Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?

Né le 10 décembre 1775 au hameau de La Conchette, près de Barcelonnette, dans la vallée de l’Ubaye, et mort le 20 août 1827 à Maisons-Laffitte, Jacques-Antoine Manuel est un avocat et homme politique libéral français. Soldat de l’armée d’Italie, avocat à Aix puis à Paris, député sous la Restauration, il reste célèbre pour son expulsion manu militari de la Chambre en 1823. Il avait été initié en franc-maçonnerie à la loge Saint-Jean d’Écosse de Marseille.
De la vallée de l’Ubaye à l’armée d’Italie

Issu d’une famille de magistrats de la vallée de l’Ubaye, Jacques-Antoine Manuel est placé chez les Doctrinaires de Nîmes et interrompt ses études à quatorze ans. En 1793, il s’engage dans l’armée révolutionnaire, sert dans l’armée d’Italie où il devient officier et combat au pont d’Arcole sous Bonaparte. Blessé, il revient à la vie civile et travaille un temps en Italie comme marchand chez un parent.
Un avocat au barreau d’Aix puis de Paris
Devenu avocat, il plaide d’abord à Digne, puis obtient en 1798 un poste auprès de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, où il est élu au conseil de l’Ordre en 1811. Il s’installe ensuite à Paris pour y poursuivre sa carrière d’avocat.
Une voix libérale sous la Restauration
Élu député des Basses-Alpes en 1815, il ne remplit pas alors les conditions du suffrage censitaire et n’est rendu éligible que grâce à une vente simulée organisée par le banquier Jacques Laffitte. Défenseur des acquis de la Révolution, il plaide pour la succession de Napoléon II. Réélu en 1818 dans le Finistère et la Vendée, puis en Vendée en 1820 et 1823, il siège parmi les libéraux.
En 1823, un discours sur l’expédition d’Espagne lui vaut d’être exclu de la Chambre. Revenu le lendemain en déclarant qu’il ne céderait qu’à la violence, il est expulsé de force par la gendarmerie. Victor Hugo évoque l’épisode dans Les Châtiments. Il n’est plus réélu après cette date.
Initié à Marseille

Selon l’article Wikipédia qui lui est consacré, Jacques-Antoine Manuel était franc-maçon, initié à la loge Saint-Jean d’Écosse de Marseille. Les sources consultées ne précisent ni la date de son initiation ni d’éventuelles fonctions au sein de la loge.
Des funérailles devenues manifestation
Ses obsèques réunissent plusieurs dizaines de milliers de personnes ; le discours prononcé par Auguste de Schonen vaut des poursuites à l’éditeur et à l’imprimeur. Il repose au cimetière du Père-Lachaise, près de Béranger. Une médaille gravée par Jacques-Édouard Gatteaux, offerte en 1820 par ses électeurs, le représente avec ses collègues Esgonnière et Perreau.
Un libéral franc-maçon face à la Restauration
Jacques-Antoine Manuel incarne ces libéraux de la Restauration, souvent passés par les loges, qui défendirent l’héritage de la Révolution face au retour de l’ultracisme. Son expulsion spectaculaire de la Chambre et l’immense cortège de ses funérailles en firent un symbole de la résistance parlementaire, dont la mémoire fut entretenue dans les milieux libéraux et maçonniques.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jacques-Antoine Manuel.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Initiation.

