Ah, mes chers frères et sœurs en tablier, bienvenue dans cette chronique hebdo où, comme d’habitude, on va disséquer la franc-maçonnerie avec le scalpel du cynisme et la seringue de l’humour noir. Aujourd’hui, parlons de ces fameuses initiations qui tournent au vinaigre plus vite qu’un vin de messe oublié au soleil. Vous savez, ces cérémonies solennelles où l’on promet monts et merveilles spirituels, mais qui finissent souvent en démissions en cascade, en absentéisme chronique ou en simples apparitions fantomatiques.
C’est un peu comme une fécondation in vitro version maçonnique : on injecte des tonnes d’embryons symboliques dans l’utérus de la Loge, mais au final, beaucoup d’appelés, très peu d’élus, et une flopée de déchets biologiques – pardon, d’apprentis qui ne mériteraient jamais de rabaisser la bavette – celle qui flotte dans le néant. Statistiquement, c’est un massacre : imaginez un taux de réussite inférieur à celui d’un spermatozoïde paresseux dans une piscine olympique. Et dire qu’on dépense des fortunes en rituels, en décors et en discours ampoulés pour ça… Si seulement on pouvait facturer les déserteurs pour « frais de non-illumination » !

Ce qui me fait hurler de rire – ou de désespoir, selon l’humeur – c’est la ribambelle de motivations foireuses qui poussent ces pauvres âmes à frapper à la porte du Temple. Certains viennent pour faire des affaires, transformant la Loge en un networking déguisé où l’on échange des poignées de main secrètes et des cartes de visite encore plus secrètes.
« Frère, passe-moi ton contact pour ce marché juteux, et je te filerai un symbole ésotérique en bonus ! »
D’autres débarquent pour compenser leurs échecs profanes : le mari raté, le patron tyrannique, le loser social qui se dit que, au moins ici, on l’appellera « Vénérable » sans rigoler. Et puis il y a les fuyards domestiques, ceux qui préfèrent les colonnes du Temple à la vaisselle qui s’empile ou au conjoint qui ronfle. « Chérie, je vais à la Loge ce soir, c’est pour mon évolution spirituelle… et pour éviter ton feuilleton télévisé sur les amours compliquées des vampires. » Sans oublier les zappeurs culturels : la télé est nulle ce soir ?
Hop, direction la Loge pour un programme alternatif avec symboles et mystères. Au moins, là, on n’a pas de pubs, juste des pauses pour méditer sur l’absurdité de l’existence.
Mais le pompon, le summum du ridicule, c’est cette égalité absurde dans le vocabulaire maçonnique. Un tablier sans maçon dedans, c’est-à-dire un gus qui a juste survécu à la cérémonie d’initiation sans vomir sur l’autel, se nomme « initié » au même titre que le vieux briscard qui a trimé 40 ans, poli son ego comme un caillou dans une rivière, et atteint une sagesse qui frôle l’illumination – ou du moins, qui lui permet de supporter les réunions interminables sans somnifère. C’est comme si on appelait « chef étoilé » le mec qui a juste ouvert un paquet de nouilles instantanées, au même niveau que Guy Savoie. Sérieusement, frères, on est dans quel monde ? Je suis archi-favorable à un changement de nomenclature, histoire de clarifier les choses et d’éviter les confusions embarrassantes lors des banquets annuels.
Proposons donc une réforme linguistique, avec un zeste de cynisme pour pimenter le tout. Un vrai « initié », c’est celui qui a gravi les échelons intérieurs, traversé les révélations comme un pèlerin sous acide spirituel, et émergé transformé – ou du moins, un peu moins idiot qu’avant. C’est l’élite, le club VIP de la franc-maçonnerie, avec accès illimité à la sagesse et aux blagues ésotériques de haut niveau. Pour les autres, ces novices qui ont juste assisté à la cérémonie comme on va à un spectacle de magie (et qui repartent déçus parce qu’il n’y a pas de lapin dans le chapeau), appelons-les des « chercheurs » ou, mieux, des « cherchants en lumière maçonnique ». Ça sonne poétique, non ? Comme des SDF spirituels qui errent dans les couloirs du Temple, mendiant un rayon d’illumination sans jamais l’attraper. Ou encore des « initiés en probation », avec une étiquette « attention : contenu fragile, risque de désertion élevé ». Imaginez les badges : « Cherchant niveau 1 : encore vivant après la première Tenue » ou « Cherchant niveau 2 : a lu un symbole sans s’endormir ».
Et si on poussait le vice plus loin ? Pourquoi ne pas instaurer un système de notation, comme sur Uber ? « Ce cherchant a quitté après trois mois : 1 étoile, motif : ‘préférait Netflix’. » » Ou des tests périodiques : « Quiz surprise sur le symbolisme – si vous confondez l’équerre avec une règle d’écolier, dehors ! » Ça filtrerait les opportunistes et rendrait la Loge plus élitiste, plus pure… ou du moins, moins bondée. Parce qu’au fond, la franc-maçonnerie, c’est pas un club de vacances all-inclusive ; c’est un marathon intérieur où les sprinteurs se cassent la figure au premier obstacle. Et nous, les vrais initiés – enfin, ceux qui le prétendent avec un clin d’œil cynique – on rigole bien en regardant le spectacle.
Allez, mes frères, mes sœurs, méditons là-dessus autour d’un verre symbolique.
Et rappelez-vous : dans la grande fécondation maçonnique, mieux vaut être l’élu que le recalé. À la prochaine chronique, où on continuera à piquer là où ça fait mal, avec amour fraternel, bien sûr.
