jeu 05 février 2026 - 18:02

Le Grand Palais en bulles : La BD, invitée d’honneur du Festival du Livre de Paris 2026

Tout ce qui relève de la littérature et de l’art concerne le Franc-Maçon.

Parce que ce sont des passages… On y entre pour regarder, on en sort transformé ! Il existe des week-ends qui valent serment, non parce qu’ils imposent, mais parce qu’ils rassemblent.

En 2026, le Festival du Livre de Paris place la bande dessinée (BD) au centre du jeu, au cœur du Grand Palais, avec expositions, planches originales, rencontres, librairie dédiée et dédicaces.

Du 17 au 19 avril, nous savons déjà où nous devons être. Et ce ne sera pas quelque part à Paris, mais là, sous la nef, au balcon d’honneur. Et nulle part ailleurs !

Depuis 2023, la bande dessinée est devenue un partenaire structurel du Festival du Livre de Paris. En 2026, elle franchit un seuil

Elle devient invitée d’honneur, comme si le Festival assumait enfin ce que le lectorat sait depuis longtemps.

Le 9e art n’est plus un rayon, c’est une manière complète d’écrire le monde, de le cadrer, de l’éclairer, de le contredire, de le réparer.

Le choix est tout sauf décoratif. Il s’inscrit dans un contexte de secousse : l’édition 2026 du Festival d’Angoulême ayant été officiellement annulée, tout un écosystème – autrices, auteurs, éditrices, éditeurs, libraires, festivals – cherche un lieu de respiration, un espace où la bande dessinée peut continuer à se montrer sans s’excuser.

Le Festival du Livre de Paris envoie un signal lisible : le Grand Palais s’ouvre grand.

Ce « grand » n’est pas qu’une taille. C’est une symbolique

Au Grand Palais, la littérature cesse d’être confinée : elle devient architecture, circulation, lumière. Et la bande dessinée, plus que tout autre art narratif, comprend cette grammaire : elle sait que le sens naît du passage, de l’intervalle, de la coupe, du montage. Entre deux cases, le monde tient debout.

Schuiten, ou l’affiche comme portail

Premier signe de cette mise à l’honneur : l’affiche 2026 est confiée à François Schuiten. Ce choix dit beaucoup : Schuiten n’illustre pas seulement des histoires, il bâtit des villes mentales, des perspectives, des seuils. Autrement dit, il parle la langue même du Grand Palais : verrière, ossature, profondeur, vertige. Et le Festival annonce une date précise pour la révélation de cette affiche : 10 février.

Le Balcon d’honneur : la BD au centre, littéralement

Le dispositif est clair. La BD s’installe sur le Balcon d’honneur, surplombant la nef, avec deux allées complémentaires sur les balcons, comme si l’on dessinait un parcours en hauteur, une lecture panoramique de la littérature graphique. Expositions, librairie dédiée, espace de dédicaces, rencontres : la BD n’est pas un à-côté, elle devient un axe.

Il y a, dans cette topographie, quelque chose de presque initiatique : monter pour mieux voir, prendre de la distance pour mieux comprendre, surplomber le tumulte sans le mépriser. La bande dessinée, art du point de vue, y trouve un écrin naturel.

Deux expositions : le voyage et l’amour, deux écoles de transformation

Le Festival annonce deux grandes expositions avec planches originales, et tout se joue dans leur duo : partir et aimer.

« Le dehors et le dedans : le voyage comme révélateur »

Tintin-Les-cigares-du-pharaon

Le propos est fin : pendant des décennies, le voyage en BD a longtemps été incarné par des figures qui font de l’ailleurs une aventure et une conquête – Tintin (suivez ici-même tous les samedis les Aventures de Tintin publiées par Aratz Irigoyen), Corto Maltese, Spirou, Largo Winch – scénariste le très mason friendly Éric Giavometti ! Mais lorsque « l’inconnu » s’épuise, le déplacement change de nature. Il devient intérieur, révélateur, transformateur. L’exposition promet d’explorer ce basculement : la quête de soi, la rencontre avec l’autre, les métamorphoses intimes que produit le dépaysement, y compris pour la lectrice, pour le lecteur. Commissariat : Romain Brethes et Nicolas Lorthios.

Quelques noms annoncés dessinent déjà une constellation : Nine Antico, Cosey, Lucas Landais, Schuiten, Zep, Quentin Zuttion…

Grand Palis, Paris, la coupole de verre

Même l’illustration de référence annoncée ressemble à une mise en abyme : Île déserte, par Xavier Coste et Antoine de Caunes. Une île, donc : non pas l’exotisme, mais le dépouillement, ce moment où le dehors force le dedans à parler.

« CRUSH ! La romance en bande dessinée »

Deuxième axe : l’amour, non comme décoration, mais comme moteur narratif. L’exposition CRUSH ! assume la puissance de la romance contemporaine (phénomène éditorial massif) et rappelle que la BD, depuis toujours, sait faire de l’amour un catalyseur : contrarié, passionnel, maudit, tendre, maladroit, incandescent.

Elle promet un parcours qui traverse les classiques et les formes d’aujourd’hui (roman graphique, comics, manga, webtoon – le webtoon étant un manhwa, une bande dessinée en Corée, publié en ligne) preuve que la romance n’est pas un genre mineur, mais une manière de mettre à nu nos pactes, nos illusions, nos fidélités. Commissariat : Fleur Hopkins-Loféron.

Voyage / romance : dehors / dedans, encore

Les deux expositions se répondent comme deux degrés d’une même transformation. Partir nous déplace. Aimer nous décentre. Et la bande dessinée, parce qu’elle matérialise le temps en images, rend ces passages visibles.

Une nouveauté à ne pas rater : la nocturne du vendredi

Le Festival annonce une nocturne le vendredi 17 avril au soir, ouverte au grand public, avec un dialogue entre littérature, arts culinaires et arts de la table — autrement dit une expérience où la lecture devient aussi saveur, récit partagé, “table” au sens le plus fort : ce lieu où la parole circule.

Trois jours, un lieu, une évidence : 17, 18, 19 avril, c’est au Grand Palais que la bande dessinée se tient debout, en pleine lumière, avec ses planches originales, ses voyages qui retournent le cœur, ses romances qui apprennent la nuance, et ses autrices et auteurs qui signent, non seulement des albums, mais une manière d’habiter le monde. Si nous aimons vraiment le 9e art, nous savons déjà où nous irons : là, et pas ailleurs.

450.fm y sera et vous ?

Repères

Dates du Festival : 17, 18, 19 avril 2026, au Grand Palais.

Programmation en ligne : 25 février / Ouverture de la billetterie : 10 mars.

Fin du tarif préférentiel : 7 avril à 23h59 / Nocturne : vendredi 17 avril au soir.

Pour plus d’infos, c’est ICI.

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Alexandre Jones
Alexandre Jones
Passionné par l'Histoire, la Littérature, le Cinéma et, bien entendu, la Franc-maçonnerie, j'ai à cœur de partager mes passions. Mon objectif est de provoquer le débat, d'éveiller les esprits et de stimuler la curiosité intellectuelle. Je m'emploie à créer des espaces de discussion enrichissants où chacun peut explorer de nouvelles idées et perspectives, pour le plaisir et l'éducation de tous. À travers ces échanges, je cherche à développer une communauté où le savoir se transmet et se construit collectivement.

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