Il y a des devises qui traversent les siècles comme une lame droite : elles ne brillent pas pour séduire, elles coupent pour éclairer. Esse quam videri, soit Être plutôt que paraître, appartient à cette famille rare. Elle dit, sans emphase, la différence entre le vernis et l’ouvrage, entre l’image et la présence, entre la posture et la tenue intérieure. Or notre époque, saturée de vitrines, de profils, de narrations de soi, rend cette maxime brûlante d’actualité : qu’est-ce qu’un idéal, quand tout pousse à l’affichage ? Qu’est-ce qu’une vertu, quand tout encourage la performance ?

C’est à cette question que viendra se mesurer la conférence publique organisée samedi 7 février 2026, à Paris, en l’hôtel de la Grande Loge de France (GLDF), dans le Temple « Franklin Roosevelt », portée par les Respectables Loges n°978 « Confucius » et n°1464 « Per Ankh – Maison de Vie » (à l’Orient de Paris).

Une chevalerie au présent, et non un musée de vertus
Le thème annoncé, « La Chevalerie, un idéal pour notre temps ? »,ne relève pas de la nostalgie costumée. Il engage une interrogation très concrète : comment tenir dans un monde qui confond souvent visibilité et valeur, réputation et rectitude ? La chevalerie, lorsqu’on la dépouille de ses caricatures, n’est pas d’abord un folklore : c’est un art de l’engagement, une éthique de la parole donnée, une discipline de la protection du faible, du juste, du vrai et une ascèse de la maîtrise de soi.

Le fil rouge de la matinée s’inscrit dans la dynamique d’un ouvrage paru en 2024
Être plutôt que paraître – Esse Quam Videri, signé Fernand Cafiero, Alain Desbrosse et Philippe Cafiero (Éditions Le Compas dans l’œil, coll. « La parole circule »).
Le livre insiste sur une quête initiatique ouverte à tous, initiés ou non, et sur la nécessité de penser la chevalerie au XXIᵉ siècle comme une mission de transmission plutôt que comme un décor.
Quand « être » devient un travail, non une déclaration
On pourrait résumer l’enjeu en une formule : l’être ne se proclame pas, il se façonne. Et c’est là que l’appel à la chevalerie rencontre naturellement la grammaire maçonnique : la vérité d’un homme ne se mesure pas à ses insignes, mais à l’accord patient entre ce qu’il affirme et ce qu’il incarne. L’initié le sait : le temps de l’atelier est le temps du discernement, de la mise à l’épreuve, du réglage intérieur. Le monde contemporain voudrait l’inverse : des preuves immédiates, des émotions rapides, des signes extérieurs. La maxime « Esse quam videri » rappelle que la profondeur n’a pas besoin d’être bruyante.
C’est pourquoi la question posée n’est pas seulement historique ou morale. Elle est spirituelle au sens le plus exigeant : qu’est-ce qui, en nous, consent à l’effort du vrai ? Qu’est-ce qui résiste, quand l’orgueil réclame sa scène ? Qu’est-ce qui demeure, quand l’apparence cherche son triomphe ? En réouvrant le dossier de la chevalerie, nous ne cherchons pas un âge d’or : nous cherchons une méthode de tenue.

Deux voix pour un même chantier : symbolisme et patrimoine
Les intervenants rassemblent deux approches qui se complètent :
- Fernand Cafiero, écrivain et conférencier, habitué des thèmes du symbolisme et de l’ésotérisme ;
- Alain Desbrosse, guide reconnu en histoire et architecture, attentif à leurs prolongements spirituels.
Autrement dit : d’un côté la lecture des signes, de l’autre la lecture des pierres et, entre les deux, une même question : que faisons-nous de l’héritage ? Le transformons-nous en décor, ou en exigence ? La chevalerie peut redevenir une force vivante si elle cesse d’être un récit pour devenir une pratique : courage sans brutalité, droiture sans rigidité, loyauté sans aveuglement, service sans domination.

Une conférence ouverte, et un temps d’échange
La conférence est annoncée ouverte à toutes et à tous ; pour des raisons de sécurité, l’inscription et l’identité des participants sont demandées, et un temps convivial (apéritif) est prévu après la rencontre pour celles et ceux qui le souhaitent.
Dans un siècle d’images, la chevalerie rappelle la dignité du réel ; dans un siècle de masques, elle réapprend la gravité du visage ; dans un siècle d’éclats, elle redonne valeur à la constance. Être plutôt que paraître : ce n’est pas une morale pour temps calme, c’est une boussole pour temps troublé. Et si cette conférence a une promesse, c’est bien celle-ci : remettre l’idéal non sur un piédestal, mais dans nos gestes.

Renseignements pratiques
Date : samedi 7 février 2026 / Horaire : 10 h 30 – 12 h 30
Lieu : en l’hôtel de la Grande Loge de France, Temple « Franklin Roosevelt »
Adresse : 8 rue Louis Puteaux – Paris 17e (métro Rome)
Sécurité / inscription nominative :
Pour des raisons de sécurité, nous vous remercions d’indiquer les noms et prénoms de chaque personne participant à la conférence.

