« il est elle.
Elle est lui.
L’un et l’autre dans leur altérité.
Deux a n’en plus faire qu’un
Pour couronner le sacrifice
De l’unité retrouvée.
Deux dans le même profil de l’œuvre
Le même battement de cœur inorganique
Le même spasme d’en haut.
Le ciel tout proche
Sous l’écorce. »
Jacques Viesvel (Androgyne)
Très vite, certains sujets, que nous devions simplement traiter dans la liberté philosophique de notre libre interprétation, deviennent des idéologies teintées d’un esprit qui ressemble assez à des actes de foi. La maçonnerie qui se réclame de la libre pensée, tombe assez souvent dans le piège d‘un dogme qui, paradoxalement, enferme le sujet dans une idéologie bien proche d’une catéchisation, au lieu de lui donner les outils de sa propre liberté de pensée.

Les idéologues maçonniques se reproduisant entre-eux grâce à une sélection de grades de plus en plus étranges, archaïques et incohérents, nous assistons à la constitution d’un « clergé » qui recrute le futur encadrement d’une idéologie qui remplacerait la réflexion philosophique, car, de par sa liberté, la philo voilà l’ennemie ! Ce qu’écrit, avec beaucoup de talent et de lucidité la philosophe Sophie Nordmann (1) : « on était déjà, on est encore-et peut-être de plus en plus- dans un triomphe des idéologies. On est avant tout à la recherche de réponses, à la recherche de grilles de lecture du monde, c’est-à-dire d’idéologies, au sens littéral du terme : d’idées qui développent une certaine logique qui permettrait de comprendre le monde. Or la philosophie est le refus de toute forme d’idéologie. Si certaines doctrines philosophiques peuvent elles-mêmes devenir idéologiques, néanmoins la philosophie n’a pas pour vocation d’apporter des réponses, mais de venir mettre en question. C’est sa vocation première. Cette mise en question n’est pas une pratique qui viendrait nous réconforter.
Au contraire, la philosophie vient nous inquiéter. C’est donc un risque à prendre. Or, dans un âge de crises et de pertes de repères, on est plutôt à la recherche de ce qui vient nous tranquilliser, nous rassurer, nous apporter un peu de stabilité dans la tempête, d’où le peu de poids de la philosophie. D’autant plus que l’on confond souvent philosophie et idéologie. Dès que vous avez un « isme » à la fin d’un mot (marxisme, existentialisme, etc.), c’est qu’on a basculé dans une forme d’idéologie, c’est-à-dire dans une philosophie qui n’est plus une pratique de la mise en question, mais une nouvelle grille de lecture du monde. » pour rire un peu, nous pourrions ajouter « maçon « isme » à l’écoute de certains discours !
I- Initions-nous a devenir iconoclastes !

L’une des vocations de la philosophie est de briser les idoles pour les remplacer par une vocation prophétique, qui serait une lutte contre toute forme d’idolâtrie, ce que nous dit ludwig wittgenstein : « tout ce que peut la philosophie, c’est détruire les idoles ». Les idéologies sont les idoles des temps présents et représentent inévitablement une forme de violence absolue, de désir de la destruction de celui qui ne partagerait pas mon imaginaire. Dans ce sens, la philosophie est une lutte contre toute forme de réification de la pensée, puisqu’une idole est une pensée qu’on réifie. D’où l’importance d’un prophétisme qui ne prédit pas l’avenir, mais qui interpelle ses contemporains, les réveille, les inquiète et leur ouvre ainsi la brèche d’un « à venir » qui ne serait pas le simple prolongement de la banalité des choses sous la forme d’un conservatisme oppresseur. Détruire les idoles, c’est se libérer d’un esclavage dont on est, d’une certaine manière, soi-même l’artisan. Bien entendu, l’une des grandes idoles en question dans la maçonnerie demeure l’antienne de la mixité depuis le début de son histoire !

