De notre confrère radiofrance.fr – Par Emmanuel Bordeau, Agnès Delbarre, Michael Pachen
Vincent Teite, compagnon du Devoir menuisier : le parcours d’un artisan passionné

Installé à Bailleul, au cœur des Flandres, Vincent Teite, compagnon menuisier du Devoir, incarne l’esprit même du compagnonnage : excellence, humilité et transmission. Après un parcours riche en voyages et en découvertes à travers la France et l’étranger, il consacre aujourd’hui son savoir aux jeunes générations d’artisans.
Une vie communautaire fondée sur le partage
Le compagnonnage, selon Vincent, est bien plus qu’un apprentissage technique : c’est une véritable école de vie.
« On vit tous ensemble dans une maison, on mange ensemble, on dort ensemble », explique-t-il.

Cette vie en communauté apprend la rigueur, la solidarité et le dépassement de soi. Les jeunes compagnons découvrent, au-delà du geste technique, une fraternité fondée sur le respect du travail bien fait et l’entraide quotidienne.
Vincent nuance cependant : « Pour certaines personnes, cette vie est faite pour eux, pour d’autres non. Il faut aimer la collectivité, la responsabilité et la transmission. »
Un parcours à travers la France et au-delà
Originaire du Nord, Vincent a commencé sa formation au Mans avant de sillonner la France dans le cadre du Tour de France des Compagnons. De Blois à Montpellier, en passant par Reims ou encore York, en Angleterre, il a découvert la diversité des traditions régionales et perfectionné son savoir-faire. Il a également posé ses outils à La Réunion et dans la Somme, des expériences qui l’ont enrichi humainement et professionnellement.
« J’ai eu la chance de participer à des chantiers exceptionnels, comme au château de Chambord », se souvient-il.

Ces aventures lui ont aussi permis de croiser des figures marquantes du patrimoine et de la culture française, telles que Marlène Jobert ou la famille Decaux, lors de projets d’envergure.
De compagnon itinérant à compagnon sédentaire
Après de nombreuses années de voyage et d’apprentissage au sein de l’Association Ouvrière des Compagnons du Devoir, Vincent a choisi de poser ses valises à Bailleul. Devenu compagnon sédentaire, il poursuit sa mission : transmettre son expérience et former les jeunes menuisiers.
« Une fois cette étape franchie, on devient sédentaire. On reste au même endroit, mais on continue de transmettre aux jeunes. C’est un autre voyage, intérieur celui-là. »
Être compagnon sédentaire, c’est aussi participer à la vie du réseau, encadrer les nouveaux venus et préserver la mémoire du métier. Vincent s’investit dans la formation et le suivi des apprentis, avec la même passion que celle qui animait ses débuts.
Un compagnonnage à l’image de la France : riche et multiple

Les compagnons du Devoir forment une véritable mosaïque humaine. « Il y a des Flamands, des Périgordins, des Angevins… et même des étrangers », raconte Vincent.
Cette diversité culturelle renforce l’ouverture d’esprit des artisans et leur permet de confronter des manières de travailler différentes. Chaque Maison des Compagnons devient ainsi un creuset où s’échangent les techniques, les histoires et les valeurs.
Entre tradition et modernité
Le compagnonnage reste vivant parce qu’il évolue avec son temps. Aujourd’hui, les menuisiers se forment autant sur les techniques traditionnelles que sur les innovations écoresponsables, la menuiserie fine ou les procédés numériques. Vincent en est convaincu : « Le cœur du métier reste le même — le travail du bois et la passion du bel ouvrage — mais les outils et les matériaux changent, et c’est à nous de les apprivoiser. »
Souhaite-tu que je reformule cet article dans un style plus journalistique de presse régionale (avec des accroches plus courtes et dynamiques), ou plutôt dans un style éditorial et descriptif pour une revue spécialisée sur les métiers du compagnonnage ?

