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En 1796, alors que les anciens Pays-Bas autrichiens viennent d’être annexés à la République française, Nicolas-Jean Rouppe devient membre de la loge bruxelloise Les Vrais Amis de l’Union, selon la chronologie Kronobase. Ancien sous-diacre carme passé à la Révolution, commissaire du Directoire, il deviendra en 1830 le premier bourgmestre de Bruxelles après l’indépendance belge. Son parcours maçonnique, qui le mène ensuite parmi les fondateurs des Amis philanthropes, éclaire le rôle des loges dans la formation des élites libérales belges, de la période française à la fondation de l’Université libre de Bruxelles.
Date : 1796
Lieu : Bruxelles, Belgique
Le contexte : Bruxelles devenue française

Après la victoire de Fleurus en juin 1794, les armées françaises occupent les Pays-Bas autrichiens, annexés à la République le 1er octobre 1795. Bruxelles devient le chef-lieu du département de la Dyle. La maçonnerie locale sort d’une période difficile : l’édit de Joseph II de décembre 1785 avait restreint le nombre de loges dans les provinces belges, puis la Révolution brabançonne et l’occupation avaient dispersé de nombreux frères. Plusieurs membres des loges bruxelloises figurent d’ailleurs sur les listes d’émigrés dressées en 1796.
La loge : Les Vrais Amis de l’Union
Les Vrais Amis de l’Union ont été fondés à Bruxelles le 29 avril 1782 par Pierre-Paul-Serge Passenaud, marchand chapelier né à Narbonne, qui en dirige les travaux de 1782 à 1786 puis de 1791 à 1793. Issue de la loge L’Union, rattachée d’abord au Grand Orient de France puis plus tard au Grand Orient des Pays-Bas, elle dispose dès 1783 d’un chapitre de hauts grades. On y croise des avocats au Conseil souverain de Brabant et même, en 1790, Henri van der Noot, chef de la Révolution brabançonne.
L’homme : Nicolas-Jean Rouppe
Né à Rotterdam (les sources hésitent entre 1768 et 1769), Rouppe entre chez les carmes et devient sous-diacre. Gagné aux idées des Lumières, il rompt avec l’Église au moment de l’arrivée des Français : à Louvain, il fait scandale en brisant le crucifix qui ornait depuis des siècles l’entrée de l’hôtel de ville. Rallié au nouveau régime, il est commissaire municipal à Louvain puis commissaire du Directoire auprès du département de la Dyle ; le 21 janvier 1797, il préside à la célébration de l’anniversaire de l’exécution de Louis XVI.
1796 : l’entrée en loge

La chronologie Kronobase situe en 1796 l’entrée de Rouppe aux Vrais Amis de l’Union ; le jour et les modalités exactes (initiation ou affiliation) ne sont pas précisés dans les sources consultées. Le lien avec cet atelier est cohérent avec la suite : deux ans plus tard, Rouppe figure parmi les seize fondateurs des Amis philanthropes, aux côtés de onze officiers et fonctionnaires militaires français et de quatre bourgeois bruxellois. Le premier Vénérable élu de cette nouvelle loge est précisément Passenaud, l’ancien chef des Vrais Amis de l’Union.
Les Amis philanthropes, nés en 1798 d’une loge militaire attachée à la 66e demi-brigade, deviennent l’une des loges les plus influentes de Belgique. Les listes de francs-maçons belges y rattachent d’ailleurs principalement Rouppe.
La portée : de la loge à l’hôtel de ville
Vers 1800, Rouppe devient maire de Bruxelles ; c’est à ce titre qu’il accueille Bonaparte au château de Laeken le 21 juillet 1803. Tombé en disgrâce pour avoir protesté contre une détention arbitraire, il est exilé, puis nommé inspecteur de la prison de Vilvorde. Sous le régime hollandais, il rejoint l’opposition libérale. Après la révolution de 1830, il est élu bourgmestre le 22 octobre 1830, siège au Congrès national puis à la Chambre, et reçoit Léopold Ier à Laeken le 21 juillet 1831. Il participe aussi à la création de l’Université libre de Bruxelles en 1834, projet porté par Pierre-Théodore Verhaegen et soutenu par les Amis philanthropes.
Postérité et mémoire
Rouppe meurt à Bruxelles le 3 août 1838, encore en fonction, et repose au cimetière de Laeken. La place Rouppe, dans le centre de Bruxelles, inaugurée en 1841, porte son nom. Quant aux Vrais Amis de l’Union, ils fusionnent en 1854 avec Les Amis du Progrès pour former Les Vrais Amis de l’Union et du Progrès réunis, loge cofondatrice du Grand Orient de Belgique, où passeront Charles Buls, Charles De Coster ou Henri Vieuxtemps.
Repères chronologiques
- 29 avril 1782 : fondation des Vrais Amis de l’Union à Bruxelles.
- Décembre 1785 : édit de Joseph II encadrant la franc-maçonnerie.
- 1er octobre 1795 : annexion des provinces belges à la France.
- 1796 : Rouppe rejoint les Vrais Amis de l’Union (selon Kronobase).
- 1798 : fondation des Amis philanthropes, dont Rouppe est l’un des seize fondateurs.
- 22 octobre 1830 : Rouppe élu bourgmestre de Bruxelles.
- 1854 : fusion avec Les Amis du Progrès.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Maître de loge ou Maître en chaire, Affiliation, Sautoir de Vénérable Maître, Henri van der Noot (Personnalité).

