L comme Loge en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

La loge désigne à la fois le groupe de Francs-maçons qui se réunissent régulièrement sous l’autorité d’un Vénérable et, par extension, le lieu où ils tiennent leurs travaux. Unité de base de la Franc-maçonnerie, elle initie les nouveaux membres, confère les grades symboliques et fait vivre le rite. Le mot vient de la cabane des tailleurs de pierre médiévaux, et il a gardé quelque chose de cet abri de chantier : un lieu de travail commun, protégé du dehors. Toute obédience n’est qu’une fédération de loges ; c’est donc dans la loge que se joue concrètement l’expérience maçonnique.

De la cabane de chantier à l’atelier spéculatif

Loge
Source : Wikimedia Commons – Ethan Doyle White – CC BY-SA 4.0

Au Moyen Âge, la lodge anglaise ou la loge française est l’abri construit près du chantier d’une cathédrale, où les tailleurs de pierre rangent leurs outils, préparent les gabarits, prennent leurs repas et règlent leurs affaires. Les statuts écossais de William Schaw, en 1598 et 1599, emploient le mot pour désigner l’organisation des maçons d’une ville. Au XVIIe siècle, des « maçons acceptés » étrangers au métier entrent dans ces loges ; le 24 juin 1717, quatre loges londoniennes fondent la première Grande Loge. La loge devient alors une société spéculative qui travaille sur des symboles plutôt que sur la pierre.

Le groupe et le lieu

Le vocabulaire distingue en principe la loge, qui est la communauté des Frères ou des Sœurs, et le temple, qui est la salle où elle se réunit. Plusieurs loges partagent souvent un même temple à des jours différents. On parle aussi d’atelier, terme qui insiste sur le travail commun. Chaque loge porte un titre distinctif, parfois un numéro, et travaille à un Orient, c’est-à-dire dans une ville, selon un rite déterminé par sa charte.

Juste et parfaite

Les rituels enseignent qu’une loge doit être « juste et parfaite » pour travailler. Une formule traditionnelle du grade d’Apprenti en donne la mesure : trois Maîtres la gouvernent, cinq l’éclairent, sept la rendent juste et parfaite. Concrètement, la loge doit être régulièrement constituée, ouverte selon le rituel, couverte contre les profanes et présidée par un Vénérable entouré de ses officiers. Ce vocabulaire de la justesse renvoie à l’équerre et au niveau : une loge est un ouvrage bien construit.

L’organisation de l’atelier

Loge
Source : Wikimedia Commons – sailko – CC BY 2.5
  • Le Vénérable Maître, élu, siège à l’Orient et dirige les travaux.
  • Les deux Surveillants dirigent les colonnes et transmettent la parole.
  • L’Orateur veille au respect de la loi maçonnique ; le Secrétaire tient le livre d’architecture.
  • Le Trésorier, l’Hospitalier, l’Expert, le Maître des cérémonies, le Couvreur complètent le collège des officiers, selon les rites.
  • Les membres siègent sur deux colonnes, au Septentrion et au Midi, selon leur grade.

La vie d’une loge

Une loge se réunit en général deux fois par mois. Les tenues ordinaires sont consacrées à la présentation de planches, travaux préparés par un membre sur un symbole, une question philosophique ou sociale, suivis d’un échange réglé. Les tenues solennelles accueillent les initiations, les passages au grade de Compagnon et les élévations à la maîtrise. Les agapes, repas fraternels qui suivent souvent la tenue, prolongent le travail. Le budget, les admissions et les élections relèvent des tenues administratives, ou « de famille ».

Loges bleues, loges de recherche, loges d’adoption

Les loges qui pratiquent les trois premiers grades sont dites symboliques ou « bleues ». Les grades suivants se travaillent dans d’autres structures : chapitres, aréopages, consistoires selon les rites. Il existe aussi des loges de recherche, consacrées à l’histoire et au symbolisme, dont la plus célèbre est la loge londonienne Quatuor Coronati n° 2076, fondée en 1884. Historiquement, la loge d’adoption désignait l’atelier féminin placé sous la tutelle d’une loge masculine, au XVIIIe siècle et jusqu’au milieu du XXe.

Une image du monde

Les anciens catéchismes décrivent la loge comme un carré long dont les dimensions vont de l’Orient à l’Occident, du Septentrion au Midi, et de la surface de la terre au zénith. Autrement dit, la loge est une image du cosmos. Son plafond étoilé, son pavé mosaïque, ses colonnes et son Orient font de la salle un microcosme où chacun travaille à sa propre construction au sein d’un ensemble ordonné.

Le saviez-vous ?

En anglais, lodge a gardé son sens courant de pavillon ou de loge de gardien ; c’est le même mot qui, par l’intermédiaire des chantiers médiévaux, a donné son nom à l’institution maçonnique.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Temple, Atelier, Sautoir de Vénérable Maître, Surveillants, Charte, Loge d’Adoption, Planche.

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