Robert Ambelain (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né à Paris le 2 septembre 1907 et mort dans la même ville le 27 mai 1997, Robert Ambelain est l’une des figures les plus singulières de l’ésotérisme français du XXe siècle. Astrologue, occultiste, historien des sociétés initiatiques, il a dirigé pendant un quart de siècle le Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm et œuvré au réveil de l’Ordre des Élus Coëns. Son œuvre, d’une cinquantaine de titres, va du martinisme à la symbolique des outils, avec un ouvrage phare : Scala philosophorum ou la Symbolique des outils dans l’art royal (1965).

Un autodidacte de l’occulte

Robert Ambelain, ésotériste, maître de Memphis-Misraïm

Robert Ambelain s’intéresse à l’astrologie dès le début des années 1920. Autodidacte, il publie ses premiers travaux dans les années 1930 : Éléments d’astrologie judiciaire (1936), puis les volumes d’un Traité d’astrologie ésotérique chez Adyar-Niclaus à partir de 1937. Ces livres le font connaître dans les milieux occultistes parisiens de l’entre-deux-guerres, où se croisent héritiers de Papus, martinistes et gnostiques.

Très vite, son champ s’élargit : Dans l’ombre des cathédrales (1939) propose une lecture ésotérique de l’architecture et du décor de Notre-Dame de Paris, tandis qu’Adam, dieu rouge (1941) explore l’ésotérisme judéo-chrétien. Il publie ensuite sur la Kabbale, le tarot, la talismanie ou la magie, toujours chez Niclaus, l’éditeur de référence de l’occultisme français de l’époque, sous le nom mystique d’Aurifer.

Le réveil des Élus Coëns et le martinisme

Pendant l’Occupation, alors que les sociétés initiatiques sont interdites, Ambelain s’attache avec Robert Amadou et quelques autres à restaurer l’Ordre des Élus Coëns, héritier de la théurgie de Martinès de Pasqually. Il en devient Souverain Grand Commandeur en 1942 et fonde ensuite un Ordre martiniste des Élus-Cohens, actif jusqu’en 1967.

Ce travail militant se double d’un travail d’historien : Le Martinisme, histoire et doctrine (1946), Le Martinisme contemporain et ses véritables origines (1948) puis Martinez de Pasqually et le Martinisme (1959) contribuent à faire connaître au grand public la filiation de Martinès, de Louis-Claude de Saint-Martin et de Jean-Baptiste Willermoz.

Grand maître de Memphis-Misraïm

Initié dans la loge « La Jérusalem des vallées égyptiennes », relevant du Rite de Memphis-Misraïm, Ambelain dirige ensuite la loge « Alexandrie d’Égypte ». De 1960 à 1985, il est le grand maître mondial de la Grande Loge française du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm, qu’il structure et dote de rituels. Il transmet la grande maîtrise à Gérard Kloppel en 1985.

Ses Cérémonies et rituels de la maçonnerie symbolique (1967, réédité en 1978) fixent la pratique des grades bleus du rite. Ambelain revendique également le réveil, en 1985, d’un Rite écossais primitif, et il est armé Chevalier bienfaisant de la Cité sainte au sein du Rite écossais rectifié. Sa vie initiatique se prolonge enfin dans l’Église gnostique apostolique, dont il est l’un des fondateurs en 1953 et le patriarche à partir de 1958.

Symbolique des outils et histoire des rites

Robert Ambelain – Stella del Santuario Egizio d’Italia

Pour les francs-maçons, le livre le plus lu d’Ambelain reste Scala philosophorum ou la Symbolique des outils dans l’art royal (1965, réédité chez Signatura en 2011). Il y décrit les instruments de la loge – équerre, compas, maillet, ciseau, règle, levier – comme les degrés d’une échelle philosophique, dans une perspective nettement hermétique.

Il revient à l’histoire avec Templiers et Rose-Croix (1955), puis La Franc-maçonnerie oubliée (1985) et La Franc-maçonnerie d’autrefois (1988), consacrés aux rituels et aux grades anciens. Dans les années 1970, il touche un large public chez Robert Laffont avec une trilogie sur les origines chrétiennes, ouverte par Jésus ou le Mortel secret des Templiers (1970), où ses thèses heurtent l’exégèse académique.

Principaux ouvrages

  • Dans l’ombre des cathédrales, Adyar, 1939
  • Adam, dieu rouge. L’ésotérisme judéo-chrétien, Niclaus, 1941
  • La Franc-maçonnerie occultiste et mystique (1643-1943). Le Martinisme, histoire et doctrine, Niclaus, 1946
  • Les Survivances initiatiques. Le martinisme contemporain et ses véritables origines, Destins, 1948
  • Les Survivances initiatiques. Templiers et Rose-Croix, Adyar, 1955
  • Martinez de Pasqually et le Martinisme, 1959
  • L’Alchimie spirituelle, la voie intérieure, La Diffusion scientifique, 1961
  • Scala philosophorum ou la Symbolique des outils dans l’art royal, 1965 (rééd. Signatura, 2011)
  • Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm. Cérémonies et rituels de la maçonnerie symbolique, N. Bussière, 1967
  • Jésus ou le Mortel secret des Templiers, Robert Laffont, 1970
  • La Franc-maçonnerie oubliée, 1985
  • La Franc-maçonnerie d’autrefois, 1988

Un passeur des courants égyptiens et martinistes

Robert Ambelain divise : ses thèses historiques sont souvent discutées, ses filiations parfois contestées. Mais aucun historien de l’illuminisme et des rites dits égyptiens ne peut l’ignorer. Organisateur de Memphis-Misraïm en France, restaurateur des Élus Coëns, auteur de rituels encore pratiqués et d’une symbolique des outils toujours rééditée, il a fait entrer dans la culture maçonnique du XXe siècle tout un pan de la tradition occultiste. Lu avec discernement, il reste une porte d’entrée majeure vers la maçonnerie à orientation hermétique et spiritualiste.

À lire sur 450.fm : EXCLUSIF : Interview de Franco Huard – Grande Loge ANI du Canada, Il était une fois… la pierre brute, Pourquoi des écrivains et des chroniqueurs Francs-maçons écrivent-ils sous pseudo ?.

Voir aussi dans le glossaire : Outils.

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