Le terme « wokisme » (ou « wokeism » en anglais) désigne un mouvement social et culturel axé sur la sensibilisation aux injustices liées à la justice sociale, l’égalité raciale, de genre et environnementale. Il tire son origine de l’expression afro-américaine « stay woke » (« reste éveillé »), popularisée au XIXe siècle aux États-Unis pour alerter sur les discriminations raciales, et qui s’est élargie aux questions d’identité et de privilèges.
Souvent utilisé de manière péjorative par ses critiques, il est associé à des phénomènes comme la « cancel culture » (exclusion sociale pour des propos jugés offensants), l’intersectionnalité (analyse croisée des oppressions) et une remise en question des normes traditionnelles. Des penseurs comme Jean-François Braunstein le décrivent comme une « religion séculière » ou une « secte » imposant des dogmes rigides. D’autres y voient une « panique morale » exagérée par des conservateurs pour discréditer les avancées progressistes.
Existe-t-il un « wokisme maçonnique » ?

La question d’un « wokisme maçonnique » émerge dans des débats récents au sein et autour de la Franc-maçonnerie, particulièrement en France et au Québec, où la maçonnerie est souvent perçue comme une institution progressiste mais traditionnelle. Il n’existe pas de « wokisme maçonnique » en tant que mouvement officiel ou doctrine reconnue par les obédiences maçonniques. Cependant, des discussions et critiques existent, explorant des convergences ou des tensions entre les principes maçonniques (tolérance, égalité, fraternité) et les aspects perçus comme extrêmes du wokisme (comme la cancel culture ou l’identité victimitaire). Ces débats soulignent une fracture : d’un côté, une maçonnerie « progressiste » alignée sur des valeurs inclusives ; de l’autre, une vision plus conservatrice qui rejette le wokisme comme incompatible avec l’universalisme maçonnique.
Points de convergence potentiels

- La Franc-maçonnerie, née au XVIIIe siècle des Lumières, promeut l’égalité et la lutte contre les discriminations, ce qui peut résonner avec le wokisme. Par exemple, des obédiences adogmatiques (comme le Grand Orient du Québec) explorent comment le wokisme pourrait s’aligner sur des principes maçonniques comme la justice sociale et l’égalité spirituelle/morale, tout en divergeant sur l’égalité sociale/économique. Dans un article du Grand Orient du Québec, une « planche » (exposé maçonnique) pose la question : « Le wokisme contient-il des principes contraires aux valeurs maçonniques ? », en soulignant des débats internes sur la cancel culture comme opposée à la tolérance maçonnique.
- Certains observateurs, comme le sociologue Michel Maffesoli, critiquent un « wokisme sociétal et maçonnique » comme une universalisation de particularités (peau, sexe, genre), allant contre l’idéal maçonnique d’unité transcendante. Pourtant, des loges modernes intègrent des thèmes comme la diversité de genre ou l’antiracisme, ce qui pourrait être interprété comme « woke » par des critiques externes.
Points de divergence et critiques

- De nombreux maçons et commentateurs rejettent l’idée d’un wokisme maçonnique, voyant la maçonnerie comme intrinsèquement « anti-woke » dans son aspect conservateur et rituel. La Franc-maçonnerie a un côté traditionnel qui résiste au wokisme, tout en reconnaissant des éléments progressistes. Un webinaire du Comité Laïcité République (lié à des cercles maçonniques) qualifie le wokisme d’« obscurantisme » à combattre, car il imposerait des excès sous couvert d’inclusivité, comparables aux extrêmes droites.
- Sur les réseaux, des satires comme le dessin de Jissey sur 450.fm moquent un « wokisme et Franc-maçonnerie » où « le compas danse le Woke’n’Roll », soulignant l’absurde potentiel d’une fusion entre rituels anciens et idéologies modernes. Des posts sur X critiquent le wokisme en général comme un « totalitarisme » ou une « idéologie immorale », sans lien direct à la maçonnerie, mais impliquant que des institutions traditionnelles comme elle pourraient être infiltrées ou influencées.
Contexte plus large

Ces débats s’inscrivent dans une polarisation plus générale en France, où le wokisme est souvent vu comme importé des États-Unis et critiqué par des intellectuels (comme Marcuse ou l’École de Francfort influençant le postmodernisme). Dans la maçonnerie, qui compte des obédiences libérales et conservatrices, le wokisme n’est pas une doctrine unifiée mais un sujet de « planches » et de réflexions internes. Par exemple, Maffesoli parle d’une « perte de l’idéal maçonnique » liée à des tendances wokistes qui particularisent au lieu d’universaliser.
En résumé, un « wokisme maçonnique » n’existe pas formellement, mais il fait l’objet de débats vifs au sein de la communauté maçonnique, avec des vues équilibrées entre adoption partielle de ses idées progressistes et rejet de ses excès perçus comme contraires à la tolérance et à l’universalisme maçonniques. Ces discussions reflètent des tensions sociétales plus larges, sans consensus clair.

