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Georges Mathias, dit Paraf-Javal, naît à Paris le 31 octobre 1858 et meurt à Montluçon le 13 mars 1941. Inspecteur de la navigation, professeur de sciences, graveur et écrivain, il passe du socialisme à l’anarchisme individualiste au moment de l’affaire Dreyfus et devient l’un des animateurs du mouvement libertaire aux côtés d’Albert Libertad. Franc-maçon, il est vénérable de la loge La Montagne de la Grande Loge de France avant de fonder sa propre obédience en 1935.
De l’affaire Dreyfus à l’anarchisme

Georges Mathias, qui signe Paraf-Javal et, à partir de 1899, Péji, entre en politique pendant l’affaire Dreyfus. D’abord proche du socialisme, il évolue vers l’anarchisme individualiste. Il exerce les métiers d’inspecteur de la navigation, de professeur de sciences et de graveur.
Un militant libertaire et pédagogue
En 1900, il se lie avec Albert Libertad et anime avec lui des « causeries populaires » bimensuelles. En 1902, il participe à la Société pour la création et le développement d’un milieu libre en France, qui soutient la colonie libertaire de La Clairière de Vaux, et à la fondation de la Ligue antimilitariste.
Il collabore à de nombreux titres libertaires, dirige brièvement L’Anarchie, fondé en 1905 par Libertad, puis fonde en 1907, après leur brouille, le Groupe d’études scientifiques avec Maurice Duflou. Il rédige aussi des cours d’arithmétique en espagnol pour l’École moderne de Francisco Ferrer. Après la Première Guerre mondiale, il tient à Paris la librairie de son fils aîné, mort au front.
Vénérable de La Montagne
Paraf-Javal est initié à la loge parisienne La Montagne, de la Grande Loge de France ; la date de son initiation n’est pas précisée par les sources consultées. Il en devient vénérable maître en 1930. La notice de la Bibliothèque nationale de France mentionne également sa qualité de franc-maçon.
En 1935, il rompt avec son obédience et fonde la Grande Loge de la fraternité universelle. Ce geste prolonge, sur le terrain maçonnique, l’esprit de libre examen qui traverse toute son œuvre.
Principales œuvres
- Libre examen, 1901
- L’Absurdité de la politique, 1902
- La Substance universelle, 1903
- L’Absurdité de la propriété, 1906
- Les Faux Droits de l’homme et les vrais, 1907
- La Morale transformiste, 1909
- La Légende détruite, 1929
- Le Vrai Communisme et le faux, 1935
Un libre penseur entre anarchie et loge
Paraf-Javal témoigne de la porosité, au début du XXe siècle, entre milieux libertaires, libre-pensée et franc-maçonnerie. Vénérable d’une loge de la Grande Loge de France puis fondateur d’une obédience dissidente, il a porté en loge l’exigence de raison et d’autonomie qui caractérise son engagement anarchiste.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Paraf-Javal.
Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître.

