Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?

Le 15 juin 1979, neuf loges réunissant 333 frères fondent la Grande Loge Régulière de Belgique (GLRB). Leur départ fait suite au retrait de la reconnaissance accordée jusque-là par la Grande Loge Unie d’Angleterre à la Grande Loge de Belgique. Attachés aux « Anciens Landmarks », à la croyance en un Être suprême et à la présence du Volume de la Loi sacrée, les fondateurs veulent maintenir en Belgique une maçonnerie conforme aux critères de régularité anglo-saxons. La GLRB devient rapidement la seule obédience belge reconnue par Londres.
Date : 15 juin 1979
Lieu : Bruxelles, Belgique
Une maçonnerie belge majoritairement adogmatique

Fondé en 1833, trois ans après l’indépendance du pays, le Grand Orient de Belgique s’engage, comme d’autres obédiences continentales, dans une voie libérale et adogmatique : il n’exige pas de ses membres la croyance en un Être suprême. Cette orientation l’éloigne de la Grande Loge Unie d’Angleterre, gardienne d’une conception stricte de la régularité.
En 1959, cinq loges du Grand Orient fondent la Grande Loge de Belgique, dans l’espoir de retrouver la reconnaissance anglaise. Masculine et travaillant aux trois premiers degrés, la nouvelle obédience obtient un temps cette reconnaissance, ainsi que celles des Grandes Loges d’Écosse et d’Irlande.
1979 : la rupture avec Londres
En 1979, la Grande Loge Unie d’Angleterre, la Grande Loge d’Écosse et la Grande Loge d’Irlande cessent de considérer la Grande Loge de Belgique comme régulière. Une partie des frères refuse de suivre une obédience désormais isolée du réseau anglo-saxon. Neuf loges, regroupant 333 frères, choisissent de faire sécession pour rester fidèles aux principes traditionnels.
La fondation du 15 juin 1979
La Grande Loge Régulière de Belgique est fondée le 15 juin 1979. Elle affirme dès l’origine son attachement aux anciennes constitutions et aux Landmarks : croyance en un Être suprême, ouverture des travaux en présence du Volume de la Loi sacrée, exclusion des débats politiques et religieux en loge. La chronologie Kronobase résume cette orientation en indiquant que l’obédience affirme la croyance en l’Être suprême.
La nouvelle obédience est rapidement reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre comme la seule obédience régulière de Belgique, statut qu’elle conserve depuis. Les sources consultées ne précisent ni le nom du premier Grand Maître, ni les conditions exactes de la consécration.
Une obédience aux rites multiples

La GLRB se caractérise par une grande diversité rituelle. Ses loges pratiquent sur les trois grades symboliques une dizaine de rites, dont le Rite Écossais Ancien et Accepté, le Rite Écossais Rectifié, le Rite Écossais Philosophique, le Rite Français et le Rite Émulation, ainsi que des rituels d’origine américaine, allemande ou turque. Elle compte près de soixante loges réparties dans tout le pays.
Ses ateliers travaillent en français, en néerlandais, en allemand, en anglais et en turc, à l’image de la diversité linguistique belge et de la présence d’une importante communauté internationale à Bruxelles.
Portée : deux maçonneries belges
La création de la GLRB consacre la coexistence en Belgique de deux familles maçonniques. D’un côté, les obédiences adogmatiques et libérales, qui signent en 1989 un accord de reconnaissance mutuelle entre le Grand Orient, la Grande Loge de Belgique, la Grande Loge Féminine et le Droit Humain ; de l’autre, une maçonnerie dite régulière, rattachée au réseau de Londres. Cette dualité reste aujourd’hui un trait marquant du paysage maçonnique belge.
Repères chronologiques
- 1833 : fondation du Grand Orient de Belgique.
- 1959 : cinq loges du Grand Orient fondent la Grande Loge de Belgique.
- 1979 : retrait de la reconnaissance anglaise à la Grande Loge de Belgique.
- 15 juin 1979 : fondation de la Grande Loge Régulière de Belgique par neuf loges et 333 frères.
- 17 octobre 1981 : fondation de la Grande Loge Féminine de Belgique.
- 1989 : accord de reconnaissance mutuelle entre obédiences adogmatiques belges.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Landmarks, Volume de la loi sacrée, Grand Architecte de l’Univers mal interprété (antimaçonnisme).

