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Joseph Paul Oswald Wirth, né le 5 août 1860 à Brienz, en Suisse, et mort le 9 mars 1943 à Mouterre-sur-Blourde, dans la Vienne, est un occultiste et un franc-maçon dont l’influence sur la pensée maçonnique française a été considérable. Secrétaire et ami de Stanislas de Guaita, dessinateur d’un tarot célèbre, membre de la Grande Loge de France, il a fondé en 1912 la revue Le Symbolisme et signé une série de manuels toujours lus par les apprentis, compagnons et maîtres.
Auprès de Stanislas de Guaita

Né dans le canton de Berne, Oswald Wirth s’installe en France, où il devient le secrétaire, l’ami et le collaborateur de Stanislas de Guaita. Auprès de lui, il se forme à la kabbale, à la métaphysique et au style littéraire, et reste à ses côtés jusqu’à sa mort en 1897.
Il fréquente aussi la Société des Philalèthes et les milieux martinistes. Ses souvenirs de ces années sont réunis dans L’Occultisme vécu (1935). Jules Romains s’en est inspiré pour le personnage du franc-maçon Lengnau dans Les Hommes de bonne volonté.
Le tarot de Wirth
En 1887, Guaita lui demande de dessiner un tarot pour l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, fondé avec Papus et Augustin Chaboseau. Un premier essai laisse les membres insatisfaits ; le tarot définitif paraît en 1889. En 1926, Wirth publie un second jeu, dit tarot de Wirth, régulièrement réédité depuis.
Ces travaux nourrissent une série d’ouvrages consacrés aux arcanes, du Tarot des imagiers du Moyen Âge (1927) à l’Introduction à l’étude du Tarot (1931).
Un parcours en loge
Oswald Wirth est initié le 28 janvier 1884 à la loge La Bienfaisance Châlonnaise, du Grand Orient de France. De retour à Paris, il s’affilie à la loge Les Amis Triomphants, puis rejoint en 1889 Le Travail et les Vrais Amis Fidèles, de la Grande Loge symbolique écossaise, dont il est plusieurs fois vénérable maître.
Lorsque cet atelier rejoint la Grande Loge de France, vraisemblablement à la fin de 1898, Wirth en devient l’un des membres les plus en vue. Il s’attache à défendre une lecture symbolique et initiatique de la maçonnerie, à une époque où les débats politiques occupaient une large place dans les loges.
Le Symbolisme et les manuels

Son œuvre maçonnique majeure est la trilogie La Franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, composée de L’Apprenti (1893), Le Compagnon (1912) et Le Maître (1922), qui commente pas à pas les symboles de chaque degré.
En 1912, il fonde la revue Le Symbolisme, instrument de son magistère sur la symbolique maçonnique, qui lui survivra jusqu’en 1971. Il y publie notamment ses réflexions sur l’idéal initiatique et la régularité, reprises dans Qui est régulier ? (1938).
Principales œuvres
- Le Livre de Thot, 1889
- L’Apprenti, 1893
- Le Symbolisme hermétique dans ses rapports avec l’alchimie et la franc-maçonnerie, 1910
- Le Compagnon, 1912
- Le Maître, 1922
- L’Idéal initiatique, 1923
- Le Tarot des imagiers du Moyen Âge, 1927
- Les Mystères de l’art royal, 1932
- L’Occultisme vécu, 1935
- Qui est régulier ?, 1938
Le maître du symbolisme maçonnique
Oswald Wirth a profondément marqué la franc-maçonnerie française du XXe siècle, en particulier au sein de la Grande Loge de France. Par ses manuels des trois degrés et par sa revue, il a imposé une approche symbolique, ésotérique et initiatique de l’Ordre, qui demeure une référence pour des générations de francs-maçons et reste au cœur de la formation dans de nombreuses loges.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Oswald Wirth.
Voir aussi dans le glossaire : Symbolisme, Apprenti, Compagnon, Maître.

