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Jules Le Gall naît le 13 décembre 1881 à Brest et meurt en juin 1944 au camp de Buchenwald. Chaudronnier à l’Arsenal, cofondateur de la Bourse du travail de Brest, militant syndicaliste, anarchiste et pacifiste, il est aussi un franc-maçon très engagé du Grand Orient de France, vénérable de la loge Les Amis de Sully. Arrêté en 1941 pour avoir refusé de livrer la liste des francs-maçons brestois, il meurt en déportation.
Un ouvrier de l’Arsenal

Fils d’Eugène Le Gall et d’Émeline Charpentier, il entre dans la vie active comme chaudronnier à l’Arsenal de Brest, où il travaille avec Victor Pengam. En 1903, tous deux fondent l’un des premiers groupes de jeunesse syndicale. Il participe ensuite à la création de la Bourse du travail de Brest, dont il est secrétaire, et représente la CGT au congrès confédéral de Bourges.
Anarchiste et pacifiste
Pacifiste et internationaliste, il défend le droit d’asile des anarchistes espagnols Durruti et Ascaso, accueille à Brest Nestor Makhno, participe aux mobilisations pour Sacco et Vanzetti et rejoint les rangs républicains pendant la guerre d’Espagne, aux côtés de Louis Lecoin et Sébastien Faure.
Vénérable des Amis de Sully
Initié au Grand Orient de France dans la loge brestoise « Les Amis de Sully », atelier engagé dans l’action sociale et proche des milieux libertaires et libres penseurs, il participe assidûment aux travaux, présente des exposés sur l’anarchisme, la laïcité et le symbolisme, et occupe plusieurs offices. Élu vénérable maître, il exerce la charge pendant neuf ans, de 1930 à 1939 selon le site Mémoires des résistants de Brest.
La loge soutient son projet de Maison du peuple, pour lequel il lance une souscription en 1920. Il rapproche Les Amis de Sully de la loge « L’Heureuse Rencontre » ; les deux ateliers fondent un Club philosophique qui acquiert un immeuble pour offrir un temple commun aux francs-maçons de Brest, et soutiennent en 1935 les familles des grévistes tués.
Arrêté pour n’avoir rien livré
Dénoncé comme franc-maçon sous l’Occupation, il est arrêté le 24 juillet 1941 et refuse de livrer la liste des francs-maçons de Brest. Incarcéré à la prison des Rochettes, près de Nantes, puis transféré à Compiègne, il est déporté à Buchenwald en janvier 1944 et y meurt en juin 1944. En 2008, la ville de Brest donne son nom à un jardin, dont la plaque rappelle ses engagements d’anarchiste et de franc-maçon.
Un martyr de la maçonnerie ouvrière
Jules Le Gall incarne la maçonnerie ouvrière et libertaire du Grand Orient de l’entre-deux-guerres, ancrée dans les luttes sociales d’une ville arsenal. Son refus de livrer ses frères à l’occupant, payé de sa vie, en fait l’une des figures de la persécution antimaçonnique en France et un symbole de fidélité au secret maçonnique.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jules Le Gall.
Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître, Temple.

