Fondation de l’Emulation Lodge of Improvement à Londres, 2 octobre 1823 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le 2 octobre 1823 se réunit pour la première fois à Londres l’Emulation Lodge of Improvement, une loge d’instruction réservée aux maîtres maçons. Fondée sous l’autorité de la Lodge of Hope n° 7, elle se donne pour mission de transmettre fidèlement le rituel fixé après l’union de 1813 entre Anciens et Modernes. Sous l’impulsion de Peter Gilkes, elle devient la gardienne d’une manière de travailler les trois grades symboliques qui prendra son nom : le rituel Émulation, aujourd’hui le plus pratiqué en Angleterre et largement diffusé dans le monde, y compris en France.

Date : 2 octobre 1823
Lieu : Londres, Royaume-Uni

Après l’union de 1813 : fixer le rituel

Fondation de l’Emulation Lodge of Improvement à Londres, 2 octobre 1823
Source : Wikimedia Commons – Stephen Craven – CC BY-SA 2.0

Le 27 décembre 1813, les deux Grandes Loges rivales d’Angleterre, les Anciens et les Modernes, s’unissent pour former la Grande Loge unie d’Angleterre. Il faut alors harmoniser des pratiques rituelles divergentes. Une Lodge of Reconciliation, composée à parts égales de frères issus des deux traditions, est constituée début décembre 1813 pour arrêter puis démontrer le nouveau rituel. Elle cesse ses travaux en juin 1816, une fois ce rituel approuvé.

Faute de texte imprimé officiel, la transmission repose sur la mémoire et l’enseignement oral. Des loges d’instruction prennent le relais, comme la Stability Lodge of Instruction, active dès 1817, animée par d’anciens membres de la loge de Réconciliation.

La fondation de 1823

L’Emulation Lodge of Improvement est fondée en octobre 1823 et tient sa première réunion le 2 octobre 1823, sous la sanction de la Lodge of Hope n° 7, devenue en 1832 la Royal York Lodge of Perseverance. Beaucoup de ses fondateurs viennent des loges d’instruction Burlington et Perseverance. Son originalité est d’être réservée aux maîtres maçons, et de viser le perfectionnement plutôt que l’apprentissage.

Au départ, l’enseignement passe surtout par les Lectures, ces catéchismes par questions et réponses qui expliquent les grades. Vers les années 1830, la démonstration complète des cérémonies prend progressivement le pas, sans qu’une date précise puisse être fixée.

Peter Gilkes, l’âme d’Emulation

Né à Londres en 1765, Peter William Gilkes tient une petite boutique avant de se consacrer presque entièrement à l’enseignement du rituel. Il assiste dès la première réunion, devient membre en mai 1825 et prend la tête du comité. Il donne à la loge son principe fondateur : corriger les erreurs avant qu’elles ne deviennent l’usage. À sa mort, le 11 décembre 1833, ses élèves lui font élever une plaque commémorative dans l’église St James de Londres.

Gilkes, qui enseignait gratuitement le rituel chaque jour et refusa toute charge en Grande Loge, avait reçu de ses élèves dès 1822 un bijou de passé maître serti de diamants. Il aurait présidé dix loges et assista à quatre-vingt-cinq tenues de la Percy Lodge entre 1817 et 1833.

Un rite ou une manière de travailler ?

On présente parfois Emulation comme un rite créé en 1823 et limité à trois degrés. Il s’agit plutôt d’une manière de travailler le rituel anglais des trois grades symboliques, Apprenti, Compagnon et Maître, sous l’autorité de la Grande Loge unie d’Angleterre, laquelle reconnaît aussi l’Arche royale comme complément. Aucune loge anglaise n’est tenue de l’adopter, mais il fait figure de référence depuis plus d’un siècle.

Institutions et indépendance

En 1830, de nouvelles règles menacent les loges d’instruction dépourvues de parrain. Le Grand Maître ayant refusé une licence spéciale, Emulation obtient la sanction de la Lodge of Unions, qui demeure sa loge de rattachement. Elle est gouvernée par un comité élu, et ses procès-verbaux antérieurs à 1859 ont disparu dans un incendie.

Postérité et mémoire

Le rituel Émulation s’est diffusé dans tout le Commonwealth et au-delà. En France, il est notamment pratiqué par des loges de plusieurs obédiences sous le nom de Rite Émulation. En 2023, son bicentenaire a été largement célébré dans le monde maçonnique anglophone.

Repères chronologiques

  • 27 décembre 1813 : union des Anciens et des Modernes.
  • Décembre 1813 – juin 1816 : travaux de la Lodge of Reconciliation.
  • 1817 : Stability Lodge of Instruction.
  • 2 octobre 1823 : première réunion de l’Emulation Lodge of Improvement.
  • Mai 1825 : Peter Gilkes membre et chef du comité.
  • 11 décembre 1833 : mort de Peter Gilkes.
  • 2023 : bicentenaire du rituel Émulation.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Rite émulation (Rite maçonnique).

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