Henri Brisson (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Henri Brisson naît à Bourges le 31 juillet 1835 et meurt à Paris le 14 avril 1912. Avocat et journaliste républicain sous le Second Empire, député de la Seine, il préside à plusieurs reprises la Chambre des députés et dirige deux gouvernements, en 1885 et en 1898. Initié dans la loge Saint-Vincent-de-Paul, devenue La Justice, il est l’un des maçons les plus actifs de la fin du Second Empire et l’un des promoteurs de la morale indépendante.

Un journaliste républicain sous l’Empire

Henri Brisson – portrait
Source : Wikimedia Commons – Théodore Truchelut / Félix Théodore Valkman – Public domain

Dès 1854, Henri Brisson cofonde le journal L’Avenir, puis collabore au Phare de la Loire, au Temps et à L’Avenir national. Il publie dans la revue italienne La Ragione des lettres sur le mouvement philosophique français et cofonde en 1868 la Revue politique. Son œuvre est avant tout celle d’un journaliste et polémiste républicain.

De l’Union républicaine à la présidence du Conseil

Adjoint au maire de Paris après le 4 septembre 1870, il est élu député de la Seine, siège à l’extrême gauche et préside l’Union républicaine ; il signe le manifeste des 363. Président de la commission du budget en 1879, il est porté à la présidence de la Chambre des députés en 1881 en remplacement de Gambetta, fonction qu’il retrouve de 1894 à 1898, puis de nouveau au début du XXe siècle.

Il est président du Conseil du 6 avril 1885 au 7 janvier 1886, puis de juin à novembre 1898, en pleine affaire Dreyfus. Candidat malheureux à la présidence de la République à plusieurs reprises, il est battu en 1895 par Félix Faure. Il siège en 1905 au comité exécutif du Parti radical.

Un maçon ardent des années 1860

Henri Brisson
Source : Wikimedia Commons – Henri Brisson, Auguste Stupuy – CC0

Henri Brisson entre en franc-maçonnerie vers 1856. Il est initié dans la loge Saint-Vincent-de-Paul n° 133, de la Grande Loge centrale relevant du Suprême Conseil de France, loge qui prend ensuite le titre de La Justice n° 133 et rejoindra la Grande Loge de France créée en 1894. Orateur réputé, il est l’un des frères les plus actifs jusqu’en 1870, avant que ses responsabilités politiques ne l’éloignent partiellement des travaux.

Il participe à la revue La Morale indépendante, fondée par Alexandre Massol et publiée de 1865 à 1867, organe d’un courant philosophique issu des loges qui entend fonder la morale indépendamment de toute religion révélée. L’article rapporte par ailleurs l’anecdote d’un « signe de détresse » maçonnique fait à la tribune, qu’aucun document ni témoignage n’atteste : elle relève de la légende.

La morale indépendante au cœur de la République

Henri Brisson illustre la génération de républicains formés dans les loges du Second Empire, pour qui la franc-maçonnerie fut à la fois un lieu de réflexion philosophique et un laboratoire politique. Son engagement dans le mouvement de la morale indépendante annonce la laïcisation de la pensée maçonnique française qui marquera les décennies suivantes, et son parcours en fait l’une des figures emblématiques de la République radicale.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Henri Brisson.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Loge Bleue ou Loge Symbolique..

Glossaire de la franc-maçonnerie

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