Arthur Giry (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Arthur Giry, né à Trévoux le 29 février 1848 et mort à Paris le 13 novembre 1899, est un historien français, archiviste paléographe, professeur de diplomatique à l’École des chartes et auteur d’un Manuel de diplomatique resté classique. Expert en écritures lors de l’affaire Dreyfus, il attribua le bordereau à Esterhazy et participa à la fondation de la Ligue des droits de l’homme. Il était franc-maçon.

Un chartiste médiéviste

Arthur Giry – portrait
Source : Wikimedia Commons – auteur inconnu – Public domain

Jean-Marie Joseph Arthur Giry fait ses études au lycée de Chartres puis entre à l’École des chartes, où l’enseignement de Jules Quicherat l’oriente vers l’histoire médiévale. Il suit aussi les cours de l’École pratique des hautes études dès sa fondation en 1868 et soutient en 1870 une thèse sur le cartulaire de Notre-Dame de Saint-Omer.

Il participe à la guerre de 1870 comme capitaine des gardes mobiles de l’Yonne, puis obtient son diplôme d’archiviste paléographe et une licence en droit en 1875.

Le maître de la diplomatique

Archiviste aux Archives nationales en 1873, il enseigne à l’EPHE à partir de 1874, est secrétaire de l’École des chartes de 1878 à 1885 et succède en 1885 à Louis de Mas Latrie comme professeur de diplomatique. Membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, il publie en 1894 un Manuel de diplomatique qui fait autorité.

Ses travaux sur Saint-Omer, Saint-Quentin, les derniers Carolingiens et les actes de Charles le Chauve, achevés après sa mort, en font l’un des grands médiévistes de son temps.

L’expert de l’affaire Dreyfus

En 1898, à la demande d’Émile Zola, il expertise le bordereau et conclut à l’innocence de Dreyfus et à la ressemblance de l’écriture avec celle d’Esterhazy. Dans Le Siècle, il démontre qu’une pièce lue par le général de Pellieux au procès Zola est un faux. En 1899, devant la Cour de cassation, il attribue formellement le bordereau à Esterhazy, puis intervient au procès de Rennes.

Il participe à la création de la Ligue des droits de l’homme et à son premier comité directeur. Il meurt quelques mois plus tard de la fièvre typhoïde contractée à Rennes ; Zola, Reinach et Clemenceau assistent à ses obsèques au cimetière du Montparnasse.

Un savant franc-maçon

L’article de Wikipédia présente Arthur Giry comme franc-maçon, sans préciser sa loge, son obédience ni la date de son initiation. Son engagement s’inscrit dans le milieu des universitaires républicains et laïques qui, au moment de l’affaire Dreyfus, firent de la défense de la vérité et des droits de l’homme un combat de conscience.

Principales œuvres

  • Histoire de la ville de Saint-Omer et de ses institutions, 1877
  • Documents sur les relations de la royauté avec les villes en France de 1180 à 1314, 1885
  • Études sur les origines de la commune de Saint-Quentin, 1887
  • Les Derniers Carolingiens, 1891
  • Manuel de diplomatique, 1894
  • La France et l’Affaire Dreyfus, 1899
  • Recueil des actes de Charles II le Chauve, posthume, 1955

Science et conscience

Arthur Giry illustre la figure du savant engagé de la fin du XIXe siècle : sa rigueur de diplomatiste, mise au service de la vérité dans l’affaire Dreyfus, rejoint l’idéal de libre examen cher à la franc-maçonnerie. Sans rôle connu dans la vie des obédiences, il appartient à la cohorte d’intellectuels maçons qui contribuèrent à la naissance de la Ligue des droits de l’homme.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Arthur Giry.

Voir aussi dans le glossaire : Affaire Dreyfus (antimaçonnisme), Voile.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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