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Écossais né en Fife et mort à Saint-Germain-en-Laye le 6 mai 1743, le chevalier Andrew Michael Ramsay fut disciple de Fénelon, secrétaire de Madame Guyon, précepteur dans de grandes familles et écrivain à succès. Initié à Londres en 1730, il prononce à Paris, en 1736, un discours devenu l’un des textes fondateurs de la franc-maçonnerie française : en rattachant l’Ordre aux chevaliers des croisades, le Discours de Ramsay a nourri l’essor des hauts grades tout au long du XVIIIe siècle.
D’Édimbourg à Cambrai, l’élève de Fénelon

Né à Abbotshall, dans le comté de Fife – en 1686 selon certaines sources, en 1693 selon d’autres –, Andrew Michael Ramsay étudie à l’université d’Édimbourg, devient précepteur dans la famille du comte de Wemyss, puis gagne la Hollande. En août 1710, il arrive à Cambrai pour rencontrer Fénelon. La rencontre est décisive : le jeune presbytérien se convertit au catholicisme et devient l’un des disciples les plus fervents de l’archevêque.
À partir de 1714, il sert de secrétaire à Madame Guyon, figure du quiétisme, à Blois. Il publie ensuite une Histoire de la vie de Fénelon et contribue à faire connaître le Télémaque, qu’il fait précéder d’un Discours sur le poème épique.
Un jacobite dans la société des Lumières
Fidèle à la cause des Stuarts, Ramsay entre au service de grandes maisons françaises : celle du comte de Sassenage, puis, à partir de 1730, celle de La Tour d’Auvergne, ducs de Bouillon. Fait chevalier de l’ordre de Saint-Lazare – d’où son titre de « chevalier » –, il reçoit en 1735 un titre de baronnet du prétendant Jacques François Stuart.
Son roman philosophique Les Voyages de Cyrus (1727) connaît un succès européen. Élu en décembre 1729 à la Royal Society, en même temps que Montesquieu, il devient en 1730 docteur en droit de l’université d’Oxford, distinction rare pour un catholique depuis la Réforme. La même année, il est reçu franc-maçon à Londres, à la loge de la Horn Tavern de Westminster.
Le Discours de 1736, acte de naissance d’un imaginaire
Le discours qu’il prononce à Paris à la fin de 1736, devant une loge où il paraît porter le titre de grand orateur, constitue l’un des textes fondateurs de la franc-maçonnerie française. Il y définit d’abord le dessein de l’Ordre : réunir des hommes de toutes nations dans la philanthropie, la pureté des mœurs, le secret et le goût des sciences et des arts. Il y propose ensuite une généalogie qui fera date : la maçonnerie serait l’héritière des ordres de chevalerie nés au temps des croisades.
Une nouvelle version du texte est préparée au printemps 1737. Ramsay écrit alors au cardinal Fleury, le 20 mars, pour solliciter la bienveillance du pouvoir ; la réponse du ministre est au contraire une interdiction des assemblées maçonniques. Le Discours circule pourtant largement, en manuscrit puis imprimé, et devient une référence.
Les dernières années

Marié en 1735 à Mary Nairne, fille d’un dignitaire jacobite, Ramsay publie la même année une Histoire du vicomte de Turenne. Éprouvé par l’asthme et par la perte de ses enfants, il meurt à Saint-Germain-en-Laye en 1743. Ses Principes philosophiques de la religion naturelle et révélée paraissent à titre posthume en 1749. Aucun portrait authentique de lui ne semble avoir été conservé.
Principaux ouvrages
- Histoire de la vie et des ouvrages de Fénelon, La Haye, 1723
- Les Voyages de Cyrus, avec un Discours sur la mythologie, Paris, 1727
- The Travels of Cyrus, Londres, 1728
- Poems, Édimbourg, 1728
- Histoire du vicomte de Turenne, Paris, 1735
- Discours prononcé en loge, Paris, 1736-1737
- Principes philosophiques de la religion naturelle et révélée, 1749 (posthume)
Le père légendaire des hauts grades
Ramsay n’a jamais fondé de rite ni créé de grade. Mais en donnant à la maçonnerie une ascendance chevaleresque, il a ouvert la voie à l’extraordinaire floraison des hauts grades français entre 1740 et 1780, d’où sortiront notamment les grades templiers et le futur Rite écossais. Son Discours reste aussi l’une des plus belles définitions de l’idéal maçonnique des Lumières : une fraternité universelle, au-delà des nations et des confessions. Trois siècles plus tard, il demeure une lecture obligée pour qui veut comprendre la maçonnerie française.
À lire sur 450.fm : « Que la science vous éclaire ! » : le livre qui éclaire déjà le colloque du Grand Collège des Rites Écossais (GODF), Genèse maçonnique, fin des berceuses, Discours de Ramsay : 290 ans après, le GODF ouvre les commémorations au « 16 Cadet ».
Voir aussi dans le glossaire : Hauts Grades Supérieurs au troisième degré.

