Alphonse Chautemps (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Alphonse Chautemps, né le 18 octobre 1860 à Valleiry (Haute-Savoie) et mort le 24 avril 1944 au château du Coudray, à Saint-Jean-Saint-Germain (Indre-et-Loire), est un avocat, magistrat et homme politique radical. Frère d’Émile Chautemps et oncle de Félix et de Camille Chautemps, il est député d’Indre-et-Loire de 1902 à 1919, puis sénateur de 1920 à la fin de la Troisième République. Il est actif en franc-maçonnerie au sein de la loge Les Enfants de Rabelais, à Chinon.

Un Savoyard dans la magistrature

Alphonse Chautemps – portrait
Source : Wikimedia Commons – Henri Manuel – Public domain

Après des études de droit à Paris, Alphonse Chautemps devient docteur en droit en 1881 et s’inscrit comme avocat au barreau de Saint-Julien-en-Genevois. En 1885, il entre dans la magistrature comme substitut du procureur à Largentière (Ardèche).

Il est nommé procureur de la République au Blanc (Indre) en 1890, puis à Tours en 1899. Lorsqu’il entre au Parlement, en 1902, il reçoit le titre de président honoraire du tribunal de Tours.

L’entrée en politique

En 1897, il se présente à une élection législative partielle au Blanc. Sa profession de foi affirme qu’il ne soutiendra qu’un gouvernement qui « plantera résolument son drapeau au milieu du parti républicain ». Battu par 8 059 voix contre 3 549, il est désormais mal vu de sa hiérarchie.

Adhérent du Parti républicain, radical et radical-socialiste dès sa fondation, il est élu député d’Indre-et-Loire en 1902, dans la circonscription de Loches, au premier tour, puis réélu en 1906, 1910 et 1914. Inscrit au groupe de la gauche radicale, il siège notamment dans les commissions de la réforme judiciaire, de l’armée, puis de l’administration générale, des cultes et de la décentralisation ; il intervient en 1913 sur la fréquentation scolaire et la défense de l’école laïque.

À la Chambre, il dépose en 1906 une proposition de résolution relative à l’ordre des avocats, siège à la commission des usages industriels de l’alcool et intervient à plusieurs reprises, en 1910 et 1911, sur le budget des postes et télégraphes. Selon le Dictionnaire des parlementaires français, il ne monte plus à la tribune pendant la législature de guerre, de 1914 à 1919.

Vingt ans au Sénat

En 1919, il ne se représente pas et cède son siège à son neveu Camille Chautemps, futur président du Conseil. Il est élu sénateur d’Indre-et-Loire le 11 janvier 1920, puis réélu en 1924 et lors du renouvellement de 1933. Membre du groupe de la gauche démocratique, il siège aux commissions de l’administration générale, de la législation civile et criminelle et des colonies.

Il intervient sur le régime des loyers, les pensions ou la loi de finances, rapporte en 1925 un texte sur les lettres anonymes et dépose dans les années 1930 plusieurs propositions de loi sur le marché du blé. Le 10 juillet 1940, il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, puis se retire en Indre-et-Loire, où il meurt en 1944.

Au Palais du Luxembourg, il s’intéresse particulièrement aux questions agricoles et administratives : il intervient en 1923 sur l’attribution de la Légion d’honneur aux maires et adjoints, propose en 1929 de modifier les articles du Code civil relatifs à l’acte de naissance produit pour le mariage, donne en 1931 l’avis de sa commission sur le crédit agricole destiné au reboisement et participe en 1936 au débat sur la création de l’Office national du blé.

Une dynastie radicale

Alphonse Chautemps appartient à une véritable famille parlementaire : son frère aîné Émile fut député, sénateur et ministre, et ses neveux Félix et Camille furent eux aussi des personnalités radicales. Un pamphlet d’André Gaucher, Une grande famille parlementaire : les Chautemps, est consacré à ce clan politique ; selon Wikipédia, il fut diffusé en Savoie lors d’une campagne électorale que Félix Chautemps dénonça comme diffamatoire.

Le frère des Enfants de Rabelais

Alphonse Chautemps est actif dans la franc-maçonnerie, membre de la loge Les Enfants de Rabelais à Chinon, selon l’Encyclopédie de la franc-maçonnerie dirigée par Éric Saunier, citée par Wikipédia. Les sources consultées ne précisent ni la date de son initiation ni ses grades ou responsabilités en loge.

Un notable radical en loge

Son parcours illustre l’étroite imbrication entre le radicalisme, la défense de l’école laïque et la franc-maçonnerie sous la Troisième République. Magistrat devenu parlementaire, il incarne la version tourangelle d’une famille où la loge et le Parlement furent deux lieux complémentaires de l’engagement républicain.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Alphonse Chautemps.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Initiation, Éric Saunier (historien).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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