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En 1856, à Montevideo, le Suprême Conseil et Grand Orient de l’Uruguay, installé l’année précédente sous l’égide du Brésil, est reconnu comme puissance maçonnique indépendante et régulière, puis se déclare formellement constitué. Organisé autour de Gabriel Pérez, diplomate et vétéran des premières loges du pays, il réunit la maçonnerie uruguayenne au sortir de la Guerra Grande. Il devient aussitôt une puissance « mère » pour la région, en patentant dès 1856 une loge de Buenos Aires à l’origine du Suprême Conseil argentin. Son histoire se prolonge jusqu’à la maçonnerie uruguayenne actuelle.
Date : 1856
Lieu : Montevideo, Uruguay
Des loges éprouvées par les guerres

La maçonnerie est présente sur les rives du Río de la Plata depuis le début du XIXe siècle. À Montevideo, la loge « Asilo de la Virtud », née vers 1828-1829 et constituée en 1831, reçoit en 1832 une patente de Pennsylvanie avant de passer sous l’obédience du Grand Orient du Brésil ; « Les Amis de la Patrie » relève depuis 1843 du Grand Orient de France, et Giuseppe Garibaldi, exilé dans le pays, en sera membre. Mais la Guerra Grande (1839-1851) provoque la fermeture de nombreux ateliers.
La mission de Gabriel Pérez
Initié le 13 juillet 1824 dans la loge « Hijos del Secreto », vénérable d’Asilo de la Virtud et membre d’un tribunal du 31e degré créé en 1834, Gabriel Pérez est consul général de l’Uruguay auprès de l’Empire du Brésil. Le 7 décembre 1854, le Suprême Conseil et Grand Orient du Brésil le charge de fonder un Suprême Conseil du Rite Écossais Ancien et Accepté en Uruguay et le reconnaît comme souverain grand commandeur.
De l’installation à la reconnaissance
Le 24 juin 1855, jour de la Saint-Jean, le Suprême Conseil est installé avec, entre autres, Bruno Más de Ayala, Florentino Castellanos, José Ellauri, Juan Buggeln et Francisco Lecocq ; Salvador Tort en est le premier lieutenant grand commandeur. L’année 1856 est décisive : le 17 juillet 1856, le Grand Orient du Brésil reconnaît le Suprême Conseil et Grand Orient de l’Uruguay comme puissance indépendante et régulière, et le 17 septembre, une « tenue suprême » le déclare formellement constitué. Un règlement de Grande Loge centrale du rite est adopté la même année.
Une puissance rayonnante

Dès le 1er avril 1856, le nouveau Suprême Conseil délivre une patente à la loge « Unión del Plata » de Buenos Aires, premier jalon du futur Suprême Conseil et Grand Orient de la République argentine, qu’il reconnaît en 1857. Il patentera plus tard des loges paraguayennes, à l’origine du Grand Orient du Paraguay en 1895. En 1857, lors de l’épidémie de fièvre jaune qui frappe Montevideo, il crée une Société philanthropique.
Une longue postérité
La maçonnerie uruguayenne se dote d’un code fondamental en 1864, obtient la personnalité juridique le 11 mai 1882 sous la conduite de Carlos de Castro, traverse scissions et périodes de sommeil, puis voit, en 1931, le Suprême Conseil confier au Grand Orient l’administration des trois premiers degrés. Une réunification intervient en 1940 sous le nom de « Masonería del Uruguay ». Le Suprême Conseil uruguayen du 33e degré revendique toujours la date de 1855 comme celle de sa création.
Une date à préciser
Les sources n’attribuent pas toutes la même date à la fondation : 1855 pour l’installation du Suprême Conseil, 1856 pour sa reconnaissance par le Brésil et sa constitution formelle, date que retiennent la plupart des chronologies, dont la liste des Suprêmes Conseils d’Amérique latine dressée par le Suprême Conseil de Bolivie.
Repères chronologiques
- 1831 : constitution de la loge « Asilo de la Virtud » à Montevideo.
- 1839-1851 : Guerra Grande et fermeture de nombreuses loges.
- 7 décembre 1854 : mandat brésilien confié à Gabriel Pérez.
- 24 juin 1855 : installation du Suprême Conseil.
- 17 juillet 1856 : reconnaissance par le Grand Orient du Brésil.
- 17 septembre 1856 : constitution formelle en « tenue suprême ».
- 1940 : réunification de la maçonnerie uruguayenne.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Suprême Conseil, Grand Orient, Patente.

