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Alexandre Octave Bérard naît le 3 février 1859 à Lyon et meurt le 20 avril 1923 à Paris. Avocat, député puis sénateur radical de l’Ain, sous-secrétaire d’État aux Postes et Télégraphes de 1902 à 1906, il défend la loi de séparation des Églises et de l’État. Initié en 1882 dans une loge lyonnaise du Grand Orient de France, il devient l’une des autorités de la loge Fraternité bugeysienne d’Ambérieu-en-Bugey.
Un avocat lyonnais

Fils du député Ernest Bérard, Alexandre Bérard étudie chez les chartreux de Lyon, puis obtient en 1882 le doctorat en droit à la faculté de Lyon. Avocat, il est en 1883 attaché au parquet général de Lyon et plaide dans l’affaire de l’anarchiste Antoine Cyvoct.
Du conseil général au Sénat
Conseiller général du canton d’Ambérieu jusqu’à sa mort, il préside le conseil général de l’Ain après la disparition de Joseph Pochon. Élu député de l’Ain en 1893, il siège un temps aux côtés de son père, et il est réélu en 1898, 1902 et 1906.
Sénateur de l’Ain en 1908, réélu en 1912 et en 1921, il est vice-président du Sénat à partir de 1919, fonction renouvelée chaque année jusqu’à sa mort.
Au gouvernement de la séparation
Sous-secrétaire d’État aux Postes et Télégraphes du 10 juin 1902 au 19 octobre 1906, dans les gouvernements Combes, Rouvier et Sarrien, il appartient au gouvernement qui fait adopter la loi de séparation des Églises et de l’État, qu’il défend. Il porte aussi la loi sur les étangs de la Dombes de 1901 et une loi sur la retraite des sapeurs-pompiers.
Au Sénat, il est le principal opposant au droit de vote des femmes, tout en présentant malgré tout un texte qui l’aurait ouvert.
Un maçon du Bugey
Selon l’article Wikipédia, il est initié en 1882 dans une loge lyonnaise du Grand Orient de France, la même année que son père. Il devient ensuite l’une des autorités de la loge d’Ambérieu-en-Bugey, la Fraternité bugeysienne.
Défenseur résolu de la laïcité sur une ligne anticléricale, il s’attache toutefois, fidèle à la constitution de l’ordre maçonnique, à ne jamais stigmatiser les croyants eux-mêmes. Une étude lui a été consacrée sous le titre Alexandre Bérard, radical, franc-maçon.
Principales œuvres
- Les Deux Chambres, leur histoire, leur théorie, 1885
- La Convention, 1889
- L’Invasion arabe dans la Bresse, la Dombes et le Bugey, 1889
- La Criminalité en France, 1890
- La Dépopulation des campagnes, 1891
- Les Vaudois, 1892
- Sur l’anarchie, 1897
- Les Étangs de la Dombes, 1898
- La Bresse et le Bugey historiques et pittoresques, 1906
- À travers le sang vers la liberté, 1918
Un notable radical et franc-maçon
Alexandre Bérard est un exemple accompli de la République radicale et maçonnique : initié jeune au Grand Orient, figure de sa loge locale, il a mené de la Chambre au Sénat une carrière consacrée à la laïcité et à l’œuvre de séparation, tout en se voulant fidèle à la tolérance que prescrivent les constitutions maçonniques.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Alexandre Bérard.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Haine de la laïcité (antimaçonnisme).

