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Grégoire Nicolas Wyrouboff, né à Moscou en 1843 et mort à Paris en décembre 1913, est un chimiste, cristallographe et philosophe positiviste français d’origine russe, naturalisé en 1887. Disciple d’Auguste Comte, cofondateur avec Émile Littré de la revue La Philosophie positive, il occupe à partir de 1903 la chaire d’histoire générale des sciences au Collège de France. Il est reçu franc-maçon à la loge La Clémente Amitié, du Grand Orient de France, en même temps que Jules Ferry et Littré.
De Moscou au positivisme

Élève en médecine et en philosophie à l’université de Moscou, Grégoire Wyrouboff découvre le positivisme grâce aux conférences de littérature française données au lycée de Saint-Pétersbourg par Edmond Pommier. En 1865, il vient en France suivre les cours d’Auguste Comte.
Il y rencontre Émile Littré, dont il devient le collaborateur. Ensemble, ils fondent en 1867 la revue La Philosophie positive, qui paraît jusqu’en 1883 et diffuse un positivisme scientifique et laïque. Pendant la guerre de 1870, il se porte volontaire pour soigner les blessés, ce qui lui vaut la Légion d’honneur à titre militaire en 1873.
Un cristallographe de premier plan
Son premier travail, sur les substances colorantes de la fluorine, paraît en 1866. Wyrouboff consacre ensuite ses recherches aux formes cristallines, à la structure des cristaux et à leurs propriétés physiques, en cherchant le lien entre composition chimique et forme cristalline.
Vers 1879, il discute la loi de Mitscherlich et propose une reformulation de la notion d’isomorphisme. Il étudie aussi longuement la polarisation rotatoire de la lumière par les cristaux et publie un Manuel pratique de cristallographie (1889).
Au Collège de France
Disposant d’un laboratoire personnel prêté par la Sorbonne, il est nommé en 1903 à la chaire d’histoire générale des sciences du Collège de France, qu’il occupe jusqu’à sa mort. Les historiens des sciences ont relevé l’évolution de sa pensée vers un positivisme à coloration religieuse. Il a également dirigé une édition en dix volumes des œuvres d’Alexandre Herzen.
Une initiation aux côtés de Ferry et Littré
Grégoire Wyrouboff est reçu franc-maçon à la loge La Clémente Amitié, du Grand Orient de France, à l’Orient de Paris. Il est initié en même temps que Jules Ferry et Émile Littré, lors d’une même cérémonie présidée par le vénérable de la loge.
Cette réception commune, restée célèbre, scelle le rapprochement entre les positivistes républicains et le Grand Orient de France, au moment où l’obédience s’engage dans la défense de la laïcité et de la science.
Principales œuvres
- La Science vis-à-vis de la religion, 1865
- Auguste Comte et Stuart Mill, 1866
- La Philosophie positive (revue, avec Émile Littré), 1867-1883
- Manuel pratique de cristallographie, 1889
- La Chimie des terres rares, 1900
- Calculs cristallographiques
Un savant positiviste dans la maçonnerie républicaine
Moins connu que ses deux compagnons d’initiation, Grégoire Wyrouboff incarne l’alliance entre le positivisme scientifique et la franc-maçonnerie républicaine des débuts de la IIIe République. Sa réception à La Clémente Amitié, aux côtés de Ferry et de Littré, est l’un des épisodes emblématiques de cette période où le Grand Orient de France s’ouvrait largement aux hommes de science et de libre pensée.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Grégoire Wyrouboff.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Haine de la laïcité (antimaçonnisme).