Il en est de l’initiation comme du baptême : pour que mes sœurs ou mes frères me reconnaissent comme tel, il convient que je naisse à une nouvelle vie et ce, par l’initiation qui serait le passage du savoir, plus ou moins acquit au fil de l’expérience humaine, à la connaissance. Nous pourrions dire une « co-naissance », la mise au monde de ce qui serait déjà à l’intérieur du sujet. Renaître, comme si la naissance physiologique classique ne valait rien en regard de cette renaissance quasiment « liturgique » qui donnerait l’accès à une autre dimension en l’homme, un changement de peau.
Être initié, c’est régresser à un état prénatal, d’où l’on va sortir une seconde fois en revivant, consciemment et symboliquement, ce que nous avons vécu par nature. Quand on compare le fonctionnement de l’initiation maçonnique à celui d’autres cultures, nous retrouvons les mêmes éléments : abandon de l’existence ultérieure, retour à l’obscurité de la matrice, sensation d’angoisse lors de la naissance qui rappelle sa propre naissance, lumière qui éclaire un monde nouveau et une nouvelle famille spirituelle qui serait la vraie, l’originale ne devenant que celle de l’ombre, d’un passé qui s’estompe.

Mais, le processus philosophique de l’initiation ne nous épargne point une autre question : dans une maçonnerie encore largement non-mixte, comment se fait-il que ceux qui donnent naissance au nouvel initié, qui en accouchent, soient des hommes donnant naissance à d’autres hommes ? L’initiation, en fait, met à jour l’un des grands conflits inconscients relevant de la psychanalyse : la femme, face à l’homme, a l’immense pouvoir de la conception, donc de la continuité et de la pérennité de la vie. Le rituel devient souvent, dans toutes les cultures, la porte de sortie des hommes pour échapper à l’inconsciente infériorité vis-a-vis de la femme : ils inventent une néo-maternité où il deviennent les « mères-porteuses » qui feraient passer l’initié du monde obscure de la femme à celui du paradis perdu d’avant la chute (amenée par eve), là où le principe phallique régnait en maître et où les déesses féminines étaient expulsées du ciel. Une manière de reconstituer la figure de l’hermaphrodite cher à Platon où l’homme serait tout, mâle et femelle, et se passerait de l’autre et donc ne serait pas dans la position inférieure de celui qui manque. L’initiation, en maçonnerie, peut prendre parfois l’allure d’une victoire de la figure paternelle sur le matriarcat et l’instauration d’un ordre nouveau qui n’est pas celui du sang.
Et si la maçonnerie consistait à rendre aux femmes ce qui leur a été enlevé, plutôt qu’à retirer aux hommes ce qu’ils pourraient partager ?
I- le coup dur de la bisexualité

La psychanalyse (encore elle !) Va conceptualiser ce qui s’exprimait déjà de toute éternité dans les mythes, les religions, la philosophie et la littérature. Au panthéon, règnent dieux et déesses qui se partagent le pouvoir et la gestion du destin du cosmos. Il faudra attendre l’avènement du monothéisme pour que le pouvoir absolu s’incarne dans un principe unique de type masculin, avec un rejet du divin féminin : le principe est « au ciel », le féminin « sur terre » au service de la reproduction et au service de l’image phallique dont le clergé et le compagnon sont les ambassadeurs ! Le « machisme » est naturellement lié au religieux, mais paradoxalement, il va révéler l’existence de la bisexualité : la féminité est associée par excellence à la maternité, force essentielle que ne détient pas l’homme (de moins en moins avec les progrès scientifiques) et que la création d’un dieu unique, créateur de toutes choses, permet de compenser
En lui attribuant les deux natures qu’il récupère. Dieu, monothéiste, devient alors bisexuel en s’emparant de la naissance du monde comme son œuvre dont il est le principe masculin et féminin et vitupère contre ce qui restait de déesses dans le paganisme. Les astartés (2) voilà l’ennemi ! Dans leur désir de convertir le paganisme, sans demeurer dans le judaïsme, paul et barnabé introduiront la récupération d’un grand nombre de croyances gréco-romaines, comme par exemple l’hypostase (3) de l’union d’un dieu en trois personnes, un culte des saints, et l’importance de la vierge marie, échappant à la sexualité pour devenir porteuse d’une incarnation salvatrice : le « je vous salue marie « mère de dieu » restaurant la place de la déesse-mère dans le concept initial du monothéisme. Cette « dérive » théologique sera d’ailleurs l’une des bases de la réforme protestante.

