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Du 31 août au 2 septembre 1900, en pleine Exposition universelle, le Grand Orient de France accueille à Paris un congrès maçonnique international. Des délégués d’obédiences européennes et américaines y approuvent les bases d’une alliance maçonnique internationale et confient à la Grande Loge suisse Alpina le soin d’organiser une fédération dont le siège serait en Suisse. Deux ans plus tard, le congrès de Genève crée le Bureau international de relations maçonniques. La rencontre de Paris est ainsi l’une des étapes fondatrices de l’internationalisme maçonnique du XXe siècle.
Date : 31 août-2 septembre 1900
Lieu : Paris, France
Le contexte : l’âge des congrès internationaux

La fin du XIXe siècle est l’âge d’or des congrès internationaux. Les Expositions universelles de Paris, en 1867, 1878, 1889 et 1900, s’accompagnent de dizaines de congrès savants, professionnels ou militants, qui profitent de l’afflux de visiteurs étrangers. La franc-maçonnerie n’échappe pas à ce mouvement : en 1889, pour le centenaire de la Révolution, le Grand Orient de France a déjà réuni un congrès maçonnique international à Paris, les 16 et 17 juillet, et proposé de créer une fédération maçonnique internationale.
L’événement : trois jours de travaux à Paris
Le congrès de 1900 se tient du 31 août au 2 septembre, à l’initiative du Grand Orient de France, comme l’indique la notice de la Bibliothèque nationale de France. Le compte rendu des séances a été publié par l’obédience et figure dans les collections de la BnF. Selon une étude de la Grande Loge suisse Alpina, le congrès approuve les bases d’une alliance maçonnique internationale, place l’Alpina au centre du projet et lui demande d’organiser une fédération unique installée en Suisse, pays neutre et terre d’accueil de nombreuses organisations internationales.
Les acteurs
Le Grand Orient de France, obédience hôte, porte depuis 1889 l’idée d’une coopération organisée entre puissances maçonniques. La Grande Loge suisse Alpina, fondée en 1844, joue le rôle de pivot : son ancien Grand Maître Élie Ducommun, figure du pacifisme et lauréat du prix Nobel de la paix en 1902, inspire le projet, et Édouard Quartier-la-Tente, Grand Maître de 1900 à 1905, en devient l’artisan. Les obédiences dites libérales ou adogmatiques d’Europe continentale forment l’essentiel des participants.
Les suites : de Genève à Neuchâtel

Le mandat confié à l’Alpina aboutit en 1902, lors du congrès maçonnique international de Genève, à la création du Bureau international de relations maçonniques, approuvé par vingt-deux Grandes Loges et huit juridictions. Installé à Neuchâtel en 1903 sous la direction d’Édouard Quartier-la-Tente, le Bureau publie un annuaire maçonnique et un bulletin et organise des rencontres régulières jusqu’à la Première Guerre mondiale.
Portée pour la franc-maçonnerie
Le congrès de 1900 montre la volonté d’une partie de la maçonnerie mondiale de dépasser les frontières nationales au service d’idéaux communs : paix, arbitrage entre les nations, liberté de conscience. Il révèle aussi une ligne de fracture durable : la présence du Grand Orient de France, qui a supprimé en 1877 l’obligation de croire en Dieu, vaut à ces initiatives l’hostilité de la Grande Loge unie d’Angleterre et d’une partie des maçonneries nordique et américaine.
Postérité
La guerre de 1914-1918 affaiblit l’internationalisme maçonnique, mais le projet renaît à Genève en 1920-1921 avec l’Association maçonnique internationale, qui compte en 1923 quelque 500 000 membres issus de 38 obédiences, avant sa dissolution en 1950. Les organisations actuelles de la maçonnerie libérale, qui réunissent des obédiences de plusieurs continents, s’inscrivent dans cette filiation.
Repères chronologiques
- 16-17 juillet 1889 : premier congrès maçonnique international du Grand Orient de France à Paris.
- 31 août-2 septembre 1900 : congrès maçonnique international de Paris.
- 1902 : congrès de Genève et création du Bureau international de relations maçonniques.
- 1903 : ouverture du Bureau à Neuchâtel.
- 1920 : dissolution du Bureau après la Première Guerre mondiale.
- 1920-1921 : fondation de l’Association maçonnique internationale à Genève.
- 1950 : dissolution de l’Association maçonnique internationale.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Lalande, Helvétius et les débuts de la réforme du Grand Orient de France, 1771 (date historique), Obédience, Convent.

