Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?

Le 28 décembre 1599, au palais de Holyroodhouse, William Schaw, maître des travaux du roi Jacques VI, signe un second ensemble de statuts. Rédigé après les revendications présentées par Archibald Barclay au nom de la loge de Kilwinning, en Ayrshire, le texte classe Édimbourg première loge d’Écosse, Kilwinning deuxième et Stirling troisième, et confie à Kilwinning l’autorité sur les maçons de l’ouest du royaume. Il prévoit aussi un secrétaire, des épreuves sur « l’art de la mémoire » et des droits d’admission. Ces seconds statuts éclairent la naissance d’un réseau de loges et nourrissent encore la légende de Kilwinning.
Date : 28 décembre 1599
Lieu : Palais de Holyroodhouse, Édimbourg, Écosse, Royaume-Uni
Une suite aux statuts de 1598

Un an plus tôt, le 28 décembre 1598, Schaw avait promulgué des règles générales pour tous les maçons d’Écosse. La loge de Kilwinning, en Ayrshire, qui revendiquait une ancienneté particulière, n’y avait pas été associée et s’en était offusquée. Son représentant, Archibald Barclay, vint à Édimbourg les 27 et 28 décembre 1599 pour défendre ses droits. Le roi étant absent et seuls les maîtres d’Édimbourg étant présents, aucune décision définitive ne fut prise sur la préséance réclamée par Kilwinning ; Schaw édicta néanmoins un nouveau code.
Une hiérarchie des loges
Le texte établit un ordre entre trois loges. Édimbourg est déclarée première et principale loge d’Écosse, Kilwinning deuxième et Stirling troisième. Kilwinning reçoit cependant une responsabilité régionale : son surveillant et son diacre ont autorité sur les maçons de l’ouest, notamment à Glasgow, dans le Clydesdale, à Ayr et dans le Carrick, et peuvent convoquer les autres surveillants et diacres de ce ressort. Ce compromis ménage les prétentions de Kilwinning sans lui accorder la primauté.
Ce que prévoient les articles
Les statuts prévoient l’élection d’un notaire chargé de rédiger et signer les contrats d’apprentissage et autres actes du métier, ce qui fait de lui le secrétaire de la loge. Les surveillants répondent devant les presbytères des fautes de leurs maçons, une partie des amendes va à des usages pieux, des contrôles annuels sont organisés et les désobéissants peuvent être exclus. Les droits d’entrée sont fixés : dix livres et des gants pour un compagnon, six livres pour un apprenti, de quoi financer un banquet.
Un article frappe les historiens : apprentis et compagnons doivent être éprouvés sur « l’art de la mémoire » et la science du métier, sous peine d’amende. Cette mention est souvent rapprochée de la culture humaniste de Schaw et de l’importance de la transmission orale dans les loges. Enfin, il est interdit de travailler ou de frayer avec des cowans, maçons non reconnus.
Le document et sa conservation

Schaw signe en tant que maître des travaux et surveillant général. Le texte de 1599 a été conservé dans les archives des comtes d’Eglinton, en Ayrshire, et figure dans les Memorials of the Montgomeries, ouvrage que le 13e comte d’Eglinton offrit à la Grande Loge d’Écosse en 1861. Une transcription en a été publiée par David Murray Lyon.
Kilwinning, mère loge d’Écosse
La hiérarchie de 1599 n’a pas éteint la rivalité : selon les sources, Kilwinning, froissée de n’avoir pas été associée aux statuts de 1598, s’est tenue à l’écart du dispositif de Schaw. Son prestige n’en a pas souffert. Le nom de Kilwinning apparaît dans d’anciens catéchismes écossais, comme le manuscrit d’Edinburgh Register House de 1696, où le candidat déclare appartenir à la loge de Kilwinning, et la loge est aujourd’hui connue sous le nom de Mother Kilwinning, la « mère loge ».
Repères chronologiques
- 28 décembre 1598 : premiers statuts Schaw.
- Juillet 1599 : premier procès-verbal conservé de la loge d’Édimbourg.
- 27-28 décembre 1599 : Archibald Barclay défend à Édimbourg les droits de Kilwinning.
- 28 décembre 1599 : seconds statuts Schaw, signés à Holyroodhouse.
- 18 avril 1602 : mort de William Schaw.
- 1696 : manuscrit d’Edinburgh Register House, qui cite la loge de Kilwinning.
- 1861 : les Memorials of the Montgomeries offerts à la Grande Loge d’Écosse.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Mother Lodge Museum, Kilwinning (Musée maçonnique), Surveillants, Secrétaire.

