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Jean-Baptiste Pierre Saurine, dit Jean-Pierre Saurine, naît à Eysus, en Béarn, et meurt en 1813 à Soultz-Haut-Rhin alors qu’il est évêque de Strasbourg. Curé d’Eysus, député du clergé aux États généraux, évêque constitutionnel des Landes, conventionnel modéré puis évêque concordataire, il est aussi un franc-maçon actif : initié à Bayonne, membre des « Amis intimes » à Paris, Chevalier Rose-Croix et député du Grand Orient de France.
Un curé béarnais aux États généraux

Ordonné prêtre à Oloron, Saurine devient curé d’Eysus, son village natal. Favorable aux idées nouvelles, il est élu député du clergé du Béarn aux États généraux. Membre actif du club des Jacobins, il participe aux débats sur la constitution civile du clergé.
Après avoir prêté serment, il est élu évêque constitutionnel des Landes, avec siège à Dax, et sacré à Paris par Gobel. Un bref pontifical déclare son élection nulle et sa consécration sacrilège.
Un conventionnel modéré
Élu député des Landes à la Convention, Saurine se range parmi les modérés. Il vote contre la mort de Louis XVI, en faveur d’une détention jusqu’à la paix, et s’oppose à l’arrestation des Girondins. Menacé d’arrestation, il échappe à la prison, retrouve la Convention le 18 frimaire an III puis est réélu au Conseil des Cinq-Cents en vendémiaire an IV.
Reconstruire l’Église constitutionnelle

Proche de l’abbé Grégoire, il est l’un des principaux artisans de la reconstruction de l’Église constitutionnelle après la Terreur : il appartient dès la fin de 1794 au groupe des « évêques réunis à Paris », participe aux conciles nationaux de 1797 et 1801 et prend part à la rédaction des Annales de la religion, élaborées à son domicile parisien.
Il accepte le Concordat de 1801, renonce à son épiscopat constitutionnel et devient évêque concordataire de Strasbourg, fonction qu’il exerce jusqu’à sa mort. Accusé de partialité envers les prêtres assermentés, il bénéficie de la faveur de Napoléon.
Un évêque franc-maçon et Rose-Croix
Saurine est initié dans une loge de Bayonne. En 1781, il est membre de la loge et du chapitre de Rose-Croix des « Amis intimes », à Paris. Député du Grand Orient de France, il porte le grade de Chevalier Rose-Croix.
Membre du Grand Chapitre général de France créé en 1784, il participe à la rédaction des statuts et règlements de cet organe fédérateur des hauts grades maçonniques en France. En 1808, il rejoint l’ordre du Temple de Bernard-Raymond Fabré-Palaprat.
Un pont entre l’Église et les loges
Jean-Baptiste Pierre Saurine incarne une figure aujourd’hui étonnante mais caractéristique de la fin du XVIIIe siècle : celle d’un prélat engagé à la fois dans la réforme de l’Église et dans la vie des loges. Sa participation à l’organisation des hauts grades du Grand Chapitre général de France lui assure une place réelle dans l’histoire institutionnelle du Rite français et de la maçonnerie des chapitres.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jean-Baptiste Pierre Saurine.
Voir aussi dans le glossaire : Hauts Grades Supérieurs au troisième degré.