Côté psychanalyse, le travail de réflexion et la clinique ne vont pas arranger les choses pour les tenants de la nette distinction sexuelle ! Le thème de cette étude capitale prend racine chez Darwin et l’embryologie, et adopté par la sexologie à la fin du xixe siècle, et ce en même temps que ceux d’homosexualité et d’hétérosexualité, pour désigner dans la sexualité relevant de l’homme et de l’animal le constat biologique d’une composante mixte masculine et féminine. On parle alors de bisexualité pour désigner une forme d’amour désignant des rapports physiques entre personnes du même sexe ou avec un sexe opposé. Le thème va devenir fondamental, avec d’autres (libido, pulsions, par exemple) pour en faire l’un des axes centraux de la pensée psychanalytique sur la sexualité. Il est propre à toute subjectivité humaine, dans la mesure où cette dernière repose sur l’existence de la différence des sexes, c’est-à-dire pour le sujet sur la nécessité de prendre parti pour un choix sexuel, soit à-travers le refoulement de l’une des deux composantes de la sexualité, soit à-travers l’acceptation de ces deux composantes, soit à-travers un déni de la réalité de la différence des sexes.
C’est naturellement dans le mythe que prend naissance la réflexion sur la bisexualité : dans « le banquet » de Platon, Aristophane fait le récit des malheurs de l’androgyne en expliquant que jadis la nature humaine se divisait en trois espèces et non en deux, mâle et femelle. Existait une troisième espèce : l’androgyne, créature composite que zeus coupa en deux. Cette division arbitraire étant faite, chaque moitié désirait retrouver son autre moitié car elles ne voulaient rien entreprendre l’une sans l’autre. Ce mythe sera repris, à la fin du xixe siècle par la psychiatrie allemande, notamment par krafft-ebing qui orientera sa réflexion vers une définition de l’homosexualité. Ce que Freud récusera dans ses « trois essais sur la théorie sexuelle » en 1905, pour définir l’homosexualité comme un choix sexuel dérivant chez tout sujet d’une bisexualité originelle. Pour lui, inutile d’inventer un concept de « troisième sexe » ou de « sexe intermédiaire » pour désigner ce qui relève d’un universel der la sexualité humaine. La psychanalyse actuelle avance l’idée d’ailleurs que l’homosexualité pourrait être le refus d’une bisexualité pour vivre l’imaginaire d’être, selon les rôles, d’un « tout homme » ou d’une « toute femme » sans nuances, dans une intégralité qui ne tolérerait pas de subtiles mélanges ou le réel de la biologie !