Nous, Franches et Frans Maçon ne sommes-nous les ouvryqui veulent contribuer à faire advenir une humanité meilleure et plus éclairée où nous pourrons. En Frères et Soeurs, jouir des charmes de l’Égalité ? Pour cela notre méthode n’est-elle pas l’écoute pour apprendre et comprendre et non pour répondre et convaincre ?
La société se trouve à un carrefour où s’entrecroisent divers chemins tous ne menant pas vers la lumière, mais plutôt, pour certains, en direction d’un obscurantisme déguisé. Tout en étant pavé de tolérance d’apparence à la surface. Le phénomène « woke » répond sans doute à la montée de l’extrême droite que l’on constate actuellement un peu partout dans nos démocraties. Le fer de lance de ce courant,sous couvert d’ouverture (souvent fictive) semble se réduire à l’appartenance à une minorité socioculturelle ou ethnique. Au nom d’une volonté de reconnaître l’autre on se permet de réviser l’histoire, est tenté de réécrire des livres qui ont façonné l’évolution de la littérature parce qu’un détail de l’époque dérange, ne correspond pas aux canons actuels de la tendance sans même les replacer dans le contexte de l’époque où ils ont été publiés. Les échanges d’opinions divergentes se limitent alors à des débats stériles au sein desquels la contradiction n’a plus sa place. On peut se retrouver facilement traiter de « réac' » fasciste ou n’importe quel mot en « phobe « du moment que l’on émet dès lors un doute, un souhait d’élargir le sujet ou encore n’est pas d’accord avec la totalité du sujet exposé.
Les notions de particularité, liberté, singularité se retrouvent alors galvaudées et se fondent en un courant de pensée unique qui interdit la véritable diversité de s’exprimer comme elle le ressent et faire connaitre sa différence face à l’effet de masse. On utilise alors l’autocensure et la censure à outrance et ne regarde plus l’autre pour ce qu’il est au fond de lui-même, sa beauté d’âme, ses actes ; on préfère le résumer à sa couleur de peau, ethnie, sexe religion courant auquel il ou elle est supposé appartenir ,classe sociale on nie son identité intellectuelle et morale son expérience au profit d’une appartenance d’apparence à un ou des groupes. Nous voilà retombés dans les mêmes travers qui gangrènent nos sociétés où tout se base sur l’apparence et non plus sur l’individu. Réduits, étiquetés, triés, regroupés par communautés, divisés jugés, expulsés : C’est le contraire même des valeurs défendues par la Franc-Maçonnerie qui bien qu’elle rassemble, n’essaie pas d’imposer une pensée. « Si tu diffères de moi Mon Frère, loin de me léser, tu m’enrichis » « “On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux.”Saint-Exupéry.
On est dans de la surenchère de futilités et artifices.
Qui se revendique de “wokisme maçonnique” ? Personne! Il ne s’agit donc que d’une étiquette collée par des opposants à … on ne sait trop quoi.
La tactique est de diaboliser ce qui a été une tendance politico-societale .
Déjà l’appellation “woke” est absurde, utilisée depuis toujours par des mouvements, y compris des sectes, appelant à “se réveiller “… c’est donc vague.
Que désignent ceux qui collent l’étiquette woke en FM?
En fait, il s’agit de ce qui a par exemple abouti à ce que la plus grande obédience française abandonne le sexisme. Ce sera aussi les démonstrations de l’absurdité des prétentions de “réguliers “. Un éveil, oui, pour beaucoup.
Une fois collée l’étiquette “woke”, ça les dispense d’argumenter…
À l’heure de la Mondialisation ou du Village planétaire où l’universalisme devient une grammaire du langage,et que l’on en soit à fantasmer sur le Wokisme dans son aspect d’exclusion sociale ou d’intersectionalité donne des frissons.
Tout cela me semble révolu et mal à propos quand on sait que le génie créatif n’a pas d’identité ou de carte.
Que l’on travaille en maçonnerie sur des planches visant à promouvoir L’égalité, la tolérance, la Justice pour tous , ne peut en aucun cas être assimilé au Wokisme dans son acception traditionnelle.
Puisse le GADLU nous guider sur le chantier vaste qui nous est commun et nous affranchir des velléités qui sont des distractions inutiles.
Très respectueusement…
C’est un sujet très important cette histoire de wokisme lié à la Franc-maçonnerie car les gens en parlent sans réellement connaître le sujet. Et c’est normal d’ailleurs de leur part puisqu’ils ne connaissent pas la différence qui existe entre les deux sujets qu’ils entretiennent souvent.
Mes salutations !