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Joaquín Delgado, né à Cardona, en Catalogne, en 1934 et exécuté au garrot à Madrid le 17 août 1963, est un militant anarcho-syndicaliste espagnol réfugié en France après la guerre civile. Secrétaire à Grenoble de la Fédération ibérique des jeunesses libertaires, il fut initié au Grand Orient de France dans la loge grenobloise « Les Apprentis éternels ». Son exécution, avec Francisco Granado, reste une erreur judiciaire dénoncée.
Un enfant de l’exil républicain

Né à Cardona, en Catalogne, Joaquín Delgado suit ses parents en exil en France en 1939, après la défaite républicaine. Il exerce successivement les métiers d’ébéniste, de fraiseur, puis de dessinateur de génériques pour la télévision.
Militant libertaire à Grenoble
À Grenoble, il milite au sein de la Fédération ibérique des jeunesses libertaires, dont il devient secrétaire. Il rejoint la section clandestine de Défense intérieure, organisation créée en 1961 au sein du mouvement libertaire pour lutter contre la dictature franquiste.
L’affaire Granado-Delgado
Envoyé à Madrid avec Francisco Granado pour établir des contacts en vue d’un attentat contre Franco, il est arrêté à l’été 1963. Jugé par un tribunal militaire, il est condamné à mort et exécuté au garrot à la prison de Carabanchel le 17 août 1963. Défense intérieure a toujours affirmé que les véritables auteurs des attentats se trouvaient déjà en France.
En 1999, la demande de révision du procès présentée par les familles devant le Tribunal constitutionnel espagnol est rejetée. L’affaire a fait l’objet de livres, d’articles et d’un documentaire.
Un initié des Apprentis éternels
Joaquín Delgado est initié à la franc-maçonnerie au sein du Grand Orient de France, dans la loge « Les Apprentis éternels », à l’Orient de Grenoble. L’article ne précise ni la date de son initiation ni d’éventuelles fonctions en loge. Parmi les ouvrages cités figure celui de Léo Campion, Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas, consacré aux liens entre anarchisme et franc-maçonnerie.
Entre drapeau noir et équerre
Joaquín Delgado appartient à cette lignée de militants libertaires qui trouvèrent dans la loge un espace de fraternité et de liberté de pensée. Réfugié accueilli par la maçonnerie française et victime de la répression franquiste, il rappelle les liens étroits entre le Grand Orient de France et l’exil républicain espagnol, ainsi que la longue persécution de la franc-maçonnerie dans l’Espagne de Franco.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Joaquín Delgado.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Loge Bleue ou Loge Symbolique., Léo Campion (Auteur).

