Initiation d’Isabelle Gatti de Gamond à la loge Diderot à Paris, 1903 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En 1903, à Paris, la pédagogue et féministe belge Isabelle Gatti de Gamond est initiée dans la loge Diderot, qui travaille au sein de la Grande Loge symbolique écossaise. Fondatrice à Bruxelles du premier établissement communal d’enseignement secondaire laïque pour jeunes filles, militante socialiste et cofondatrice de la Ligue belge du droit des femmes, elle est présentée par la Grande Loge féminine de Belgique comme la première Belge admise en loge. À une époque où la maçonnerie belge reste fermée aux femmes, c’est à Paris qu’elle trouve une loge ouverte à la mixité.

Date : 1903
Lieu : Paris, France

Le contexte : les femmes aux portes du Temple

Initiation d’Isabelle Gatti de Gamond à la loge Diderot à Paris, 1903
Source : Wikimedia Commons – Unknown authorUnknown author – Public domain

Au XIXe siècle, les femmes ne sont admises dans la maçonnerie que dans des loges d’adoption, rattachées aux loges masculines ; en Belgique, il en existe dès les années 1760 à Mons, Tournai, Ath ou Alost. L’accès des femmes à une initiation pleine et entière ne progresse qu’à la fin du siècle, en France : en 1893, Maria Deraismes et Georges Martin fondent une obédience mixte, qui prendra en 1899 le nom d’Ordre maçonnique mixte international Le Droit Humain. Au même moment, la Grande Loge symbolique écossaise, née en 1880, compte des loges ouvertes aux femmes.

L’événement : une initiation à Paris

Selon la Grande Loge féminine de Belgique, Isabelle Gatti de Gamond est initiée à la loge Diderot de la Grande Loge symbolique écossaise, à Paris. La chronologie Kronobase date cette initiation de 1903, date que les sources consultées ne précisent pas. Elle a alors environ soixante-quatre ans et une longue carrière de pédagogue et de militante derrière elle. Le fait de devoir se rendre à Paris dit bien l’état de la maçonnerie belge : aucune obédience du pays n’initie alors les femmes.

Isabelle Gatti de Gamond, pionnière de l’éducation des filles

Née à Paris en juillet 1839, fille de la penseuse Zoé de Gamond, Isabelle Gatti de Gamond prend en charge sa famille à quinze ans, à la mort de sa mère, et devient préceptrice à dix-sept. Travaillant le jour et étudiant la nuit, elle fait du droit des femmes à l’instruction le combat de sa vie. Avec l’aide d’Henri Bergé, ami de la famille, elle publie la revue L’Éducation de la femme, puis ouvre en 1864 à Bruxelles le premier établissement communal d’enseignement secondaire pour jeunes filles, laïque et scientifique. Elle y ajoute en 1880, avec le bourgmestre Charles Buls, une section de formation des régentes, puis en 1891 une section préparatoire à l’université.

Une militante féministe et socialiste

Initiation d’Isabelle Gatti de Gamond à la loge Diderot à Paris, 1903
Source : Wikimedia Commons – Alfred Cluysenaer (died 1902) painting of Isabelle Gatti de Gamond – Public domain

En 1892, elle cofonde la Ligue belge du droit des femmes, qui réclame la fin de l’autorité maritale, l’accès des femmes aux professions et aux droits politiques, ainsi que des mesures sociales comme le congé de maternité. Elle rejoint ensuite le Parti ouvrier belge et devient secrétaire de la fédération nationale des femmes socialistes, militant pour le suffrage universel. À partir de 1900, elle dirige l’orphelinat rationaliste de Forest, où elle ouvre une école primaire mixte, présentée comme la première expérience de ce genre en Belgique.

Portée pour la franc-maçonnerie belge

L’initiation d’Isabelle Gatti de Gamond a une forte valeur symbolique : elle relie le combat pour l’instruction laïque des filles, cher aux loges belges, à la revendication de l’égalité maçonnique entre hommes et femmes. Elle ouvre la voie aux Belges qui, dans les années suivantes, rejoindront les loges mixtes du Droit Humain puis, plus tard, la maçonnerie féminine. La Grande Loge féminine de Belgique la compte aujourd’hui parmi ses maçonnes célèbres.

Postérité et mémoire

Isabelle Gatti de Gamond meurt à Uccle le 11 octobre 1905, deux ans environ après son initiation. Une rue d’Uccle porte son nom, de même que plusieurs établissements scolaires bruxellois qui perpétuent l’œuvre du Cours d’éducation.

Repères chronologiques

  • Juillet 1839 : naissance d’Isabelle Gatti de Gamond à Paris.
  • 1864 : ouverture à Bruxelles du premier établissement communal secondaire pour jeunes filles.
  • 1882 : initiation de Maria Deraismes au Pecq.
  • 1892 : fondation de la Ligue belge du droit des femmes.
  • 1893 : fondation de l’obédience mixte qui deviendra Le Droit Humain.
  • 1903 : initiation d’Isabelle Gatti de Gamond à la loge Diderot.
  • 11 octobre 1905 : mort d’Isabelle Gatti de Gamond à Uccle.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Mixité, Loge d’Adoption.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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