Les Sorcières d’Eastwick (Film)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Dans Les Sorcières d’Eastwick (1987), George Miller adapte le roman de John Updike : trois femmes d’une petite ville de Nouvelle-Angleterre voient leurs souhaits exaucés par un séduisant inconnu, joué par Jack Nicholson. Pas de Franc-maçonnerie ici, mais une comédie fantastique sur le pacte, la sorcellerie et le pouvoir, qui interroge la frontière entre libération et emprise, et l’usage que l’on fait de ses propres désirs.

De quoi parle Les Sorcières d’Eastwick ?

Alexandra, sculptrice, Jane, professeure de musique, et Sukie, chroniqueuse au journal local, sont trois amies divorcées ou veuves qui s’ennuient à Eastwick. Un soir, autour de quelques verres, elles décrivent l’homme idéal. Peu après, un étranger fortuné, Daryl Van Horne, achète la plus belle demeure de la ville et entreprend de les séduire l’une après l’autre, en éveillant chez elles des dons qu’elles ignoraient.

Adapté du roman de John Updike paru en 1984, le film réunit Jack Nicholson, Cher, Susan Sarandon et Michelle Pfeiffer. Il a valu à John Williams une nomination à l’Oscar de la meilleure musique et a remporté un BAFTA pour ses effets visuels. Son ton oscille entre satire de la bourgeoisie puritaine et fantastique de plus en plus débridé.

Sorcellerie, pacte et rumeur

Le film ne met en scène aucune Loge ni aucune société secrète au sens maçonnique. Il puise dans un autre imaginaire, celui du pacte avec une puissance obscure, et dans la mémoire puritaine de la Nouvelle-Angleterre, terre des procès de sorcellerie. La petite ville, avec ses commérages et ses jugements, rappelle comment la rumeur fabrique les coupables.

C’est par ce biais que l’œuvre rejoint la filmographie maçonnique. Les accusations de commerce avec le diable ont visé tour à tour les sorcières, les hérétiques puis, au XIXᵉ siècle, les francs-maçons. Le film montre, avec humour, le mécanisme : ce qui échappe au contrôle de la communauté, femmes libres ou cercles fermés, devient vite suspect.

Le désir révélé et retourné

Van Horne ne crée pas les désirs des trois femmes : il les révèle, les amplifie, puis cherche à les retourner contre elles. Cette dynamique parle au chercheur initiatique. Connaître ses aspirations profondes est une étape nécessaire, mais la puissance qui en naît demande à être maîtrisée, faute de quoi elle asservit.

On peut aussi lire dans l’amitié des trois héroïnes une forme de fraternité au féminin, capable de résister à celui qui voudrait les diviser. Le film rappelle que le travail sur soi gagne à être mené en commun, et qu’un cercle n’est sain que s’il rend chacun plus libre.

Enfin, la figure de Van Horne illustre un piège que connaissent toutes les communautés initiatiques : celui du maître charismatique qui promet l’épanouissement et réclame en retour la dépendance. La Franc-maçonnerie s’en préserve par la rotation des offices et l’égalité des membres en Loge, garde-fous qui rendent le gourou difficile à installer.

Fiche technique

  • Titre original : The Witches of Eastwick
  • Année : 1987
  • Pays : États-Unis
  • Réalisation : George Miller
  • Scénario : Michael Cristofer
  • D’après : Les Sorcières d’Eastwick, de John Updike (1984)
  • Interprètes : Jack Nicholson, Cher, Susan Sarandon, Michelle Pfeiffer, Veronica Cartwright
  • Durée : 1 h 58
  • Genre : Comédie fantastique

Voir aussi dans le glossaire : Pacte satanique, Accusation de satanisme, Femme.

Pour aller plus loin sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

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