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Né et mort à Épernay (1693-1762), Valentin-Philippe Bertin du Rocheret, dit « le Président Rocheret », fut avocat au Parlement de Paris, historien, généalogiste et producteur de vin de Champagne. Correspondant de Voltaire, il appartient aux premiers temps de la franc-maçonnerie française : reçu dans la loge du duc d’Aumont, il conserva des archives maçonniques précieuses, dont l’original du célèbre discours de Ramsay.
Un notable champenois

Valentin-Philippe Bertin du Rocheret est le fils d’Adam Bertin, seigneur du Rocheret (1663-1736), négociant d’Épernay exportateur de vins de Champagne, et de Marie Lallement, fille du médecin du roi Louis-Valentin Lallement. Il épouse en premières noces Anne Durand, à Aÿ, puis Élisabeth Corvisart de Vrizy ; il n’a pas d’enfant.
Formé chez les jésuites de Reims sous la protection de l’abbé François Maucroix, il gagne Paris en 1708 pour étudier les belles-lettres, l’histoire et la philosophie, et devient avocat au Parlement de Paris en 1711. Il possède des vignes à Aÿ et produit lui-même du vin de Champagne.
Historien, généalogiste et correspondant de Voltaire
Ambitieux, il sollicite en vain la charge d’historiographe du roi Louis XV, puis, en 1735, un poste auprès de l’ambassadeur de France à Naples. Il se consacre alors à l’érudition : il établit quelque deux mille généalogies et correspond avec l’abbé Bignon, bibliothécaire du roi.
Sa maison d’Épernay accueille de nombreux lettrés, dont Voltaire et Crébillon. Il est membre de l’Académie de Verdun et associé externe de la Société littéraire de Châlons en 1756. Une grande partie de son œuvre, monographies, études et poésies légères, demeure manuscrite de son vivant.
Un témoin des débuts de la maçonnerie française

Bertin du Rocheret est reçu dans la loge du duc d’Aumont, l’une des loges aristocratiques des débuts de la franc-maçonnerie à Paris ; la date de sa réception n’est pas précisée par les sources consultées. Il est également fait chevalier de l’Ordre social de la princesse Auguste de Bade, duchesse d’Orléans.
Son nom reste surtout attaché aux archives maçonniques qu’il a réunies, au premier rang desquelles l’original du discours de Ramsay, texte fondateur de l’imaginaire chevaleresque de la maçonnerie française. Ces documents sont conservés aux bibliothèques municipales d’Épernay et de Châlons-sur-Marne.
Principales œuvres
- Maximes politiques ou la Science des grands princes, 1726
- Lettres de Bertin du Rocheret et de Voltaire, 1732
- Journal des États tenus à Vitry-le-François en 1744, 1744
- Histoire d’Épernay
- Histoire militaire
- Généalogie historique ou chronologique de la Maison de France
- Traité des Hommes et des Dames illustres de son temps
Un archiviste des origines
Lettré provincial et homme de réseau, Bertin du Rocheret occupe une place précieuse dans l’historiographie maçonnique française : grâce aux papiers qu’il a conservés, les historiens disposent de sources de première main sur les loges parisiennes des années 1730 et sur le discours de Ramsay, pièce essentielle pour comprendre la naissance des hauts grades.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Valentin-Philippe Bertin du Rocheret.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Initiation.

