Gaston Crémieux (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Louis Gaston Isaac Crémieux, né à Nîmes le 22 juin 1836 et fusillé à Marseille le 30 novembre 1871, est un avocat, journaliste et poète qui prit la tête de la Commune de Marseille en mars 1871. Initié au Grand Orient de France dans la loge marseillaise « La Réunion des Amis choisis », dont il devint vénérable en 1867, il incarne la figure du maçon républicain engagé jusqu’au sacrifice.

De Nîmes au barreau de Marseille

Gaston Crémieux – portrait
Source : Wikimedia Commons – Eugène Appert – Public domain

Fils d’Abraham Crémieux, négociant en indiennes, et d’Alexandrine Rachel Vidal, Gaston Crémieux cofonde à Nîmes en 1857 la revue littéraire L’Avenir, bientôt interdite. En 1862, il quitte le barreau de Nîmes pour celui de Marseille, où il ouvre un cabinet.

Il se distingue par son engagement social : en 1865, il participe aux secours lors de l’épidémie de choléra et à la création de cours publics du soir pour adultes ; en 1867, il rédige un cahier de doléances des ouvriers marseillais et conseille leurs associations.

Le chef de la Commune de Marseille

En 1869, il soutient l’élection de Gambetta et fonde le journal L’Égalité. Acteur du soulèvement marseillais du 4 septembre 1870, il devient délégué de la Ligue du Midi. En mars 1871, il dirige la seconde Commune de Marseille aux côtés notamment de Clovis Hugues et d’Émile Bouchet ; le mouvement est écrasé par le général Espivent au bout d’une quinzaine de jours.

Arrêté, détenu au fort Saint-Nicolas, au château d’If puis à la prison Saint-Pierre, il est condamné à mort par un conseil de guerre et sa grâce est refusée. Il est fusillé au jardin du Pharo à 7 heures du matin : refusant le bandeau, il commande lui-même le feu en criant « Vive la République ».

Vénérable des Amis choisis

Gaston Crémieux
Source : Wikimedia Commons – Appert, Ernest Charles (Châteauroux, 10–09–1831 – en 1890), photographe – CC0

Gaston Crémieux est initié au Grand Orient de France dans la loge « La Réunion des Amis choisis », à Marseille, en 1862 selon l’article (en septembre 1862 d’après une note ; une autre source avance 1864). Il devient maître le 21 janvier 1863, puis vénérable en 1867. En 1865, il est l’un des dix commissaires du comité central d’initiative des loges marseillaises.

Partisan résolu de la liberté absolue de conscience, il aurait initié Gambetta dans la loge « La Réforme ». Après son exécution, les loges des Amis choisis et de la Parfaite Union portent le deuil de leur ancien vénérable, alors que le président du conseil de l’Ordre du Grand Orient avait condamné les Communes de Marseille et de Paris ; l’obédience revendiquera l’héritage de la Commune à partir de 1880.

Principales œuvres

  • La Cavalcade, Gandins et cocottes, Les Voix du peuple, 1868
  • Robespierre, monologue en vers, 1869
  • Impressions d’un condamné à mort, 1871
  • Rimes de prison, 1871
  • Avant les mauvais jours, 1871
  • Le Neuf Thermidor, drame en vers inachevé, 1871
  • Œuvres posthumes, 1882

Un martyr de la République maçonnique

Gaston Crémieux occupe une place emblématique dans la mémoire du Grand Orient de France : vénérable désavoué par les instances de l’obédience au moment de la Commune, il fut ensuite honoré comme un martyr de l’idéal républicain et laïque. Son destin résume les déchirements de la maçonnerie française en 1871 et le tournant qui l’amena, sous la Troisième République, à revendiquer l’héritage des communards.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Gaston Crémieux.

Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître, Initiation, Liberté de conscience (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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