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Chevalier angevin venu en Orient avec la troisième croisade, Philippe du Plessis devient vers 1201 le treizième maître de l’ordre du Temple. Son magistère, qui dure jusqu’à sa mort en 1209, se déroule dans un Orient latin affaibli, frappé par l’épidémie et le séisme de 1202. Il est marqué moins par les batailles que par la diplomatie, les rivalités avec les Hospitaliers et le roi d’Arménie, et les rappels à l’ordre du pape Innocent III.
Un chevalier angevin de la troisième croisade
Les sources sur ses premières années sont rares. La tradition le rattache au Plessis-Macé, en Anjou, et le fait naître dans la seconde moitié du XIIe siècle. Il aurait pris la croix en 1189, au moment où l’Occident se mobilise pour reprendre Jérusalem perdue deux ans plus tôt, et serait entré au Temple en Terre sainte.
On ne connaît pas les charges qu’il exerça avant son élection. Son nom apparaît sous diverses graphies dans les actes : du Plessis, du Plaissis, du Plaissiez. Comme pour la plupart des maîtres du XIIIe siècle, son parcours antérieur reste dans l’ombre de sa fonction.
Un magistère de diplomatie
Élu au début de 1201, peut-être entre janvier et mars, il succède à Gilbert Érail. Il hérite d’une situation où les États latins, réduits à une étroite bande côtière depuis la reconquête de Saladin, vivent sous le régime des trêves conclues avec la dynastie ayyoubide. La quatrième croisade, détournée vers Constantinople en 1204, ne lui apporte aucun renfort.
Parmi ses premiers actes figure un accord avec les Hospitaliers sur l’usage de l’eau et des moulins dans le comté de Tripoli. Les relations entre les deux ordres restent pourtant tendues, notamment quand chacun négocie séparément avec les musulmans, l’un refusant de s’associer à la trêve conclue par l’autre.
Le conflit le plus durable l’oppose au roi Léon d’Arménie, qui s’est emparé de la forteresse templière de Gaston (Baghras), dans la principauté d’Antioche. L’affaire, mêlée à la querelle de succession d’Antioche, remonte jusqu’au pape ; les Templiers sont un temps chassés de Cilicie et leurs biens confisqués.
Le Temple face à la papauté
Innocent III confirme les privilèges de l’ordre, à commencer par ceux de la bulle Omne datum optimum. Mais il reçoit aussi les plaintes d’évêques et de princes contre l’indépendance des Templiers. En 1208, il adresse au maître une lettre sévère lui rappelant que l’obéissance fait partie des vœux du frère du Temple.
Philippe du Plessis meurt le 12 novembre 1209. Son successeur, Guillaume de Chartres, est élu l’année suivante. Le magistère de Philippe illustre une période où, en Occident, l’ordre continue de recevoir donations et recrues, tandis qu’en Orient sa force dépend de plus en plus de la diplomatie.
Postérité
Les armoiries qu’on lui prête aujourd’hui, comme celles de la plupart des maîtres du Temple, sont des attributions tardives. Son nom n’a pas nourri la légende templière que la franc-maçonnerie et les ordres néo-templiers construiront à partir du XVIIIe siècle, sans lien de filiation historique avec l’ordre médiéval.
Repères
- Naissance : Seconde moitié du XIIe siècle, Anjou (Le Plessis-Macé selon la tradition)
- Décès : 12 novembre 1209, Terre sainte
- Statut : Chevalier, frère du Temple
- Ordre : Ordre du Temple
- Fonction : Maître de l’ordre (13e)
- Mandat(s) : 1201-1209
- Prédécesseur : Gilbert Érail
- Successeur : Guillaume de Chartres
Voir aussi dans le glossaire : Templiers (légende templière), Grand Maître, Templiers.
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