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Le 7 décembre 1899, à San José, les loges maçonniques du Costa Rica s’unissent pour former la Grande Loge du Costa Rica, présentée comme la première Grande Loge d’Amérique centrale. Elle succède à plus de trente ans d’une maçonnerie très présente dans la vie publique : depuis 1865, des dizaines de francs-maçons ont été députés, ministres ou présidents, et l’Ordre s’est trouvé au cœur des affrontements avec l’Église au temps des réformes libérales. La nouvelle obédience marque l’entrée de la maçonnerie costaricienne dans une ère d’autonomie et d’organisation nationale.
Date : 7 décembre 1899
Lieu : San José, Costa Rica
Le contexte : une maçonnerie mêlée à la construction de l’État

La franc-maçonnerie s’organise officiellement au Costa Rica en 1865, avec notamment la loge Caridad. Les loges relèvent d’abord d’autorités étrangères, comme le Suprême Conseil néo-grenadin, puis la Grande Loge de Colón ; en 1867, une fraction dissidente obtient la création de la loge Unión Fraternal, dirigée par Bruno Carranza. À partir de 1870, une partie des ateliers travaille sous la juridiction d’un nouveau Suprême Conseil centraméricain.
Selon une étude publiée par l’Université du Costa Rica, environ 90 francs-maçons ont occupé des fonctions de député, magistrat, ministre ou président entre 1865 et 1899. Le président José María Castro se proclame dès 1866 protecteur de la maçonnerie, et plusieurs chefs d’État de la fin du siècle, comme Próspero Fernández ou Bernardo Soto, sont liés à la loge Unión Fraternal.
Les heurts avec l’Église
La présence maçonnique suscite très tôt l’hostilité du clergé. En 1867, l’évêque Llorente publie deux lettres pastorales antimaçonniques. Son successeur, Mgr Bernardo Augusto Thiel, dénonce le secret maçonnique lors du synode de 1881 puis publie en 1883 une série d’articles contre le gouvernement et la maçonnerie. Le 18 juillet 1884, le gouvernement décrète son expulsion ainsi que celle des jésuites. Les lois scolaires de 1885, portées par le ministre Mauro Fernández, qui n’était pas maçon, écartent l’enseignement religieux de l’école publique.
L’événement : l’union des loges en 1899
La Grande Loge du Costa Rica est créée le 7 décembre 1899 par l’union de toutes les loges alors en activité, parmi lesquelles Caridad, Esperanza, Fe, Unión Fraternal, Progreso, Maravilla, Sincera Amistad, Desengaño, Concordia, Porvenir, Regeneración, La Luz, La Libertad et Phoenix. Les historiens costariciens y voient un tournant : la maçonnerie, très politisée dans les années 1860, tend désormais à se recentrer sur sa vie propre et sur l’organisation nationale de ses ateliers.
Une obédience aux rites multiples

La Grande Loge du Costa Rica est une obédience masculine dont les loges pratiquent plusieurs rites : le Rite écossais ancien et accepté, le Rite écossais rectifié, le rite de la Stricte Observance templière et le rite d’York. Elle dirige la Fondation maçonnique Pro Beneficencia et participe à la Confédération maçonnique centraméricaine, dont elle a accueilli la 46e rencontre en 2013.
Le lieu et la mémoire
Le siège de la Grande Loge se trouve à Cuesta de Moras, au cœur de San José, à côté de l’Assemblée législative. Il abrite le musée maçonnique Rafael Obregón Loría, du nom d’un historien de la maçonnerie costaricienne. La proximité du temple et du Parlement rappelle le rôle que les francs-maçons ont joué dans l’histoire républicaine du pays.
Repères chronologiques
- 1865 : organisation officielle de la franc-maçonnerie au Costa Rica.
- 1867 : création de la loge Unión Fraternal ; pastorales antimaçonniques de l’évêque Llorente.
- 1870 : une partie des loges passe sous un Suprême Conseil centraméricain.
- 18 juillet 1884 : expulsion de Mgr Thiel et des jésuites.
- 1885 : lois scolaires de Mauro Fernández.
- 7 décembre 1899 : fondation de la Grande Loge du Costa Rica.
- 2 septembre 1903 : installation de la Grande Loge du Guatemala voisin.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Grande Loge, Loge Mère, Rite d’York (Rite maçonnique).

