Entrée de Frédéric Desmons au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France, 1873 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En 1873, Frédéric Desmons, pasteur protestant de Saint-Geniès-de-Malgoirès, dans le Gard, entre au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France. Initié en 1861, fondateur d’une loge dans son village, il accède ainsi à l’instance dirigeante de la principale obédience française. Quatre ans plus tard, au convent de 1877, il sera le rapporteur du vœu supprimant l’obligation de croire en Dieu et en l’immortalité de l’âme. Cette entrée marque le début d’une carrière qui fera de lui l’une des figures majeures du Grand Orient sous la IIIe République.

Date : 1873
Lieu : Paris, France

Un pasteur des Cévennes

Entrée de Frédéric Desmons au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France, 1873
Source : Wikimedia Commons – Unknown authorUnknown author – Public domain

Né en 1832 à Brignon, dans le Gard, Frédéric Desmons étudie au collège d’Alès puis à Nîmes, avant de suivre les cours de la faculté de théologie protestante de Genève. Docteur en théologie en 1855, il exerce comme pasteur de l’Église réformée à partir de 1856, successivement à Ners, à Vals-les-Bains, puis à Saint-Geniès-de-Malgoirès. Protestant libéral, il incarne un christianisme ouvert, attentif à la liberté de conscience.

Un engagement maçonnique précoce

Le 8 mars 1861, Desmons est initié dans la loge L’Écho du Grand Orient. En 1867, il fonde à Saint-Geniès-de-Malgoirès la loge Le Progrès, dont il devient le vénérable en 1870. Son parcours illustre l’essor de la maçonnerie républicaine dans les campagnes protestantes du Midi, où loges et temples réformés partagent une même culture du libre examen.

L’entrée au Conseil de l’Ordre

En 1873, Desmons est élu au Conseil de l’Ordre, organe exécutif du Grand Orient de France, composé de membres élus par le convent. Le contexte est lourd : la France sort de la défaite de 1870 et de la Commune, la République n’est pas encore consolidée, et le gouvernement d’Ordre moral se montre hostile aux loges. Au sein du Conseil, Desmons représente la sensibilité républicaine et libérale des loges de province.

Vers le convent de 1877

Entrée de Frédéric Desmons au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France, 1873
Source : Wikimedia Commons – Daniel VILLAFRUELA – CC BY-SA 4.0

Au convent de septembre 1877, Desmons est le rapporteur du vœu n° IX de la loge La Fraternité progressive de Villefranche-sur-Saône, qui demande la révision de l’article premier de la Constitution. Son discours emporte l’adhésion : la formule de 1849 affirmant l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme est remplacée par le principe de la liberté absolue de conscience. La Grande Loge unie d’Angleterre condamne la décision, et une fracture durable s’ouvre dans la maçonnerie mondiale.

Une double carrière, maçonnique et politique

Desmons préside le Conseil de l’Ordre à de nombreuses reprises : 1889-1891, 1896-1898, 1900-1902, 1905-1907, puis de 1909 à sa mort. Il quitte le ministère pastoral en 1881. Conseiller général de Vézénobres en 1877, il est député du Gard de 1881 à 1894, puis sénateur radical de 1894 à 1909 et vice-président du Sénat de 1902 à 1905. En 1886, il représente la France avec Ferdinand de Lesseps à l’inauguration de la statue de la Liberté à New York. Il meurt à Paris en 1910.

Mémoire

Desmons est inhumé à Saint-Geniès-de-Malgoirès. Le Grand Orient de France honore sa mémoire : une loge porte depuis 2017 le nom Frédéric Desmons Laïcité, et chaque 9 décembre, anniversaire de la loi de séparation de 1905, un prix Desmons, le « Galet de Brignon », distingue une personnalité engagée pour la laïcité. L’historien Daniel Ligou lui a consacré une étude de référence en 1966.

Repères chronologiques

  • 1832 : naissance à Brignon (Gard).
  • 8 mars 1861 : initiation à la loge L’Écho du Grand Orient.
  • 1867 : fondation de la loge Le Progrès à Saint-Geniès-de-Malgoirès.
  • 1873 : entrée au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France.
  • Septembre 1877 : rapport sur la suppression de l’obligation de croyance en Dieu.
  • 1881 : élection comme député du Gard.
  • 1910 : mort à Paris.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Lalande, Helvétius et les débuts de la réforme du Grand Orient de France, 1771 (date historique), Convent, Grand Architecte de l’Univers mal interprété (antimaçonnisme), Daniel Ligou (historien).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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