par les technologies numériques participent à cette transformation profonde de la cancérologie contemporaine.
L’Institut Curie travaille notamment sur l’exploitation de données biologiques et numériques permettant de mieux identifier l’hétérogénéité des tumeurs et d’étudier leurs réponses aux traitements. L’intelligence artificielle y ouvre également des perspectives de recherche, avec l’espoir de développer des outils prédictifs plus performants, sans que ces avancées encore en cours d’évaluation puissent être confondues avec des solutions thérapeutiques immédiatement disponibles.

Cette évolution scientifique traduit une ambition profondément humaine : soigner une personne dans toute sa singularité et non seulement traiter une maladie. La médecine contemporaine ne se limite plus à combattre les cellules cancéreuses ; elle cherche également à préserver la qualité de vie, à réduire les séquelles des traitements et à accompagner les patientes dans toutes les dimensions de leur existence.
Caroline Chastaingt : donner une voix aux jeunes femmes confrontées au cancer
Aux côtés de la chercheuse interviendra Caroline Chastaingt, ambassadrice bénévole de l’association Jeune & Rose, qui abordera les particularités du cancer chez la jeune femme.
Fondée en 2017 à Bordeaux, à la suite de la rencontre de deux jeunes femmes elles-mêmes confrontées à la maladie, l’association Jeune & Rose s’est progressivement constituée en un réseau de solidarité, de sensibilisation et d’accompagnement. Elle entend notamment lutter contre les retards diagnostiques, rompre l’isolement des patientes et faire reconnaître les difficultés spécifiques rencontrées lorsque le cancer survient à un âge où se construisent encore de nombreux projets personnels et professionnels.

Car la maladie n’interrompt pas seulement un équilibre physique ; elle vient parfois bouleverser une maternité envisagée, modifier brutalement le rapport au corps, fragiliser une situation professionnelle ou transformer les relations familiales et affectives. La jeunesse, que notre société associe volontiers à la vitalité et à la promesse d’avenir, ne constitue malheureusement aucune protection absolue contre l’épreuve.
L’intervention de Caroline Chastaingt rappellera ainsi une dimension essentielle de la lutte contre le cancer : la parole des femmes concernées doit participer pleinement à l’amélioration des parcours de soins. Cette écoute constitue une exigence médicale autant qu’une responsabilité collective, puisqu’aucune avancée scientifique ne saurait dispenser notre société de porter attention aux besoins, aux inquiétudes et aux aspirations des personnes qu’elle prétend accompagner.
La Franc-Maçonnerie féminine, entre conscience et responsabilité

La présence de Liliane Mirville, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France, donnera à cette rencontre une portée particulière, en inscrivant la lutte contre le cancer du sein dans la continuité des engagements humanistes d’une Obédience qui, depuis sa fondation en 1945, place l’émancipation, la liberté de conscience et la dignité des femmes au cœur de sa démarche.
La Franc-Maçonnerie, lorsqu’elle demeure fidèle à ses ambitions initiatiques, ne saurait considérer le perfectionnement individuel comme une fin suffisante en elle-même. Les travaux accomplis en Loge invitent également à développer une conscience plus attentive aux fragilités humaines et aux responsabilités que chacun porte envers autrui. La fraternité acquiert alors une signification concrète, puisqu’elle suppose de reconnaître la souffrance sans la réduire à une abstraction, de soutenir sans prétendre se substituer aux professionnels compétents et d’accompagner sans jamais confisquer la liberté de celles qui traversent l’épreuve.
Il existe, à cet égard, une résonance symbolique entre le travail initiatique et certaines exigences de la démarche scientifique : observer, interroger, distinguer ce que l’on sait de ce que l’on ignore, remettre en question ses certitudes et poursuivre patiemment la recherche de la vérité. Cette parenté intellectuelle ne doit évidemment pas conduire à confondre les domaines, car la guérison appartient à la médecine et non au symbolisme, mais elle rappelle que la connaissance véritable exige autant de rigueur que d’humilité.

Le titre retenu par les organisatrices, « Se battre pour triompher », exprime une volonté de résistance et d’espérance que l’on comprend aisément. Il importe néanmoins de rappeler que la guérison ne dépend jamais de la seule force morale des patientes et que celles dont la maladie progresse ne sauraient être considérées comme ayant insuffisamment combattu. Dans cette perspective, triompher peut aussi signifier préserver sa dignité, faire entendre sa parole et ne jamais demeurer seule face à l’épreuve.
À travers cette conférence, la GLFF rappelle que les valeurs proclamées dans l’espace initiatique peuvent trouver des prolongements tangibles dans la Cité, notamment lorsque l’accès aux connaissances, l’attention à la santé des femmes et le soutien aux plus vulnérables deviennent des préoccupations partagées.

Une rencontre ouverte au public le samedi 17 octobre
Organisée dans le cadre des manifestations publiques proposées par la Grande Loge Féminine de France tout au long du mois d’octobre, cette rencontre permettra au public de mieux comprendre les progrès de la recherche contre le cancer du sein, les réalités particulières rencontrées par les jeunes patientes et l’importance d’une solidarité qui associe les professionnels de santé, les associations et les citoyens.

La conférence sera suivie d’un verre de l’amitié, prolongeant les échanges dans cet esprit de convivialité et de rencontre auquel la tradition maçonnique demeure profondément attachée.
Faire reculer l’ombre, ensemble
Il est des combats qui ne se remportent ni par les seules déclarations d’intention ni par l’invocation généreuse de principes auxquels manquerait leur traduction dans les faits. Face au cancer, la connaissance scientifique demeure notre ressource première, tandis que la solidarité, l’écoute et l’attention aux autres donnent à cette connaissance toute sa dimension humaine.
En ouvrant ses portes à la recherche médicale et à la parole associative, la Grande Loge Féminine de France rappelle que la Lumière initiatique ne prend véritablement sens que lorsqu’elle éclaire aussi la condition humaine. Et peut-être est-ce là l’une des plus belles expressions de la fraternité : comprendre que le travail accompli sur soi n’atteint pleinement sa destination que lorsqu’il contribue, aussi modestement soit-il, à rendre moins solitaire le chemin des autres.

Informations pratiques
Événement : Octobre rose – « Se battre pour triompher » / Date : samedi 17 octobre 2026 – Horaires : de 14 h 30 à 17 h 30 / Lieu : Grande Loge Féminine de France, 4, cité du Couvent, 75011 Paris / Intervenantes : Pre Anne Vincent-Salomon et Caroline Chastaingt / En présence de : Liliane Mirville, Grande Maîtresse de la GLFF / Public : conférence ouverte à toutes et à tous / Inscription obligatoire : octobrerose2026glff@gmail.com / Accès : une pièce d’identité sera demandée à l’entrée pour des raisons de sécurité.
