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Le 21 juin 1953, la toute jeune Grande Loge féminine de France, qui a pris ce nom neuf mois plus tôt, fonde à Aulnay-sous-Bois, en banlieue parisienne, la loge Cybèle. Après Éleusis à Lille en octobre 1952, c’est l’une des toutes premières loges créées sous les auspices de la nouvelle obédience. Placée sous le nom d’une déesse des cultes à mystères de l’Antiquité, elle travaille alors au Rite d’adoption. Sa création, le jour du solstice d’été, illustre l’effort d’une obédience encore minuscule pour essaimer hors de Paris et donner à la franc-maçonnerie féminine une assise durable.
Date : 21 juin 1953
Lieu : Aulnay-sous-Bois, France
Une obédience qui vient de naître

Issue des anciennes loges d’adoption de la Grande Loge de France, l’Union maçonnique féminine de France est créée le 21 octobre 1945 avec cinq loges et une centaine de sœurs. Le 22 septembre 1952, elle devient la Grande Loge féminine de France. Les effectifs restent modestes et les initiations se font encore collectivement, une pratique qui durera jusqu’en 1954. Chaque nouvelle loge représente donc pour l’obédience une étape importante de son développement.
Le 21 juin 1953 à Aulnay-sous-Bois
Selon l’historique publié par la GLFF, la loge Cybèle est créée le 21 juin 1953 à Aulnay-sous-Bois, en région parisienne. Elle s’inscrit dans la première vague de fondations de l’obédience, entre Éleusis, ouverte à Lille en octobre 1952, et Isis, créée à Paris le 12 novembre 1954. Ces trois loges travaillent au Rite d’adoption, le rite traditionnel des loges féminines depuis le XVIIIe siècle, en attendant l’élaboration de nouveaux rituels.
Cybèle, une déesse des mystères
Le nom choisi n’est pas anodin. Cybèle, la Grande Mère des dieux venue de Phrygie, était honorée dans l’Antiquité par des cultes à mystères, comme Déméter à Éleusis ou Isis en Égypte et dans le monde romain. Les trois premières loges de la GLFF portent ainsi des noms tirés des religions initiatiques antiques, centrées sur des figures féminines ou maternelles. Les fondatrices affirment par là la dimension initiatique de leur démarche et revendiquent une filiation symbolique avec les anciens mystères.
Aulnay-sous-Bois, une ville de la banlieue nord-est

En 1953, Aulnay-sous-Bois appartient encore à la Seine-et-Oise ; la commune relève aujourd’hui de la Seine-Saint-Denis. Ville en pleine croissance de la banlieue nord-est de Paris, elle offre à la GLFF un premier point d’ancrage en dehors de la capitale intra-muros. Les sources accessibles ne précisent ni le nom des fondatrices ni le lieu exact où la loge tenait ses tenues.
Du Rite d’adoption au Rite écossais
Comme les autres loges de l’époque, Cybèle vit la grande mutation rituelle de l’obédience. Une commission travaille à des rituels plus proches de ceux des loges masculines, et à la fin des années 1950 la GLFF adopte le Rite écossais ancien et accepté. Les sœurs attachées à l’ancien rite fondent alors la loge Cosmos. Ce choix rapproche la GLFF de la Grande Loge de France, son ancienne tutrice, et prépare la création du Suprême Conseil féminin de France en 1972.
Portée de la fondation
La création de Cybèle témoigne de la vitalité de la franc-maçonnerie féminine au lendemain de la guerre. Loge après loge, la GLFF passe d’une poignée d’ateliers à plus de 400 loges et environ 14 000 sœurs aujourd’hui. Les premières fondations, comme Cybèle, restent dans l’histoire de l’obédience les jalons d’une émancipation conquise pas à pas.
Repères chronologiques
- 21 octobre 1945 : création de l’Union maçonnique féminine de France.
- 22 septembre 1952 : l’UMFF devient la Grande Loge féminine de France.
- Octobre 1952 : ouverture de la loge Éleusis à Lille.
- 21 juin 1953 : création de la loge Cybèle à Aulnay-sous-Bois.
- 12 novembre 1954 : création de la loge Isis à Paris.
- Fin des années 1950 : adoption du Rite écossais ancien et accepté par la GLFF.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Mère, Rite d’adoption (Rite maçonnique).

