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Jean Claude Mathias Boutay, dit Mathias Boutay, est un officier français originaire de Sarreguemines, né vers 1794-1795 et tué en Grèce, à Achinos, à l’âge de quarante ans. Soldat de l’Empire puis garde du corps de Charles X, il rejoint en 1826 la cause de l’indépendance grecque et sert comme capitaine dans l’infanterie régulière grecque. Franc-maçon, il est membre fondateur de la loge Les Enfants Adoptifs de Sparte et d’Athènes, créée à Marseille par des philhellènes.
Un soldat de l’Empire

Fils de Jean-Claude Boutay, ancien colonel, et de Madeleine Pierrot, fille d’un négociant en vins, Mathias Boutay s’engage volontairement à seize ans au 100e régiment d’infanterie de ligne. De 1811 à 1813, il fait campagne en Espagne, où il passe de caporal à adjudant sous-officier. Lieutenant lors du blocus de Landau, il y est fait prisonnier.
Après 1815, licencié du 30e de ligne, il entre comme sergent à la légion du Haut-Rhin, redevient adjudant sous-officier, puis passe au 11e de ligne. Il est ensuite nommé sous-lieutenant dans la compagnie de Luxembourg des gardes du corps du roi.
L’engagement philhellène
Le 21 janvier 1826, il embarque à Marseille sur la Nouvelle Adeline à destination de Smyrne, dans l’expédition conduite par Théobald Piscatory. En Grèce, il devient capitaine des grenadiers du 2e bataillon d’infanterie régulière grecque et participe, sous les ordres du colonel Fabvier, au forcement du blocus d’Athènes assiégée.
En 1828, à Nauplie, le général Heideck lui confie le commandement de la compagnie de grenadiers du 2e bataillon ; en 1831, à Patras, il est recommandé au général Gérard pour le commandement du château de Morée. Chevalier de l’ordre du Sauveur, il est tué dans une embuscade de brigands à Achinos, atteint d’une balle au front selon un témoin. Son nom figure sur l’arche de Touret, érigée en 1840 dans l’église de la Transfiguration du Sauveur à Nauplie.
Une loge pour la cause grecque

Mathias Boutay est l’un des membres fondateurs de la loge Les Enfants Adoptifs de Sparte et d’Athènes, créée à Marseille et qui compte dix-huit frères lors de sa première séance, parmi lesquels Louis Blondel. La loge se réunit également en Grèce, où l’on voit apparaître de nouveaux membres proches de Fabvier.
Les sources consultées ne précisent ni l’obédience de rattachement, ni les grades ou offices exercés par Boutay. Son parcours est notamment documenté par le fichier maçonnique dit fichier Bossu.
La franc-maçonnerie au service du philhellénisme
Figure modeste mais révélatrice, Mathias Boutay montre comment la sociabilité maçonnique a accompagné le mouvement philhellène des années 1820. La fondation d’une loge par des volontaires partant combattre pour la liberté grecque traduit l’adhésion d’une partie de la maçonnerie française de la Restauration aux idéaux d’émancipation des peuples, prolongés jusque sur le terrain militaire.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Mathias Boutay.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique..

