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Siège historique de la franc-maçonnerie toulousaine, le temple de la rue de l’Orient a été financé en 1864 par cinq loges de la ville, dessiné par l’architecte André Denat et inauguré en 1868. La rue elle-même doit son nom au Grand Orient : débaptisée en 1941 par la municipalité de Vichy, elle le retrouve à la Libération. Pillé sous l’Occupation, l’ensemble d’environ 1 700 m² réunit aujourd’hui plusieurs temples où se retrouvent une trentaine de loges du Grand Orient de France et d’autres obédiences.
Lieu : rue de l’Orient, Toulouse, France
Construction : 1864-1868
Architecte : André Denat
Cinq loges et un architecte
Toulouse est une terre maçonnique ancienne : dès le XVIIIe siècle, des loges comme les Cœurs Réunis, la Sagesse ou la Française des Arts y travaillent. Au milieu du XIXe siècle, les ateliers toulousains décident de se doter d’un lieu à leur mesure. En 1864, cinq loges s’associent pour financer la construction d’un temple, dont les plans sont confiés à l’architecte André Denat. L’édifice est inauguré en 1868. Les fondateurs, souligne un article de 450.fm, « avaient vu grand ».
Pour équilibrer les finances, une partie du bâtiment est louée dès l’origine. L’opération immobilière ne va pas sans remous : l’un des cofondateurs est exclu du Grand Orient pour avoir, semble-t-il, cherché à en tirer profit.
Une rue baptisée par les maçons, débaptisée par Vichy
Deux ans avant l’inauguration, la voie reçoit le nom de rue de l’Orient, hommage transparent à l’obédience. En 1941, la municipalité vichyste la rebaptise rue Edmond-Rostand, dans le cadre de la politique d’effacement de la franc-maçonnerie. Pendant l’Occupation, les locaux sont pillés et la façade endommagée. Le nom d’origine est rétabli après la Libération. L’historien Tristan Rouquet a consacré en 2024 une communication, « À vendre, bel immeuble, rue de l’Orient », à la spoliation du Grand Orient de Toulouse durant cette période.
Un ensemble de plusieurs temples
Derrière une façade sur rue s’étend un ensemble d’environ 1 700 m². On traverse un premier temple, à la voûte étoilée bleue, pour gagner les salles de réunion ; un buste de Marianne se dresse derrière la tribune. Une vitrine expose une plaque réunissant les armoiries de quatorze obédiences. Les sources évoquent trois ou quatre temples selon les époques ; l’un d’eux a eu pour dernier locataire le Théâtre du Capitole, qui en avait fait une salle de répétition.
Les travaux de rénovation engagés vers 2011 ont relancé un débat entre membres : certains souhaitent une restauration fidèle du fronton de la façade, d’autres préfèrent la laisser en pierre nue.
Les loges d’aujourd’hui
Le temple accueille désormais une trentaine de loges, contre treize au début des années 2010. Y travaillent des ateliers du Grand Orient de France, du Droit Humain, de la Grande Loge féminine de France, de la Grande Loge mixte ou encore de la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra. Par discrétion, l’adresse exacte n’est pas mise en avant.
Repères
- Financement : 1864, par cinq loges toulousaines
- Architecte : André Denat
- Inauguration : 1868
- Adresse : rue de l’Orient, Toulouse (rebaptisée rue Edmond-Rostand de 1941 à la Libération)
- Surface : environ 1 700 m², plusieurs temples
- Obédiences : Grand Orient de France, Droit Humain, Grande Loge féminine de France et autres
Le saviez-vous ?
Le nom de la rue de l’Orient ne renvoie pas au Levant mais au Grand Orient de France : c’est l’un des rares exemples de voie urbaine baptisée d’après une obédience maçonnique, et c’est précisément pour cette raison que Vichy a voulu l’effacer.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce bâtiment.
Voir aussi dans le glossaire : Temple, Loge Mère, Orient, Voûte étoilée.
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