Jean Servier (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Jean Henri Servier naît à Constantine, en Algérie, et meurt à Saint-Christol, dans l’Hérault. Ethnologue et historien, professeur à la faculté des lettres de Montpellier, il est un spécialiste reconnu de la civilisation berbère et un historien des idées attentif à l’utopie et à l’ésotérisme. Franc-maçon de la Grande Loge nationale française, membre de la loge « Les Forges d’Hiram », il dirige le Dictionnaire critique de l’ésotérisme.

Un ethnologue des Berbères

Professeur d’ethnologie et de sociologie à la faculté des lettres et sciences humaines de Montpellier, Jean Servier consacre une large part de sa carrière à la civilisation berbère, qu’il étudie sur le terrain de 1949 à 1955. Ses ouvrages, des Portes de l’année aux Berbères, font de lui l’un des spécialistes reconnus du domaine.

Présent à Arris, dans les Aurès, lors de la Toussaint rouge, il porte secours à Guy et Jacqueline Monnerot, blessés lors de l’attaque de leur autocar dans les gorges de Tighanimine. Il s’engage ensuite pour la défense de l’Algérie française, engagement dont témoignent plusieurs livres des années 1950.

Un historien des idées et du sacré

Au-delà de l’ethnologie, ses travaux portent sur l’histoire des idées, l’utopie, l’ésotérisme et l’Antiquité méditerranéenne. Son Histoire de l’utopie et L’Homme et l’Invisible s’inscrivent dans une réflexion sur la place du symbolique et du sacré dans les sociétés. À la fin de sa vie, il étudie les traditions orales d’Israël.

Un franc-maçon traditionaliste

Ésotériste et franc-maçon, Jean Servier est membre de la Grande Loge nationale française, à la loge « Les Forges d’Hiram », titre qu’il donne aussi à l’un de ses livres, Les Forges d’Hiram ou la Genèse de l’Occident. Critique de la dérive rationaliste et politique de la franc-maçonnerie française contemporaine, il défend une conception traditionnelle et spiritualiste de l’Ordre.

En 1973, il tente avec Gilbert Durand de refonder à Chambéry une loge traditionnelle, « Les Trois Mortiers », ancien atelier dont avait été membre Joseph de Maistre. Il est également membre du Suprême Conseil martiniste, aux côtés de Robert Amadou et de Serge Hutin, et dirige le Dictionnaire critique de l’ésotérisme.

Principales œuvres

  • Dans l’Aurès sur les pas des rebelles, 1955
  • Adieu djebels, 1958
  • Les Portes de l’année, 1962
  • L’Homme et l’Invisible, 1964
  • Histoire de l’utopie, 1967
  • Les Forges d’Hiram ou la Genèse de l’Occident, 1976
  • Le Terrorisme, 1979
  • Les Berbères, 1990
  • Dictionnaire critique de l’ésotérisme (direction)

Une voix de la maçonnerie spiritualiste

Dans l’histoire de la franc-maçonnerie française du XXe siècle, Jean Servier représente le courant traditionaliste et spiritualiste, attaché au symbolisme et à l’héritage savoyard de Joseph de Maistre, en opposition à une maçonnerie jugée trop politique. Par ses livres et par son rôle dans l’étude savante de l’ésotérisme, il a contribué à donner une légitimité universitaire à la réflexion sur l’initiation.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jean Servier.

Voir aussi dans le glossaire : Ésotérisme, Initiation, Symbolisme.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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