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Ferdinand Flocon naît le 1er novembre 1800 à Paris et meurt le 15 mars 1866 à Lausanne. Journaliste républicain, rédacteur en chef de La Réforme, il entre au gouvernement provisoire en février 1848 puis devient ministre de l’Agriculture et du Commerce. Militant des sociétés secrètes sous la Restauration et la monarchie de Juillet, notamment de la Charbonnerie, il compte parmi les républicains liés à la franc-maçonnerie française, avant de finir sa vie en exil après le coup d’État de 1851.
Un républicain des sociétés secrètes

Fils d’un employé du télégraphe Chappe, Ferdinand Flocon est d’abord enseignant, puis sténographe au Courrier français. Engagé très tôt dans l’opposition libérale à la Restauration, il publie en 1824 un pamphlet, le Dictionnaire de morale jésuitique, ainsi qu’un compte rendu du Salon.
Il appartient à plusieurs sociétés secrètes républicaines, dont la Société des amis du peuple et la Charbonnerie, prend part à la révolution de Juillet en 1830 et collabore au Constitutionnel, puis à La Tribune, en lutte contre le régime de Louis-Philippe.
L’homme de La Réforme
En 1843, il prend la direction de La Réforme avec Eugène Baune et Grandménil, puis en devient le rédacteur en chef ; il en reste seul maître après la mort de Godefroi Cavaignac en 1845. Proche de l’extrême gauche, le journal accueille des signatures comme Proudhon, Bakounine, Engels et Marx.
Traducteur, il publie aussi des Ballades allemandes d’après Bürger (1827) et un roman de mœurs, Ned Wilmore.
Ministre de la Deuxième République
Après la révolution de février 1848, il figure au gouvernement provisoire, d’abord comme secrétaire, puis comme ministre de l’Agriculture et du Commerce. Il réforme les conseils de prud’hommes en y introduisant le paritarisme, tandis que ses projets de colonies agricoles et d’enquête agricole restent sans suite.
Élu représentant de la Seine, il siège à la Montagne. Son soutien à Cavaignac après les journées de Juin le sépare de ses anciens amis, dont Marx, et il perd son portefeuille. Battu en 1849, il dirige à Strasbourg Le Démocrate du Rhin et préside en 1850 l’Association démocratique des amis de la Constitution.
Un lien maçonnique peu documenté

Ferdinand Flocon est classé parmi les personnalités de la franc-maçonnerie française, mais l’article consulté ne détaille ni loge, ni obédience, ni date d’initiation. Il met en revanche en avant son appartenance à plusieurs sociétés secrètes républicaines, dont la Charbonnerie, milieux qui croisaient alors souvent ceux des loges.
Banni après le coup d’État du 2 décembre 1851, il s’installe à Lausanne, où il vit pauvrement de travaux littéraires — dont une traduction de Moleschott, De l’alimentation et du régime (1858) — et refuse de rentrer lors de l’amnistie de 1859. Son corps repose aujourd’hui au Père-Lachaise.
Principales œuvres
- Dictionnaire de morale jésuitique, 1824
- Ballades allemandes, traduction, 1827
- Ned Wilmore, roman
- De l’alimentation et du régime, traduction de Jacob Moleschott, 1858
Un républicain de la génération de 1848
Ferdinand Flocon appartient à cette génération de républicains formés dans les sociétés secrètes de la Restauration, dont les réseaux croisaient ceux des loges. Journaliste de combat puis ministre de 1848, exilé jusqu’à sa mort, il symbolise l’idéal démocratique et social que partageaient nombre de maçons du milieu du XIXe siècle, même si son parcours proprement maçonnique reste mal connu.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Ferdinand Flocon.
Voir aussi dans le glossaire : Revue internationale des sociétés secrètes (antimaçonnisme), Loge Bleue ou Loge Symbolique..