C’est chez Charles Darwin (1809-1882) dans son livre « la descendance de l’homme » que va s’opérer le passage entre le mythe platonicien de l’androgynie à une nouvelle définition de la bisexualité à partir de la science biologique, où l’apport de l’embryologie sera décisif en montrant que l’embryon humain était doté de deux potentialités, l’une mâle et l’autre femelle. D’où la conclusion que la bisexualité n’était pas seulement un mythe, mais une réalité de la nature. C’est en 1890 que, notamment sous l’influence de son ami fliess, Sigmund Freud adoptera la thèse de la bisexualité, thèse largement adoptée aujourd’hui par le monde des sciences humaines et scientifiques. A l’époque de la controverse sur la bisexualité existait encore une cohabitation entre la nostalgie du féminin et la hantise de la féminisation de la société en pleine réflexion sur la refonte de l’idéologie de la famille bourgeoise et la redistribution des relations d’identité entre les sexes. Freud œuvrera pour une définition prioritaire de la bisexualité psychique et il sera conforté plus tard par les sciences biologiques qui découvrira combien l’évolution a laissé en nous de traces purement animales et de parallèles entre biologie masculine et féminine. Au lieu de regarder comme un conflit entre deux tendances (la libido virile et le refoulement féminin), freud va s’intéresser à la manière dont chaque être sexué refoule ou ne refoule pas les caractères de l’autre sexe en lui. En 1899, il affirmera même que chaque acte sexuel est un « événement impliquant quatre personnes » : le couple « réel » et le couple inversant ses tendances « contraires », souvent refoulées.

Bien entendu cette réflexion remettant en cause des rapports homme-femme prenant racine dans les textes « sacrés » va amener des dérives spectaculaires, dont l ‘une des plus célèbres est celle de Otto Weininger (1880-1903) et de son livre « sexe et caractère » publié à vienne en 1903 et qui, malgré la médiocrité du développement, aura un grand succès durant quarante ans surtout en servant d’appoint à la « pensée » nazie : en effet, Weininger fait du rôle masculin l’expression du génie créateur et de l’intellectualité humaine, tandis que celui de la femme serait la manifestation de la mollesse, de la pulsion et de la sensualité. D’où un inégalitarisme et un anti-féminisme qui vantaient l’idéal d’une virilité « nordique » qui fera que Weininger associera le juif à la femme, soulignant que ce dernier pouvait quand même accéder à l’émancipation en tant qu’incarnation d’une dialectique négative, pouvant peut-être devenir un homme réel en faisant des efforts. La femme non !
Iii- jouer à « papa-maman » du côté de la franc- maçonnerie ?
L’humour ne fut jamais une denrée rare en franc-maçonnerie. GADLU merci ! Ainsi, court la blague que les ordres maçonniques sont incontestablement les champions de discussions de concepts dépassés, largement débattus depuis longtemps avec talent ailleurs ! Décidément les mauvais esprits pullulent… pas question d’abandonner les valeurs sûres : la bonne vieille laïcité, l’écologie, la lutte contre le racisme et l’anti-sémitisme, la relation entre science et spiritualité, la croyance en un principe ou le vécu de l’athéisme, etc…
Mais, naturellement, j’avais gardé le meilleurs pour la fin : la mixité ! Les théories sur le genre envahissent la réflexion et nous ne pouvons qu’en partager un grand nombre notamment sur le jeu du pouvoir dans le partage des tâches entre hommes et femmes, résultat d’une réorganisation du panthéon, où le monothéisme expulsa du ciel et de la terre le pouvoir féminin, notamment celui de l’enfantement, récupéré dans le symbolisme par les hommes. Mais la révolution est-elle essentiellement extérieure et le « gender » (mot à la mode récent de 1964, crée par Robert Stoller) ne désigne t-il seulement que le sentiment social ou psychique de l’identité sexuelle, alors que le sexe définirait l’organisation anatomique de la différence entre le mâle et la femelle. Étrange récupération par la sociologie d’un combat intérieur du sujet qui est amené à gérer en permanence son double dans la bisexualité, luttant pour ne pas apparaître comme divisé dans ce qu’il voudrait vivre comme une totalité. C’est-à-dire vivre la mixité en soi-même, en dehors d’une agitation extérieure !
Dans le fond, être initié en maçonnerie, c’est accepter la vacuité et donc notre improbable unité intérieure au profit de la diversité. C’est peut-être cela qui crée l’« offenbarung » (la « révélation ») de dialoguer, à deux, avec soi-même, au terme d’un rituel où nous accouchons d’une seconde réalité interne qui ne nous est pas étrangère (bien que refoulée et souvent niée !) Avec laquelle nous sommes appelés à cohabiter…
Pour le meilleur et pour le pire !
notes
(1) Nordmann Sophie : qu’est-ce qu’un philosophe ? Revue etudes ; n°4335. Mars 2026. (page 53).
