Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?

Petit thriller indépendant américain réalisé par Sohrab Mirmont et sorti en 2013, The Freemason part du meurtre d’un riche banquier retrouvé dans sa Loge. Sa fille engage un écrivain qui, avec un inspecteur incarné par Sean Astin, enquête sur l’entourage maçonnique de la victime et sur une relique légendaire. Un des rares films à mettre la Franc-maçonnerie au premier plan, pour le meilleur et pour le cliché.
De quoi parle The Freemason ?
Un banquier fortuné est assassiné dans des circonstances qui évoquent un meurtre rituel. Sa fille et unique héritière, Rana, ne fait pas confiance à la police et engage Cyrus, écrivain indépendant au tempérament excentrique, pour comprendre ce qui s’est passé. Cyrus fait équipe avec Leon Weed, inspecteur de la criminelle.
Leurs recherches les conduisent dans l’univers maçonnique dont la victime était membre : un Grand Maître, un maçon du 32e degré, des Frères de son cercle le plus proche, et la quête d’une relique légendaire liée à l’alchimie. À mesure que les soupçons se resserrent, le meurtrier menace de frapper à nouveau.
Le film réunit Sean Astin, Randy Wayne, Alex McKenna, Richard Dutcher et Joseph James. Production modeste, il est resté confidentiel, sans véritable sortie en France, et n’a guère retenu l’attention de la critique.
Une Loge à l’écran, entre exactitude et cliché
À la différence de la plupart des films de la filmographie, The Freemason met explicitement en scène une Loge : un temple, un Vénérable Maître, un vote d’admission, une initiation au premier degré condensée pour l’écran. Selon un compte rendu détaillé, l’un des producteurs, lui-même maître maçon et membre du Rite écossais, a servi de conseiller sur ces scènes, ce qui explique une certaine attention aux usages.
Le film n’échappe pas pour autant aux ressorts habituels du thriller maçonnique : cadavre au pied de l’autel, relique convoitée, ordre dissident aux visées occultes, cercle de Frères suspects. La Franc-maçonnerie y est d’abord un décor à mystère, et le spectateur non averti pourrait en retenir l’idée qu’une Loge cache des trésors et des crimes.
C’est la limite principale de l’œuvre : elle fait du secret un objet, enfoui dans un coffre ou un manuscrit, que l’enquête finira par mettre au jour. Or le secret maçonnique ne relève pas de l’information cachée ; il désigne une expérience vécue, qui ne se transmet pas par une révélation mais par un cheminement.
Alchimie et quête : une lecture symbolique
Le motif de l’alchimie, présent dans le film à travers la pierre philosophale et l’or des sages, peut se lire autrement que comme une chasse au trésor. Dans la tradition symbolique, la transmutation du plomb en or désigne d’abord la transformation intérieure de celui qui cherche ; c’est le chercheur qui doit changer, non le métal.
Le film oppose en creux deux attitudes : celle de ceux qui convoitent la relique pour le pouvoir qu’elle procure, et celle de ceux qui comprennent que le véritable trésor ne se possède pas. L’enquête de Cyrus, profane qui découvre un monde dont il ignore les codes, a quelque chose d’un apprentissage : il doit apprendre à lire les signes avant de pouvoir conclure.
Pour un lecteur maçon, The Freemason se regarde donc avec indulgence et esprit critique : il a le mérite de montrer des Frères ordinaires et une Loge vraisemblable, mais il rejoint la longue série des fictions qui confondent mystère initiatique et énigme policière.
Fiche technique
- Titre original : The Freemason
- Année : 2013
- Pays : États-Unis
- Réalisation : Sohrab Mirmont
- Interprètes : Sean Astin, Randy Wayne, Alex McKenna, Richard Dutcher, Joseph James
- Genre : Thriller, policier
Voir aussi dans le glossaire : Loge maçonnique, Secret, Alchimie, Cérémonie d'initiation.
Pour aller plus loin sur 450.fm

