Rite d’York (Rite maçonnique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le Rite d’York, aussi appelé rite américain, est un ensemble de corps maçonniques et de grades issus de la tradition des « Anciens » britanniques du XVIIIe siècle, développé et structuré aux États-Unis à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Il prolonge les trois grades des loges bleues par l’Arche royale, la maçonnerie cryptique et les commanderies de chevaliers templiers, ces dernières réservées aux chrétiens. Très pratiqué en Amérique du Nord, souvent en complément du Rite écossais ancien et accepté, il est présent en France de façon minoritaire.

D’une légende anglaise à un rite américain

Rite d’York
Source : Wikimedia Commons – Scribedia – CC BY-SA 4.0

Le nom renvoie à la ville d’York, où une légende maçonnique situe les premières assemblées des maçons anglais, et donc à l’idée d’une maçonnerie de pure tradition. Selon le Wikipédia français, le rite se développe avec l’expansion de la Grande Loge des Anciens au XVIIIe siècle ; il est défendu par Laurence Dermott dans l’Ahiman Rezon et porté par les régiments et francs-maçons irlandais, qui l’exportent en Amérique du Nord. Le Wikipédia français évoque aussi une naissance en Écosse ; les sources ne s’accordent pas sur ce point d’origine, qui relève en partie de la tradition.

Le terme « rite américain » marque la distinction avec le Rite émulation, codifié en Angleterre après l’union des Anciens et des Modernes en 1813 ; les différences entre les deux courants portaient sur des points limités, comme l’inversion de certains mots, la disposition des lumières ou le contenu symbolique des grades de compagnon et de maître.

Textes et codification

L’Ahiman Rezon de Dermott, recueil constitutionnel des Anciens, constitue la référence fondatrice de la sensibilité dont le rite se réclame. Selon le Wikipédia français, les rituels de l’Arche royale seraient codifiés à Boston en 1797, et ceux du Conseil cryptique au début du XIXe siècle. Le rite est moins formalisé que le Rite émulation, et ses pratiques varient d’un État américain à l’autre.

Quatre corps, treize grades et ordres

Le rite n’est pas une juridiction unique mais une fédération de corps indépendants, chacun gouverné séparément ; l’appartenance à l’Arche royale conditionne celle aux deux autres corps supérieurs :

  • Loge bleue : Apprenti ; Compagnon ; Maître
  • Chapitre de l’Arche royale : Maître de marque ; Passé maître virtuel ; Très excellent maître ; Maçon de l’Arche royale
  • Conseil des maçons cryptiques : Maître royal ; Maître choisi ; Super excellent maître
  • Commanderie de chevaliers templiers : Ordre illustre de la Croix-Rouge ; Ordre de Malte ; Ordre du Temple

Les variantes sont nombreuses : le Wikipédia anglais mentionne un passage de Saint-Paul (Mediterranean Pass) dans la commanderie, et certaines juridictions modifient l’ordre ou le nombre des grades cryptiques.

Esprit : du Temple de Salomon au Temple chrétien

Le rite est théiste et s’appuie sur la Bible, surtout l’Ancien Testament. Ses loges s’interdisent toute discussion politique ou religieuse et visent l’amélioration morale de leurs membres. Le parcours mène du Temple de Salomon, que le maçon reconstruit symboliquement, à l’Arche d’alliance et aux cryptes du Temple, puis, avec les commanderies, à une perspective explicitement chrétienne : seuls des maçons chrétiens peuvent devenir chevaliers templiers. Le Grand Encampment des États-Unis reconnaît lui-même que la filiation avec l’ordre du Temple médiéval n’est pas prouvée.

Diffusion : États-Unis, monde et France

Rite d’York
Source : Wikimedia Commons – Steve Shook from Moscow, Idaho, USA – CC BY 2.0

Le rite est l’un des plus pratiqués aux États-Unis, souvent en binôme avec le Rite écossais ancien et accepté. Ailleurs, l’organisation diffère : en Angleterre, en Inde, dans une partie de l’Europe et en Australasie, le grade de Marque est conféré dans des loges spécifiques ; l’Écosse et l’Irlande ont leurs propres systèmes d’Arche royale ; en Angleterre et au pays de Galles, les grades cryptiques relèvent de l’Ordre des maîtres royaux et choisis.

En France, le rite est importé vers 1918 par des loges militaires américaines, à l’époque du général Pershing, et demeure minoritaire. Il est aujourd’hui travaillé notamment dans le cadre du Grand Orient de France et de la Grande Loge nationale française, qui lui consacrent chacun une présentation.

Organismes et débats

Autour du rite gravitent de nombreux corps associés, dont le Collège du Rite d’York, créé en 1957 à Détroit pour le défendre et le promouvoir. Le statut de l’Arche royale a nourri les débats : en Angleterre, le compromis de 1813 en faisait l’achèvement du grade de maître, avant que le Suprême Grand Chapitre d’Angleterre ne la déclare grade distinct en 2004.

Pour approfondir

  • American Rite of Freemasonry Commonly Known as The York Rite, W. B. Greer, Kessinger
  • Ahiman Rezon, Laurence Dermott, Londres, 1756
  • Encyclopedia of Freemasonry, Albert G. Mackey et H. L. Haywood, Kessinger, 2003
  • Internationales Freimaurerlexikon, Eugen Lennhoff, Oskar Posner et Dieter A. Binder, Herbig, 2006

Synthèse

Le Rite d’York est moins un rite unifié qu’un itinéraire maçonnique complet, assemblé au fil des XVIIIe et XIXe siècles à partir de l’héritage des Anciens. Du Temple de Salomon aux commanderies templières, il conduit le franc-maçon d’une morale biblique à une chevalerie chrétienne. Pilier de la maçonnerie américaine, il reste en France une pratique discrète mais vivante.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.

Voir aussi dans le glossaire : Maçonnerie cryptique (Rite maçonnique).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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