(2) Astartés : déesses aux attributs multiples, similaires à ceux de la déesse mésopotaniene de l’amour et de la guerre ishtar, vénérée chez les akkadiens, les babyloniens et les assyriens. Les astartés représentaient surtout l’image d’une féminité victorieuse et d’une sexualité triomphante qui était un danger de mort pour un monothéisme masculin.
(3) hypostase : croyance en l’existence d’une substance fondamentale qui peut, dans certaines croyances, se subdiviser en demeurant pourtant unique. Ce qui est le cas dans le christianisme trinitaire. Notion développée dans le néo-platonisme de Plotin qui met déjà en scène une trinité de même nature : l’âme, l’intellect et l’un. Pour lui, c’est la substance sous-jacente qui porte toute la réalité. Cependant, cela sera l’objet de controverses théologiques à l’intérieur du christianisme : en orient, en particulier dans l’orthodoxie, jésus aurait deux hypostases (mi-homme, mi-dieu) tandis que le catholicisme et le protestantisme défendent qu’il est pleinement dieu et pleinement homme.
Bibliographie
– Badinter Elisabeth : l’un et l’autre. Les relations entre hommes et femmes. Paris. Ed. Odile jacob. 1986.
– Badinter Elisabeth : xy. De l’identité masculine. Paris. Ed. Odile jacob. 1992.
Engels Friedrich :l’origine de la famille, de la propriété privée et de l’état. Paris. Ed. Sociales. 1983.
– Faure-Oppenheimer Agnès : le choix du sexe. A propos des théories de Robert J. Stoller. Paris. Puf. 1980.
– Fliess Wilhelm : les relations entre le nez et les organes génitaux féminins présentés selon leur significations biologiques. Paris. Ed. Du seuil. 1977.
– Freud Sigmund : trois essais sur la théorie sexuelle. Paris. Ed. Gallimard. 1987.
– Freud Sigmund : névrose, psychose et perversion. Paris. Puf. 1973.
– Lacan Jacques : les complexes familiaux. Paris. Ed. Navarin. 1984.
– Laplanche Jean et pontalis jean-bertrand : vocabulaire de la psychanalyse. Paris. Puf. 1967.
– Laqueur Thomas : la fabrique du sexe. Essai sur le genre et le corps en occident. Paris. Ed. Gallimard. 1992.
– Le Rider Jacques : le cas Otto Weininger. Racines de l’anti-féminisme et de l’antisémitisme. Paris. Puf. 1982.
– Mcdougall Joyce :plaidoyer pour une certaine anormalité. Paris. Ed. Gallimard. 1978.
– Mcdougall Joyce : eros aux mille et un visages. Paris. Ed. Gallimard. 1996.
– ouvrage collectif : dictionnaire de psychologie et psychopathologie des religions. Paris. Ed. Bayard. 2013.
– ouvrage collectif : dictionnaire de la psychanalyse. Paris. Ed. Larousse. 1993.
– Roudinesco Elisabeth et Plon Michel :dictionnaire de la psychanalyse. Paris. Ed. Fayard. 1997.
– Safouan Moustapha : contribution à la psychanalyse du transsexualisme. Paris. Ed. Du seuil
– Stoller Robert : recherches sur l’identitésexuelle. Paris. Ed. Gallimard. 1979.
– Stoller Robert : l’excitation sexuelle. Paris. Ed. Payot. 1984.
– Von Kraft-Ebing Richard : psychopthia sexualis. Paris. Ed. Payot.
– Weiniger Otto : sexe et caractère. Lausanne. Ed. L’âge d’’homme. 1975.
