Augustin Le Goazre de Kervélégan (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Augustin Bernard François Le Goazre de Kervélégan (1748-1825), né à Quimper et mort au manoir de Toulgoat, à Penhars, est un avocat devenu parlementaire de la Révolution et de l’Empire. Sénéchal et maire de Quimper, député du tiers aux États généraux, conventionnel girondin, puis membre des conseils du Directoire et du Corps législatif, il fut aussi vénérable de la loge quimpéroise L’Heureuse Maçonne, qu’il défendit face à l’évêque de Cornouaille.

Un magistrat quimpérois

Augustin Le Goazre de Kervélégan – portrait
Source : Wikimedia Commons – unknow (Bibliothèque nationale) – Public domain

Reçu avocat du roi au présidial de Quimper en 1768, Kervélégan devient en 1774, avec dispense d’âge, sénéchal et maire de la ville ; il est aussi élu député aux États de Bretagne. En 1788, il défend les intérêts du tiers état contre le parlement de Rennes, jusqu’à Versailles.

Des États généraux à la Convention

En 1789, la sénéchaussée de Quimper l’élit représentant du tiers aux États généraux ; il prête le serment du Jeu de Paume le 20 juin et devient secrétaire de l’Assemblée constituante en avril 1790.

Élu à la Convention par le Finistère en 1792, il siège parmi les Girondins et entre au Comité de sûreté générale. Lors du procès de Louis XVI, il vote pour la détention et le bannissement. Membre de la Commission des Douze, il est décrété d’arrestation après le 2 juin 1793, puis déclaré « traître à la patrie » le 28 juillet.

Le « vétéran de la Révolution »

Les poursuites sont levées le 8 décembre 1794 et il réintègre la Convention en mars 1795. De nouveau membre du Comité de sûreté générale, il défend l’Assemblée lors de l’insurrection du 1er prairial an III.

Il siège ensuite au Conseil des Anciens, puis au Conseil des Cinq-Cents en 1799, et sous l’Empire au Corps législatif pour le Finistère, jusqu’à la chute du régime. Une thèse de Nicolas Buanic l’a qualifié de « vétéran de la Révolution ».

Vénérable de L’Heureuse Maçonne

Kervélégan est vénérable de la loge L’Heureuse Maçonne, à Quimper. Il l’est notamment au moment de son affrontement avec l’évêque de Cornouaille, Mgr Conen de Saint-Luc, qui avait dénoncé les francs-maçons comme des « gens sans mœurs, sans scrupule ».

Kervélégan cite le prélat à comparaître, et l’affaire remonte jusqu’au Conseil du roi. Les sources consultées ne précisent ni la date de son initiation ni son obédience de rattachement.

Un témoin de la maçonnerie bretonne des Lumières

Kervélégan illustre le profil des notables de province qui, à la fin de l’Ancien Régime, ont uni sociabilité maçonnique et engagement public. Son procès contre l’évêque de Cornouaille témoigne de l’assurance des loges bretonnes face aux autorités religieuses à la veille de la Révolution.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Augustin Le Goazre de Kervélégan.

Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître, Loge Bleue ou Loge Symbolique., Lumières (trois).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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