Constant Chevillon (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Constant Chevillon, de son nom de naissance Martin Constant Chevillon, né à Annoire (Jura) le 26 octobre 1880 et assassiné par la Milice française en mars 1944 près de Lyon, est un franc-maçon et occultiste français. Employé de banque lyonnais et philosophe de formation, successeur de Jean Bricaud, il est grand maître du Rite de Memphis-Misraïm et de l’Ordre martiniste, et patriarche de l’Église gnostique. Il laisse plusieurs ouvrages, dont Le Vrai Visage de la franc-maçonnerie.

Un Jurassien formé à la philosophie

Constant Chevillon – portrait
Source : Wikimedia Commons – Auteur inconnu, sujet décédé depuis plus de 75 ans. – Public domain

Enfant, Constant Chevillon apprend le latin auprès d’un prêtre, qui remarque sa mémoire exceptionnelle. À douze ans, il entre au collège de Montciel, près de Lons-le-Saunier, où il étudie les lettres, l’histoire ancienne, les classiques et la philosophie. Il poursuit ses études à la faculté des lettres de Lyon, où il suit l’enseignement du philosophe Arthur Hennequin, et quitte l’université après la mort de ce dernier. Il fait sienne une maxime qui résume son éthique : « Renonce à toi-même en servant les autres ».

Il fait ensuite carrière dans la banque : employé de la Société générale à Lyon jusqu’en 1913, puis de la Banque nationale de crédit, toujours à Lyon, jusqu’à sa mort.

Dans la filiation de Papus

Chevillon s’inscrit dans la lignée initiatique lyonnaise issue de Gérard Encausse, dit Papus. Teder (Henri-Charles Détré) avait succédé à Papus à la tête du Rite égyptien en France ; Jean Bricaud prend ensuite la relève, et Chevillon lui succède après sa mort, le 21 février 1934. Membre d’une fraternité rosicrucienne, il s’oppose aussi bien à l’AMORC qu’à la FUDOSI.

Grand maître de Memphis-Misraïm

Chevillon devient grand maître du Rite de Memphis-Misraïm, le rite maçonnique dit égyptien, ainsi que de l’Ordre martiniste. Il dirige plusieurs sociétés initiatiques, dont la FUDOFSI, Fédération universelle des ordres, fraternités et sociétés initiatiques, constituée pour défendre les ordres lyonnais restés à l’écart de la FUDOSI et vivement opposée à l’AMORC de Harvey Spencer Lewis. Il maintient ses fonctions pendant l’Occupation, alors que la franc-maçonnerie est interdite et persécutée par le régime de Vichy.

Il est également patriarche de l’Église gnostique, ayant été consacré évêque le 5 janvier 1936 par Louis-Marie François Giraud, fondateur de l’Église catholique apostolique et gallicane ; son disciple René Chambellant lui succède à ce patriarcat. Certaines sources le mentionnent aussi comme membre du « Mouvement synarchique d’empire ».

Un auteur de la tradition initiatique

Ses livres, publiés pour la plupart à Lyon chez Derain, interrogent la nature de l’initiation et de la tradition. Orient ou Occident ? (1926) aborde le dialogue des traditions ; Le Vrai Visage de la franc-maçonnerie (1939) propose une lecture spirituelle de l’Ordre ; Du néant à l’être (1943) et Et verbum caro factum est (1944) prolongent sa réflexion métaphysique, tandis que La Tradition universelle (1946) et Méditations initiatiques (1953) paraissent après sa mort.

Victime de la Milice

En mars 1944, Constant Chevillon est assassiné par la Milice française à Lyon, dans des circonstances qui s’apparentent à une exécution d’otage ; les sources datent sa mort du 25 mars, parfois du 23. Son corps est retrouvé au bord d’une route à Saint-Fons. Il repose dans l’ancien cimetière de Francheville, et une rue d’Annoire, son village natal, porte son nom. En 1980, un volume d’hommage, Constant Chevillon (1880-1944). Philosophe et martyr, introduit par Philippe Encausse, rassemble sa vie et son œuvre.

Principales œuvres

  • Orient ou Occident ?, 1926
  • Réflexions sur le temple social, 1936
  • Le Vrai Visage de la franc-maçonnerie, 1939
  • Du néant à l’être, 1943
  • Et verbum caro factum est, 1944
  • La Tradition universelle, 1946
  • Méditations initiatiques, 1953

Un martyr des rites égyptiens

Constant Chevillon occupe une place majeure dans l’histoire de Memphis-Misraïm et du martinisme en France : héritier de la lignée de Papus, auteur de textes encore réédités, il a maintenu la transmission initiatique dans la clandestinité et l’a payé de sa vie. Les obédiences de tradition égyptienne, comme les ordres martinistes, le comptent parmi leurs grandes figures.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Constant Chevillon.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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