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En février 1973, trois loges de la Fédération française du Droit Humain, « Lucie Delong », « Marie Bonnevial » et « Le Devoir », quittent l’ordre mixte international avec une centaine de membres et donnent naissance à la Grande Loge Mixte Universelle (GLMU). Les dissidents contestent le poids du Suprême Conseil, qui coiffe à la fois les hauts grades et les loges bleues. La nouvelle obédience revendique la mixité, la laïcité, la démocratie interne et une indépendance complète à l’égard des hauts grades. Elle devient l’une des composantes durables de la franc-maçonnerie mixte française.
Date : février 1973
Lieu : Paris, France
Le Droit Humain, matrice de la mixité maçonnique

La franc-maçonnerie mixte française naît le 4 avril 1893, lorsque Maria Deraismes et Georges Martin fondent à Paris la première structure qui deviendra le Droit Humain. Maria Deraismes avait été initiée dès le 14 janvier 1882 à la loge « Les Libres Penseurs » du Pecq. L’ordre se dote d’un Suprême Conseil universel mixte du Rite Écossais Ancien et Accepté, dont l’existence est rendue publique en 1901.
Cette architecture fait du Droit Humain un ordre international et centralisé : les loges symboliques, ou loges bleues, et les ateliers de hauts grades relèvent d’une même autorité. C’est précisément ce point qui suscitera, à deux reprises, des contestations internes.
Un précédent : la rupture de 1913
Dès 1913, une première dissidence se produit autour de la question de l’autonomie des loges symboliques. Elle donne naissance à une Grande Loge mixte symbolique, motivée, selon la notice que lui consacre l’encyclopédie Wikipédia, par l’importance jugée excessive du Suprême Conseil sur le fonctionnement de l’obédience. La GLMU elle-même présente la scission de 1973 comme procédant des mêmes causes.
La scission de février 1973
Soixante ans plus tard, en février 1973, trois loges franchissent le pas : « Lucie Delong », « Marie Bonnevial » et « Le Devoir ». Une centaine de membres les suivent, selon l’histoire publiée par l’obédience. La nouvelle structure adopte d’abord le nom de « Grande Loge Mixte Universelle – Droit Humain – Tradition », marquant la volonté de rester fidèle à l’héritage de Maria Deraismes tout en s’affranchissant de l’ordre.
Parmi les figures associées à cette rupture figurent Éliane Brault, entrée au Droit Humain en 1948, et Raymond Jalu, qui sont les deux premiers grands maîtres de la jeune obédience, respectivement en 1973-1974 et de 1974 à 1978.
Une obédience mixte, laïque et républicaine

La GLMU se définit d’emblée par quatre principes : mixité, laïcité, démocratie interne et égalité de tous ses membres, auxquels s’ajoute l’indépendance vis-à-vis des hauts grades. Elle se constitue en fédération de loges bleues, pratiquant pour la plupart le Rite Français, d’autres le Rite Écossais Ancien et Accepté. Peu après sa création, elle compte déjà vingt-cinq loges.
Le Grand Orient de France lui délivre une patente du Rite Français, en 1975 selon 450.fm. En 1979, elle adopte une Constitution très proche de celle du Grand Orient, et en 1981 elle affirme vouloir promouvoir l’idéal laïque, défini comme l’expression des principes de raison, de tolérance et de fraternité.
Postérité : la GLMF et la GLMU aujourd’hui
L’orientation progressiste affirmée en 1982 provoque à son tour le départ de loges de sensibilité plus spiritualiste. Celles-ci tiennent les 18 et 19 décembre 1982, à l’hôtel du Grand Orient, rue Cadet, l’assemblée constitutive de la Grande Loge Mixte de France, avec onze loges fondatrices. La GLMF est donc issue de la GLMU et non directement du Droit Humain.
En 1995, un convent réaffirme la spécificité de la GLMU : une franc-maçonnerie républicaine, mixte et de proximité, où la laïcité s’entend comme refus de tout dogmatisme. Son siège se trouve à Montreuil, en Seine-Saint-Denis ; Bernard Dekoker-Suarez en est le grand maître depuis 2021.
Repères chronologiques
- 4 avril 1893 : fondation par Maria Deraismes et Georges Martin de l’obédience mixte qui deviendra le Droit Humain.
- 1913 : première scission, sur la question de l’autonomie des loges symboliques.
- Février 1973 : trois loges quittent le Droit Humain et fondent la GLMU.
- 1975 : patente du Rite Français délivrée par le Grand Orient de France.
- 1979 : adoption d’une Constitution proche de celle du Grand Orient.
- 18-19 décembre 1982 : naissance de la Grande Loge Mixte de France, issue de la GLMU.
- 1995 : convent affirmant une maçonnerie républicaine, mixte et de proximité.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Mixité, Loge Bleue ou Loge Symbolique., Suprême Conseil, Éliane Brault (Personnalité).

