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En 1743, la Grande Loge d’Écosse, fondée sept ans plus tôt, adopte à son tour la pratique des patentes itinérantes et constitue une loge au sein du 55e régiment d’infanterie britannique. Suivant l’exemple de l’Irlande, pionnière dès 1732, elle permet ainsi à des militaires de tenir loge partout où leur unité stationne. Ces loges de régiment accompagneront les armées britanniques en Amérique, en Inde et jusqu’aux antipodes, et joueront un rôle majeur dans la diffusion mondiale de la franc-maçonnerie. Kronobase évoque une loge de sous-officiers, détail non confirmé.
Date : 1743
Lieu : Écosse, Royaume-Uni
Une invention irlandaise

La première loge itinérante connue est irlandaise : en 1732, la Grande Loge d’Irlande délivre une patente « ambulatoire » au 1er régiment d’infanterie, futur Royal Scots, pour son premier bataillon. Le principe est simple : la patente n’est pas attachée à une ville mais à une unité, et la loge se réunit là où le régiment est cantonné. L’idée se révèle bien adaptée à une armée britannique sans cesse en mouvement.
La patente écossaise de 1743
La Grande Loge d’Écosse, constituée le 30 novembre 1736, adopte cette pratique en 1743 en délivrant une patente itinérante au 55e régiment d’infanterie. Une liste établie par les historiens des loges militaires mentionne une loge écossaise ouverte en 1743 dans le 55th Foot, avec une patente locale ultérieure en 1762. La numérotation des régiments britanniques ayant changé plusieurs fois au XVIIIe siècle, l’identification exacte de l’unité de 1743 reste délicate.
Qui pouvait être reçu ?
Kronobase parle d’une loge de sous-officiers. Les sources consultées ne le confirment pas. Elles rappellent que l’adhésion aux loges militaires était en général réservée aux membres du régiment, avec l’accord du chef de corps, et que les règlements anglais interdisaient d’initier des militaires d’un rang inférieur à celui de caporal, sauf comme frères servants ou par dispense, règles souvent contournées.
Des loges qui font le tour du monde
En 1755, on compte 29 loges militaires, dont cinq écossaises et les autres irlandaises. En 1813, les registres en dénombrent 141 anglaises, 190 irlandaises et 21 écossaises. Au total, plus de quatre cents loges ont voyagé ou été autorisées à voyager, dont une trentaine écossaises. Elles suivent les troupes en Amérique du Nord, aux Antilles, en Inde, en Australie, et contribuent à la naissance de loges civiles et de Grandes Loges locales.
Portée : l’armée, vecteur de la maçonnerie

Les loges de régiment ont semé la maçonnerie dans des territoires où aucune loge civile n’existait. En Amérique, une loge du 1er régiment reçoit une dispense à Albany et devient la loge Mount Vernon n° 3 ; les loges militaires stationnées à New York en 1781 participent à l’histoire de la Grande Loge de New York. En Australie, une loge militaire aide à fonder une loge à Sydney, par laquelle la première loge néo-zélandaise reçoit sa patente en 1842.
Postérité
La disparition progressive des loges régimentaires au XIXe et au XXe siècle n’efface pas leur héritage. Plus aucune loge militaire ne figure au registre de la Grande Loge Unie d’Angleterre, et la loge St Patrick’s n° 295 est citée comme la dernière loge militaire irlandaise. La Grande Loge d’Écosse, très implantée dans l’armée dès ses débuts, garde de cette histoire un fort réseau de loges hors d’Écosse.
Repères chronologiques
- 1732 : première patente itinérante irlandaise, au 1er régiment d’infanterie.
- 30 novembre 1736 : fondation de la Grande Loge d’Écosse.
- 1743 : patente écossaise au 55e régiment d’infanterie.
- 1755 : 29 loges militaires recensées.
- 1762 : patente locale pour la loge du 55e régiment.
- 1813 : 141 loges militaires anglaises, 190 irlandaises, 21 écossaises.
- 1842 : première loge néo-zélandaise, issue d’une filiation militaire.
Le saviez-vous ?
Avant même les loges de régiment, la maçonnerie britannique s’était implantée outre-mer par des loges fixes, comme celles de Gibraltar (1728) ou de Calcutta (1730). Ouvertes aux colons et aux civils, plusieurs d’entre elles contribuèrent ensuite à la fondation de Grandes Loges souveraines locales.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Patente, Frère servant, Grande Loge.

