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Librement inspiré d’une nouvelle de Philip K. Dick, L’Agence (2011) de George Nolfi suit un jeune homme politique, joué par Matt Damon, dont l’histoire d’amour contrarie le Plan d’une mystérieuse administration chargée de régler le destin humain. Le film ne parle pas de Franc-maçonnerie, mais il pose une question que tout maçon connaît : comment concilier l’idée d’un ordre supérieur et la liberté de l’homme ?
De quoi parle L’Agence ?
David Norris, étoile montante de la politique new-yorkaise, vient de perdre une élection sénatoriale lorsqu’il rencontre par hasard Elise, danseuse de ballet. Le lendemain, un incident minuscule qui aurait dû l’empêcher de la revoir ne se produit pas. Arrivé trop tôt au bureau, David surprend des hommes en costume et chapeau qui figent ses collègues : ce sont les agents du Bureau d’ajustement, chargés de veiller à ce que chaque vie suive le Plan rédigé par un mystérieux Président.
Premier film réalisé par George Nolfi, qui en signe aussi le scénario, L’Agence s’inspire très librement d’une nouvelle de Philip K. Dick publiée en 1954. Matt Damon y partage l’affiche avec Emily Blunt, Anthony Mackie, John Slattery et Terence Stamp. Les agents s’y déplacent à travers les portes de la ville, qui ouvrent sur des lieux éloignés, et leurs chapeaux ne sont pas un simple accessoire.
Une administration céleste, non une Loge
Le Bureau n’a rien d’une société secrète maçonnique : c’est une bureaucratie quasi angélique, au service d’un Président que la critique a souvent identifié à Dieu. Le film ne nourrit donc pas le fantasme d’un complot humain ; il met en scène une vieille question théologique et philosophique, celle de la prédestination et du libre arbitre.
Pour le maçon, l’écho le plus fort est celui du Grand Architecte de l’Univers. Ce principe, que chaque Frère ou Sœur interprète en conscience, renvoie à un ordre, à une harmonie, voire à un plan. Le film invite à se demander si cet ordre doit réduire l’homme au rôle de pièce sur un échiquier, ou s’il appelle au contraire sa participation active.
Ouvrier du Plan, non spectateur
Toute la dynamique du récit repose sur un choix : David refuse de se soumettre à un destin qu’on lui impose et accepte d’en payer le prix. Son obstination d’amoureux devient une forme de liberté conquise, qui oblige l’ordre établi à tenir compte de la volonté humaine.
C’est là que le film rejoint la pensée maçonnique : un ordre du monde n’implique pas forcément un déterminisme. Le maçon ne contemple pas le plan de l’extérieur ; il en est l’un des ouvriers, libre et responsable. Les portes que franchit le héros figurent alors autant de seuils à passer pour devenir pleinement acteur de sa vie.
On notera enfin que l’amour, dans le film, n’est pas un simple ressort romantique : il est la force qui révèle à David sa véritable vocation et l’arrache à une carrière toute tracée. L’initiation, elle aussi, commence souvent par une rencontre qui bouscule un destin que l’on croyait écrit.
Fiche technique
- Titre original : The Adjustment Bureau
- Année : 2011
- Pays : États-Unis
- Réalisation : George Nolfi
- Scénario : George Nolfi
- D’après : la nouvelle Adjustment Team de Philip K. Dick (1954)
- Interprètes : Matt Damon, Emily Blunt, Anthony Mackie, John Slattery, Terence Stamp
- Durée : 1 h 46
- Genre : Science-fiction, romance, thriller
Voir aussi dans le glossaire : Grand Architecte de l'Univers, Liberté, Libre examen.
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