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Né à Aberdeen, en Écosse, vers la fin du XVIIe siècle et mort à Londres le 28 mai 1739, James Anderson est un pasteur presbytérien dont le nom est devenu inséparable de la franc-maçonnerie moderne. Chargé par la Grande Loge de Londres de rédiger l’histoire et les règlements de l’Ordre, il publie en 1723 The Constitutions of the Free-Masons, texte fondateur traduit et réimprimé dans toute l’Europe et en Amérique, puis une seconde édition très augmentée en 1738. Ces « Constitutions d’Anderson » restent la référence de la régularité.
D’Aberdeen à Londres

Fils d’Aberdeen, James Anderson étudie au Marischal College, où il obtient sa maîtrise ès arts, avant de se former à la théologie. Sa date de naissance demeure incertaine : selon les sources, elle se situe vers 1679 ou au début des années 1690. Ordonné pasteur dans l’Église d’Écosse en 1707, il part exercer à Londres auprès des communautés presbytériennes écossaises.
Il y dessert successivement la congrégation de Glass House Street, puis l’église de Swallow Street jusqu’en 1734, enfin la chapelle de Lisle Street jusqu’à sa mort. Lettré, généalogiste passionné, il fréquente les milieux savants de la capitale ; on le rattache au cercle de Jean Théophile Desaguliers, membre de la Royal Society et figure centrale de la Grande Loge naissante. Ruiné en partie par le krach de la Compagnie des mers du Sud en 1720, il connaîtra des difficultés financières jusqu’à la fin de sa vie.
La commande de la Grande Loge
Fondée en 1717 selon le récit traditionnel, la Grande Loge de Londres et de Westminster cherche, au début des années 1720, à se doter d’un corpus de règles. En septembre 1721, Anderson, maître de loge, reçoit mandat de rédiger une histoire de la maçonnerie et de mettre en forme les anciens devoirs (Old Charges) des maçons opératifs. Le texte, examiné par une commission, est approuvé et publié en 1723, Anderson étant alors grand surveillant.
Les Constitutions de 1723
The Constitutions of the Free-Masons comprennent trois parties : une histoire légendaire du métier, qui remonte d’Adam aux bâtisseurs du Temple de Salomon et aux corporations britanniques ; les « Obligations d’un franc-maçon » (Charges) ; enfin les règlements généraux de la Grande Loge. Le nom d’Anderson n’apparaît qu’en appendice.
La première obligation, « Concernant Dieu et la religion », a fait couler beaucoup d’encre : elle n’impose plus aux maçons que la « religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord », laissant à chacun ses opinions particulières. Cette formule de tolérance, adaptée à une Angleterre sortie des guerres de religion, fonde la vocation de la loge comme « centre de l’union ». Benjamin Franklin réimprime l’ouvrage à Philadelphie en 1734 ; des traductions paraissent en allemand (1741), en français (1745) et en néerlandais (1746).
1738 : une seconde édition et d’autres travaux

En 1738, Anderson publie une seconde édition considérablement augmentée, qui développe la partie historique et modifie certains passages, notamment sur la religion. Les historiens ont depuis relevé les libertés qu’il prend avec les faits, en particulier dans son récit de la fondation de la Grande Loge, rédigé vingt ans après les événements.
Parallèlement, il poursuit une œuvre de généalogiste : ses Royal Genealogies (1732) dressent les tables des empereurs et rois depuis Adam, et sa Genealogical History of the House of Yvery reste inachevée à sa mort, puis paraît en 1742.
Principaux ouvrages
- The Constitutions of the Free-Masons, Londres, 1723
- Royal Genealogies, or the Genealogical Tables of Emperors, Kings and Princes, Londres, 1732
- The New Book of Constitutions of the Antient and Honourable Fraternity of Free and Accepted Masons, Londres, 1738
- News from Elysium, 1739
- A Genealogical History of the House of Yvery, Londres, 1742 (posthume)
- Reproduction des Constitutions des francs-maçons ou Constitution d’Anderson de 1723 en anglais et en français, Twickenham, Éd. Maurice Paillard, 1952
Le père d’un texte fondateur
James Anderson n’a pas inventé la franc-maçonnerie, mais il lui a donné sa charte. En compilant les anciens devoirs, en posant le principe d’une fraternité ouverte aux hommes de bonne volonté quelles que soient leurs confessions, et en codifiant le fonctionnement d’une Grande Loge, il a fourni le modèle dont toutes les obédiences se réclament encore, qu’elles en revendiquent la lettre ou qu’elles en discutent l’interprétation. Trois siècles plus tard, les « Constitutions d’Anderson » demeurent la pierre de touche des débats sur la régularité, la laïcité et le rapport de la loge au sacré.
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Voir aussi dans le glossaire : Anderson (James), Anciens Devoirs (Old Charges), Régularité.

