Xénophobie et antimaçonnisme (antimaçonnisme)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

La xénophobie désigne la peur, le mépris ou la haine de l’étranger, ou de ce qui est perçu comme étranger. Dans l’histoire politique, elle apparaît chaque fois qu’une communauté se croit menacée dans son identité, sa pureté, sa mémoire ou son ordre par des présences considérées comme extérieures. L’étranger n’est plus seulement celui qui vient d’ailleurs. Il devient celui que l’on décrète étranger, même lorsqu’il vit dans la cité, parle la langue, partage les devoirs civiques et appartient à l’histoire commune.

La rencontre de deux peurs

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L’antimaçonnisme rencontre la xénophobie chaque fois que la franc-maçonnerie est présentée comme une puissance étrangère au corps national. Le franc-maçon n’est plus alors un citoyen parmi d’autres, engagé dans une démarche initiatique. Il devient l’homme d’une fidélité suspecte, le relais d’un réseau international, le serviteur d’une influence extérieure, cosmopolite ou apatride. La loge est transformée en enclave. Le Temple devient ambassade d’un ailleurs menaçant.

Cette mécanique rejoint les grandes figures de l’ennemi intérieur. Le Juif, le protestant, l’étranger, le métèque, le franc-maçon, le cosmopolite, le mondialiste sont souvent réunis dans une même dramaturgie de la peur. L’antimaçonnisme xénophobe ne reproche pas seulement aux loges leur secret. Il leur reproche de ne pas être enfermées dans une appartenance exclusive. Il ne supporte pas qu’une fraternité puisse franchir les frontières de la nation, de la langue, de la religion ou de l’origine.

Universalité et déracinement

La xénophobie antimaçonnique confond universalité et déracinement. Elle imagine que celui qui reconnaît l’humanité commune trahit nécessairement sa patrie. Elle oppose enracinement et ouverture comme s’ils étaient incompatibles. Elle ne comprend pas qu’une fidélité profonde à une terre, à une langue, à une mémoire, peut s’accorder avec la reconnaissance de l’autre comme frère en humanité.

Cette confusion est au cœur de nombreux discours nationalistes. Toute appartenance transversale devient suspecte. Toute fraternité qui dépasse la frontière devient trahison. Toute pensée de l’universel devient complot cosmopolite.

La franc-maçonnerie, parce qu’elle parle de chaîne d’union, de fraternité humaine et de dignité commune, est facilement désignée comme ennemie des identités fermées. Le soupçon nationaliste ne lui reproche pas seulement son secret. Il lui reproche d’ouvrir l’horizon.

La réponse maçonnique

La réponse maçonnique tient dans l’universalisme bien compris. Reconnaître l’humanité commune ne signifie pas mépriser les patries, les cultures ou les mémoires. Cela signifie refuser que l’enracinement devienne enfermement, que la fidélité à une nation devienne haine de l’autre, que la différence devienne soupçon. La xénophobie ferme les portes. L’initiation ouvre des passages. Elle rappelle que l’étranger n’est pas d’abord une menace, mais souvent le miroir où notre propre humanité apprend à se reconnaître.

Voir aussi : Ennemi intérieur, Universalisme, Nationalisme, Judéo-maçonnisme, Mondialisme, Maurras, Peuple trahi, Anti-France.

Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme, Yonnel Ghernaouti

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.

Pour aller plus loin

Glossaire de la franc-maçonnerie

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